IV
n BÉVÙLUtlOHS
Dpuglas à ftoa seoQun. DouglAfi arriva à tempe pour empêcher l'enaemidQ tomber rar le flanc de Wraor gel. L'obsQuHté mit fin au o(imhat« Le roi prit po* çitioii en iace du camp ennemi^ aoa aile droite s'é«tendant jusqu'à la Viatule tandis que^aa gauche s'ap^ puyait aur le hoia. Le jour commençait à peine à poindre (15 juillet), que lea deux princes envoyè"«> rent recomiaitre la position de Tennemî et la nature du terrain, Jugeant l'attaqtie de front presque impossible ^ ils résolurent d'ocraper une oolline près du bois ; l'électeur exécuta cette manœuvre, après une vive résistance. Le toi conserva sa position. L'in&nterie était entre le bois et le fleuve , soutenue par la cavalerie. Pendant que Tannée, alliée opérait ces mouvements^ les Polonais et les Tatares s'avaneèrent pour prendre Sélecteur en flanc et attaquer les Suédois par derrière, du e^té dû bois; mais ils furent repoussés vigotureuse^ ment par Charles-Gustave^ qui avait envoyé des renforts de ce côté.
Le roi avait le dessein de replier son aile drôke derrière la gauche sur la plaine, mais Tennemi pa« raissant vouloir engager une attaque générale^ Charles fut obligé de suivre ce mouvement. Vers midi» lea Polonais et une nuée de Tajtares se jetèrent sur les Brandenbourgeois, tandis que le gros de Vt
DES rjOiVfm W MORD. a$
Mtnqiiaît Vûia coiiiowiidée par }» roi. Jk kawt ^ffdemvit xmihwvem àm^ oe$ deux teotatlyes; ce moiQent d'avantage fut employé par Gliarlç^ QuAtave pottir développer aon ordre deibataUle et ffpouaser une nouvelle attaque, lie» Tatarei , qui a^ieut voujlu le tourner, furent repou«9és daui le9 œareisi, où il en périt un grand nombre. Déjà les Suédois et les Brandenbourgeœç s'avançaient pour enlever le camp, déjà l'attaque étiût engagée, lorsque la nuit vint mettre un terme an comliat. Les troupes restèrent sous le^ armes jusqu'au jour, qu'elles attendirent avec impatience pour savoir à qui resterait le prix de t^nt d'efforts- L'électeur s'empara de l'artillerie de Vennemi» dont l'aile gauche se sauva en passant le pont de bateam^ qui établissait la communication entre les deux rives de la Yistule, abandonnant au vainqueur tout |e matériel du canip. Le malheu^ reux Jean-Casimir fit, dans cette journée, tout ce que pon devoir lui imposait pour ranimer le courage de ses soldats : il ramena» par ses prières et son exemple, les Polonajy» dans la mêlée ; mai« la fermeté 4e leurs adversaires aCIaiblit eet impétueux
effort, qui fit bientôt place à une déroute générale. Ce «ombat de trois jpurs> sous ua soleil brûlant^ avait tellement épuisé les alliés, quHls ne pu-
SI BEVourn<His
rént entrer dans la capitale qoe le jour gnivant. Telle fat la bataille des trois jours, si célèbre dms les annales de Pologne (i).
Cette victoire fdt plus favorable à l'électeor qu'à Gbarles-Gustave. Frédéric se retira, et le roi se vit forcé de rétrograder vers la Baltique. Le traité de l^abian (2) 6ta à la Suède la suzeraineté sur la Prusse électorale, et confirma pour tout le reste la convention de Marienbourg.
L'alliance de Charles avec ftagoci, duc de Transylvanie, ne fut qu'un embarras pour les Suédois ; les hostilités du Danemark dans le territoire de Brème décidèrent le roi à transporter la guerre dans le Nord, et à attaquer les Danois en même temps qu*il ferait face aux Russes. La Finlande, la Garélie, TEsthonie et l'Ingrie furent le théâtre de luttes sanglantes qui n'eurent pour résultat que la dévastation de ces provinces. La Livonie eut bientôt le même sort. Les Russes emportèrent Dunabourg, mais ils échouèrent devant Riga. La prise de Dorpat permit à l'armée du tsar de se répandre dans la Livonie, où tout fut mis à feu et à sang.
La paix que l'Autriche parvint à ménager entre
(I) CùnUnuaiiùn de VBisMréie Suéde de Geîer, pfr Luadbhd. (SQ 6 novembre 1656.
la Russie et la Pologne obligea Charles-Gustave de recourir aux négociatious ; il conclut avec Alesds un armistice de trois ans (4).
Nous avons vu plus haut l'issue de la première guerre contre le Danemark ; nous allons indiquer, en continuant le règne de Frédéric III, quelles furent les suites de lajseconde.
GharlesiGustave, avant de se déclarer contre Frédéric, cherchait à le détacher des Hollandais ; il exigeait que le Danemark refusât le passage des détroits aux vaisseaux de guerre étrangers : si Ton se résignait à ce sacrifice , il espérait dominer sur la Baltique ; dans le ,cas contraire , il trouvait un prétexte spécieux pour recommencer les hostilités.
Le ministre de Hollande Van Beuningen représentait avec force à Frédéric, combien il était urgent de mettre des bornes à Fambition du roi de Suède; il promettait des secours et des vaisseaux, si le Danemark e^^ayait de se soustraire aui conditions onéreuses que le dernier traité lui avait imposées. Frédéric espérait en vain désarmer spn rival à force de longanimité. Uhlfeld obtint pour lui et pour sa £amille une satisfaction complète, et le duc
(1) V» décembre 1657.
se RÉVOLUTIONS
de Hokteiû4M>ttorp fut recotinu souverain indépen^ dânt de ses domaines dans le Sleswig. Cependant les prétentions de Charles et de son ministre Cô^ s'élevaient en proportion de la condescendance des Danois; il était aisé de voir que la cour de Copen« hague ne se résignait momentanément à des sacri* fices si onéreux que dans l'expectative d*un changement prochain : Frédéric lui-même, pour calmer le mécontentement de ses sujets, avait dit à diffêrentes reprises que là paix de Roschild ne serait pas de longue durée.
Un nouvel incident vint démasquer la politique suédoise. Les établissements suédois sur k côte dé Guinée furent pillés par des vaisseaux portant pavillon danois, et le butin de cette expédition trans^ porté à Gluckstadt ; Coyet exigea un dédommagement de 300,000 écus, ou comme équivalent, là Laponie norvégienne. Le Danemark promit de payer ; mais Charles voulait la guerre, et il affis^i^ blissait son ennemi, en attendant qu'il l'attaquât ouvertement.
Cependant l'armée suédoise était réunie à Kiel, où elle devait s'embarquer pour se rendre en Prusse et passer de là en Pologne : du moins td était le bruit que Charles-Gustave avait fait répandre. Mais Gersdorff avait pénétré les intentions dtt rôi et s'é-
DES flîllf LES m NORD. il
ttft hftté d'en do&ner avis à Copenh&gfûe. Ch&rlés tenait déjà toute la Sékinde comme bloquée par des , flottés^ et se flattait de surprendre Frédéric.
La flotte suédoise, au lieu de cingler droit sur la ca|)itale, jeta l'ancre à Corsôr, sur le grand Belt, et s'en empaiti sans éprouver de résistance. Le roi envoya en avant un corps commandé par Tott, et se mit en marche Jbientôt après avec le reste de l'armée. A Ringsted, il rencontra les ambassadeurs da-> ttois, c(u'il congédia, après leiir avoir reproché, pour justifier son invasion, les armements qui se faisaient en Holtande (>l).
Plus Frédéric s'était montré disposé à la paix, plus sa Conduite parut ferme et digne en présence du danger. Il se hâta de mettre la ville en état de défense, et son exemple ranima le courage des habitants. Van Bennîngen, qui avait toujours été contraire à la paix, sortit heureusement de Copenhague, et se reudit à Amsterdam où les nouvelles qu'il apporta déterminèrent les Etats à secourir proniptèment le Danemark.
Les capitales fortifiées ne cèdent ordinairement à une attaque régulière que lorsque leur assiette les expose à manquer d'appfOviôioûnemfents, ou que
88 BEVOLtmONS
l'on néglige d'employer à leur défense unepopulation qui devient un fardeau si elle n'est une ressource. Les bourgeois, les étudiants et les ouvriers de Copenhague rivalisèrent de zèle avec la garnison, et répondirent dignement à la confiance royale. Frédéric promit aux jeunes gens qui se distingueraient des lettres de noblesse et des privilèges; aux soldats qui auraient fait des actions d'éclat, de l'avancement^ s'ils étaient de condition libre, et l'affranchissement pour eux et leur postérité, s'ils étaient nés serfis ; la bourgeoisie, comme corps, obtint aussi d'importants privilèges. En un mot, l'émulation fit d'une population industrieuse et commerçante une armée dévouée et que les dangers du siège de-* vaient aguerrir en peu de temps.
Charles, de son côté, se montra à la hauteur de sa réputation militaire; mais ses attaques, même lorsqu'elles avaient du succès, lui coûtaient si cher, qu'il vit bien que la guerre traînerait en longueur. La prise de Cronenbourg par Wrangel rendit plus critique encore la position de la capitale, et le siège fut poussé avec vigueur. Tandis que les Suédois s'emparaient d'Amack, petite ile d'où les assiégé tiraient des vivres, la flotte hollandaise parut dans le Sund, et les Danois firent une sortie si à propos, que l'ennemi plia en désordre, entraioant le roi qui
fiit plusieurs fois sur le point d'être pris ou tué. Il n'eut que le temps de passer le Sund et de se réfu^ gier à Landskrône.
Au lieu d'attaquer la flotte hollandaise que le vent contraire retenait à l'entrée du Sund, Charles résolut de l'attendre.
Le combat naval qui devait décider de cette grande querelle s'engagea le 29 octobre 1658. Le vaisseau amiral suédois que montait Wrangel fut tellement endommagé dès le commencement de l'action, que ce chef ne put prendre part aux luttes subséquentes; le vice-amiral Bieikenstierna le sup< pléa. Sans nous arrêter aux relations dont la divergence prouve la partialité nationale, nous nous con-^ tenterons d'indiquer Ip résultat de cette journée mémorable ; les Hollandais forcèrent le passage du Sund et jetèrept des secours dans Copenhague ; l'amiral Opdam eût pu tirer un plus grand parti de sa victoire, mais les Hollandais ne voulaient point procurer au Danemark l'occasion de traiter avec eux sur le pied de nation prépondérante dans la ^tique : les bénéfices du commerce devaient les défrayer de leurs avances.
Enpréisence des succès de Charles-Gustave, la politique continentale s'était émue. L'empereur, le roi de Pologne et l'électeur de Brandenbourg
iù ftéVOttlflONS
se rapprochèrent de Frédéric. Les troupéé «Ihéei, sous le commandement de Frédériô-Guillaiime, pénétrèrent ditas le Holstein, et dictèrent de dures conditions au duc de Gottorp- Les divers corps que les Suédois avaient laissés dans les iles capitulèrent ou rejoignirent le gros de l'armée; Thiver seul empécha les alliés de passer en Séland. Les glaces qui couvraient les détroits semblaient inviter Gharies- Gustave à tenter le passage; mais plus le succès, qui avait Couronné quelques années auparavant une entreprise encore plus périlleuse, avait été grand . et extraordinaire, moins il était prudent de compter sur la réussite. Toutefois, le roi crut que la fortune lui devait encore cette faveur. Les lenteurs du siège, Tarrivée prochaine d'unç flotte anglaise desti« née à. pacifier le Nord, tout rengageait à couronner lâ campagne par la prise de Copenhague. Au com-^ mencement de février, l'assaut fut tentéde différents côtés et à diverses reprises, mais avec perte pour les assiégeants : une brigade de l'armée suédoise périt dans les glaces ; la résolution du roi dut Céder devant Topiniâtreté de la défense : Tott, Fersen, Ba^ ner avaient échoué successivement ; enfin les Suédois furent obligés de se retrancher dans leur camp. Les nouvelles de Norvège étaient loin d'être Civo^ râbles, et les lies danoises secouaient It jôug, ou n'è-
DES PÊt^LËâ DU NORD. #4
tàiëût contenues qoe pat* des troupes nombï^uses qui paralysaient les opérations de Tannée de siège.
Sur mer les avantages étaient balancés ; cepen-^ dant Charles-Gustave ne diminuait rien de ses pré^ tentions, et Frédéric était moins disposé que jamais à recevoir la loi d'un prince qu'il venait de repousser, lofôqu'utte flotte anglaise, souâ le commande^ ment de Montagn, parut dans le Sund. Le parlement, d'accord avec Mazarin, voulait enleVer âui Hollandais la gloire de pacifier le Nord. Charles r^ çut avec colère les ouvertures qu'on lui fit à ce sujet ;^uant à Frédéric, il jugeait qu'il serait toujours asse): tôt desubirles conditions du traité de Eoâchild . Montagù intimida les hollandais qui finirent par entrer dans les vues de l'Angleterre et de la France. Le traité de La Haye (1) ne ralentit lés hostilités que lorsque les Suédois, commandés par le comte palatin de Sulzbach, eurent essuyé dans l'île déFunen une défaite sanglante.
L'amiral Montagu venait de repartir pour TAnglcterrô où une révolution politique l'appelait; Ruyter se trouvait de nouyeau maître de la mèr, mais tout en combattant contre les Suédois, il montrait moins la volonté de les accabler que Tinten-
(1) S4 juillet 1659.
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tioB de les oonixaindre à la paix. Après la prise de Nybourg, il refusa de pousser plus loia ses avantages, sons le prétexte que la saison était trop avan^ cée. Gharle3 refusait toujours la paix ; il s'était rendu à Gotfaenbourg/méditant une attaque sur la Norvège, mais les fatigues et le chagrin avaient miné sa santé; forcé de confier à ses généraux la conduite de la guerre, il s'arrêta à Gothenbourg où de mauvaises nouvelles ne tardèrent pas à lui parvenir : ses troupes avaient été repoussées en Norvège.
Pour un homme du caractère de Charles-Gustave, l'inaction présageait la mort : il expira entre les bras d'Oxenstiemà (1), après avoir confié l'administration du royaume et la tutelle du jeune Cbaries XI^ son fils, à la rtine Hedvig-Èléonore^ conjointement avec les cinq grands officiers de la couronne (2).
Dans un r^ne de quelques années^ ce prince ne put trouver le temps de déposa le glaive : formé à la guerre sous Torstenson, il avait le coup d'oril de ce capitaine ; comme Gustave-Adolphe, il eut une confiance entière dans sa fortune, mais le premier agissait sous l'influence d'une détermination reli-
(ly 1660, 19 «vpiep.
(2) Adolphe-Jean, oocle paternel du jeune roi et gënëraltssime de l'armée ; P. Brahe, drots ; Wrangel, grand amiral ; de la Gardie, chaneelier, et Fleming, trésorier.
DES P&UPLES BU NOBD. «
gieuse, le second obéissait à cet instinct de supériorité qui £ait les conquérants ou qui les renverse : Gustave-Adolphe, frappé au sein même de la victoire, laissa tout inachevé ; Charles-Gustave, grâce aux combinaisons de la pohtique européenne, conserva à la Suède, quoique vaincu, les provinces qui complètent ses frontières ; enfin Ton peut dire de lui qu^il triompha dans les occasions les plus hasardeuses, tandis que, malgré sa bravoure et sonhabi* leté, il échoua quand tout semblait lui présager le succès.
On a blâmé l'ambition de Charles-Gustave; mais la situation que la guerre dé trente ans avait £aité à la Suède ne lui permettait de se soutenir que par la guerre ; il Idi fallait abandonner ses possessions d'Allemagne an profit du Brandenbourg et dé la Pologne, ou trouver les moyens d'entretenir ses ar-
mées. Le délabrement des finances et l'esprit de la noblesse eussent rempli d'obstacles un règne pacifique; dans de telles circonstances il }ugea que reculer devant l'Europe, c'était déchoir, et que se renfermer <]ans ses frontières, en renonçant aux conquêtes de GuBtave^Adolphe, c'eût été porter une grave atteinte à la considération «ans laquelle il lui aurait été inotpoissible d'amener la noblesse à des sacrifices nécessaires. U avait compris que la Suède, réduite à
se« propre vmoim^ m powwH jmm p?^6l9Qr
dr^ qu'à di^ avantagea mpmeBt9P9l^ ^^ DT^çair^; * il lui faUfâtr«mpir?4e h Baltique» p^r fo«d«r wa empire yraimeut puissant dam le INord; eu un mot» rabaissement du Danemark était lacoudition îndîa* pensable de la prépondéranue suédolse-
Le Danemark n'ayait gagne eu traité de La Heye que la restitution de la province de Drontbeim et quelques autres cessions de j^u d'importance : mai» 1^ belle défense de €!openhague eut un résultai que la politique la plus habile n'aurait pu obtenir daui des circonstanees ordinaires : nous Toulons parler de h réyolution qui changea tout à coup et saq» effusion de sang la constitution du Danemark» en transformant ce royaume électif en une monarchie absolue et héréditaire.
Depuis longtemps les grands, par leurs empiéte«> ments successiii» sur les prérogatives de la couronne» s'étaient arrogé dans l'État. un pouvoir tel> que If royauté était de fait sous leur tutelle.  chaque aw^ nement» le prinœ achetait, pour ainsi dire» son élec'tîon par la confirmation des pri vilégss de la noblesse et par de nouvelles concessions. Des exigences de oette nature n'avaient pas été épurgnées à Frédécie ; à l'instant du danger il avait du s'appuyer sur la bourgeoisie; eUe obtint» en réoQmpemedeaeaaer^
DES niQH^SS m lïpBD. 9»
brage : le clergé^ qui, depuis rétablissement da pratestantifeme ep Dtoràoarkri^ ne i^ecrutait pli)$ que dam les ck«9efi i»oyeiistés, ^tjiit égalemeat blesié ^ç Torg^dl de raristooratle; il ae ]çapp|t)eba mit^reller ment du tiers état, et^dmioe à cettQ épcKpid ï» boui^owe était armée «t aguerrie par un Iqw^ siège; ^e, d'un autre cdté, les tpQupçs étraogère^ à b soldé du roi étaieut dévouées à ce prïnoe, la noblesse n'eut ni le temps ni ]iô pouvoir de détourner le coup qui^uina son influence. 14'état çritiqt^ç du, royaume nécessitait la éonvocdtioia dçs Etats; dh eut lieu k 8 sèptemin^ 1660^ è Copenhague, et sow IHnfluenoe des passions du moment. Depui$ hi^r temps les paysans étaient réduits par les proprié* taires terriens k une^ dépendance TOii^ine de 1^ servitude) seulement diin« le Jutland, quelques «uUVvateurs restés libres représentaient seuls leur ordre dans les diètes où leur ihSuenqe était absolument mille : la lutte était donc entre deu^ partis, la noblesse d'une part, 1^% de l'autre la bourgeoisie et le clergé* Le roi masquait si bien ses p^c^jets sous une indifCèrenoe apparent^^ que^ le séi^at; croyant n'avoir, af&ire qu'au peuple, et méprisant dçs hommes qui avaimt tocqours reçu la. loi» négli^ç^ toite» les mesures qii^ la aitu^tiopi rédcim^it, et nç
M BEVOLUTIONS
vit le danger que lorsqu'il n'était plus temps de s'y soustraire. .
Les principaux auteurs du drame politique dont un dénoûment imprévu devait couronner si prompt tement l'intrigue^ étaient, dans le parti delà cour, Annibal Séfaested, dévoué à la reine, et ainemi par*ticulier d^Uhlfeld , le feld-roiaréchal Jean Sehack^ gouverneur de Copenhague, et Gabel, gentilhomme de Brème, dont Tesprit souple et délié savait tirer le meilleur parti possible des hommes et des eirconstances. A la tête du clergé se trouvait Jean Svane , évêque de Séland, homme de science, et cependant propre aux affeires : enfin la bourgeoisie avait pour chef Mansen , bourgme^re de Copenhague.
Il fut d'abord question de pourvoir aux besoins de l'Etat. Les sénateurs proposèrent un impôt sur la consommation , mesuré qui ne les atteignait qu'indirectement. Le clergé et les bourgeois déclarèrent qu'ils n'adopteraient cette taxe qu'autant qu'elle obligerait également les trois ordres. Les nobles protestèrent , et présentèrent au roi un mémoire où ils énuméraient leurs griefs, en donnant le conseil de revenir sur toutes les innovations contraires à leurs privilèges. Plus tard, ils consentirent à un droit de capitation sur leurs paysans ;
mais les deux autres ordres se soumirent à une taxe équivalente sur leurs domestiques , rejetant l'impôt de consommation que repoussait la noblesse, et déterminés à contribuer avec elle aux charges de l'Etat, sur le pied d'une parfaite égalité. Bientôt, craignant de voir adopter cette mesure, ils la déclarèrent insuffisante, et proposèrent d'affermer les fiefe, domaines et revenus de la couronne, dont jusque-là les nobles avaient eu la jouissance exclusive sous de modiques redevances (1). Le sénat se récria contre des prétentions évidemment contraires à la capitulation royale, et se retrancha dans l'impôt de consommation qu'il avait proposé d'abord. Les esprits s'aigrirent de part et d'autre ; les plus forts résolurent d'écraser les plus feiblesy.en offi^nt au roi de rendre le pouvoir héréditaire. La cour n'ignorait rien de tout ce qui se passait ; mais le roi voulait amener ses sujets à le prier humblement de les gouverner sans contrôle. La reine, qui nourrissait un vif ressentiment contre la famille d'Uhlfeld , tenait le fil de ces intrigues, dont le succès devait mettre ses ennemis à ses pieds. Il est probable que c'est à son influence sur l'esprit de Frédéric qu'il faut attri-
(1) Mémoires de Molesworth. H&berling.
M BÉVOLUnONS
buer la clause de la loi royale qui dédare les princesses de Danemark habiles à régner.
Syane et Nansen mirent facilement dans leurs intérêts les députés des villes ; comme ils revenaient du château, ils furent rencontrés par le sénateur Othon Krage , qui leur demanda avec hauteur ce qu'ils pouvaient avoir à démêler avec la cour : Ne savez-vous pas, ajouta-t-il en leur montrant du doigt la tour de la prison d'État , qudle est la destination de cet édifice ?— et vous, lui répliqua Nansen, ignorez-vous ce qui est là suspendu? Et il étendait la main vers le clocher de Féghse Notre- Dame, d'où, en sonnant le tocsin, on pouvait en un moment appeler le peuple aux armes.
Quand le projet des communes fut signifié à la noble^e (1) , la consternation de cet ordre fiit extrême; les sénateurs demandèrent du temps, alléguant qu'une décisioti de cette importance demandât un mûr examen : toutefois ils envoyèrent au roi une députation pour sonder les véritables dispositions de la cour, Frédéric, fidèle à sa pohtique, protesta qu'il n'accepterait ce qui lui avait été offert qu'autant que cette mesure émanerait des trois ordres ; le droit de succession héréditaire ,
(1) 8 ou 10 octobre 1660.
ajouta -t-il, lui serait peu agréable, si on ne retendait aux femmes.
Le sénat ne savait à quoi se résoudre ; tout à coup on vint l'avertir que les portes de la ville étaient fermées ; dès lors la crainte entraîna son adhésion. La capitulation royale fut révoquée , et ce fut un spectacle étrange que celui d'un peuple renonçant solennellement à sa liberté , et inaugurant avec enthousiasme le pouvoir despotique, dans l'espoir qu'il ne sentirait point%n joug que la noblesse porterait avec lui.
Les faveurs de la cour prouvèrent que le zèle des auteurs de la révolution était loin d'être pur: Annibal Séhested fut nommé grand trésorier, Gabel^ gouverneur de Copenhague ; Svane, archevêque ; Nansen , président du corps municipal ; Schack^ maréchal général des deux royaumes.
Au commencement de l'aniiée 'suivante, on confirma par un nouvel acte la récente constitution. Les trois ordres reconnurent formellement, et par une adhésion séparée, que désormais la couronne serait héréditaire dans la famille royale ; ils conférèrent au monarque un pouvoir ilUmité, ainsi que le droit de régler la régence. On supprima la charge de grand maître , et l'on créa celle de grand sénéchal ; le roi nomma deux chanceliers, l'un pour la
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pour, l'autre pour les provinces allemandes : les affaires les plus importantes furent traitées dans un œnseil d'Etat dont le roi avait la présidence ; les autres étaient préparées dans des collées subordonnés où les nobles furent admis , mais sans prépondérance sur la bourgeoisie. Enfin on chargea Schuhmacher^ depuis le comte de Grifienfeld, de rédiger la loi de succession qui était comme la garantie de tous ces changements. Nous allons donner la substance ^ cette charte remarquable :
L'article \^ appuie le trône au droit divin, conformément au principe des monarchies absolues ; il impose aux souverains l'exercice de la religion réformée, telle qu'elle a été constituée par la confession d'Âugsbourg.
2. Les rois de Danemark et de Norvège seront au-dessus de toutes les lois humaines.
3. Le roi aura le pouvoir de faire et d'abroger les lois ; ses dispensés suspendront exceptionnellement l'effet légal.