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Tous les emplois et dignités seront à sa nomination

5* Il disposera à son gré de l'armée et des places fortes, et décidera souverainement en matière d'impôt.

6. Les af&ires ecclésiastiques seront soumises à la juridiction du roi.

7. Les actes publics seront scellés de son sceau et signés^de sa main.

8. Il sera déclaré majeur en entrant dans sa quatorzième année.

9. On se conformera, pour tout ce qui regarde la tutelle, à la volonté du roi précédent ; en l'absence de dispositions formelles , la régence sera confiée à la reine assistée de sept conseillers.

Les articles 10, 11, 12, 13 et 14 règlent toutes les éventualités qui peuvent modifier le conseil de régence.

15. Le trône n'est jamais vacant ; la présente loi désignant toujours à l'avance le successeur.

16. Dès qu'un roi de Danemark montera sur le trône, la solennité du sacre appellera la bénédiction de Dieu sur son règne.

17. Le roi ne prêtera aucun serment , nul n'étant en droit de restreindre un pouvoir entier et absolu.

L'article suivant regarde la fixation et le cérémonial du sacre.

19. Pour la sûreté et la grandeur du royaume, le Danemark , la Norvège , les îles, provinces , places fortes, les droits royaux, joyaux^ argent

monnayé; l'armée^ la flotte et tout ce qui en dépend, en un mot tout ce que le roi possède ou possédera y restera uni et indivis à la couronne.

20. Les princes et princesses du sang se contenteront de ce qui leur aura été assigné , soit en argent soit en terres, et ils ne seront considérés que comme usufruitiers d.es domaines concédés.

21 . Aucun prince du sang ne pourra contracter de mariage , sortir du royaume , ni prendre du service à l'étranger qu'avec l'agrément du roi.

L'article 22 règle la dot et l'établissement des princesses.

23. Le rod venant à mourir, si l'héritier est absent, il se rendra en Danemark , toutes affetirea cessantes ; un retard de trois mois, qui ne serait point expliqué par des niotifs légitimes, transmet^ trait ses droits à l'héritier qui le suivrait immédiatement.

L'article 24 règle les droits de préséance entre les princes du sang.

25. Ils ne pourront être jugés que par le roi ou par son délégué.

26. Tous actes surpris par faveur ou firaude à quelqu'un ou quelqu'une de nos successeurs, en tant qu'ik porteraient atteinte ou préjudice aux

prérogatives du pouvoir abdotu, seraient considérés comme nuls de plein droiti et assimilés aux crimes de lèse -majesté.

27. Lès descendants mâles, nés de légitime ma^ riage , en commençant par l'atné , seront appelés les premiers à la succession du royaume héréditairCy et tant qu'il y aura un mâle issu d'un màle^ ni une femelle issue d'un mâle, ni un mâle ou une femelle issue d'une femelle^ ni qui que ce soit de la ligne féminine ne pourra succéder, aussi longtemps qu'il se trouvera quelque héritier nécessaire et légitime dans la ligne masculine ^ de telle sorte qu'une femelle issue d'un mâle sera préférée au mâle issu d'une femelle*

28. Le fils succédera immédiatement à son père, et tant qu'il y aura un mâle dans la première ligne masculine^ la seconde ligne masculine sera exclue, et ainsi de suite, de ligne en ligne. Si le droit de succession parvient aux femmes ) on admettra d'abord les lignes féminines descendantes des mâles^ puis celles qui descendent des filles ; en d'autres termes, les mâles seront toujours préférés, les lignes masculines passant les premières , et entre ceux de la même ligue et du même sexe, l'alné l'emportant sur le cadet.

S9. Ainsi, après la mort du roi actuel, le prince

Ghristiern lui succédera et transmettra ses droits à ses descendants mâles ; après Textinction de sa lignée mâle, viendra le prince George et sa descendance, puis ses soeurs et les lignes dont elles seront la tige, etc.; etc. Les autres articles règlent toutes les éventualités que pourra rencontrer l'ordre de succession.

On voit à quel point avaieiit dégénéré les descendants de ces hommes du INord qui jadis avaient fait trembler toute l'Europe; le christianisme adoucit graduellement leurs mœurs;. le voisinage de l'Allemagne exerça aussi une grande influence sur les institutions ; la noblesse garda longtemps le dépôt des libertés publiques , mais elle abusa sans mesure de ses prérogatives ; et lorsque la réforme lui eut enlevé les prélatures et les bénéfices de TEghse, elle dédaigna les fonctions ecclésiastiques qui ne donnaient ni richesses ni crédit ; l'influence religieuse fut désormais acquise à des prêtres sortis de la classe moyenne devenue plus éclairée et enrichie par le commerce et l'industrie. Durant près d'un siècle, la violence et l'ambition de la noblesse exploitèrent les nécessités de la couronne, et pesa sur les autres ordres ; enfin ses prétentions excessives isolèrent les intérêts et armèrent contre elle le souverain et le peuple : réduite à ses propres res-

sources, elle dut succomber^ mais de sa chute date l'abaissement défimtif du Danemark.

* Ce royaume, qui commença à décliner depuis la guerre de trente ans , non-seulement par suite de ses dé&ites, mais par l'accroissement de la puissance suédoise, dut subordonner sa politique à celle de ses voisins, dès qu'il ne fut plus [qu'une monarchie pure ; les intrigues de l'étranger eurent bien plus de prise sur une cour despotique que sur une oUgarchie , turbulente à la vérité , mais par cela même trop divisée par des intérêts d'ambition, pour que le parti national manquât d'appui et de représentants : l'agitation inhérente aux anciennes institutions Scandinaves avait mis souvent le Danemark en péril; l'omnipotence du souverain le sauva des troubles intérieurs, mais aux dépens de l'éner^e que donne la liberté.

Les premiers actes de Frédéric comme roi absolu furent empreints d'un caractère peu honorable ; il accabla ses ennemis quand ils ne pouvaient plus lui nuire. Uhlfeld et sa famille furent cruellement persécutés ; la reine eut sans doute beaucoup de part à ces vengeances mesquines et surtout au traitement qu'eut à subir la comtesse Éléonore, fille dé Christiern IV.

L'alliance du jeune duc de Gottorp avec la

Suède, que les liens du sang resserraient encore (1), donna de vives inquiétudes : le roi absolu montra par sa condescendance que l'intérêt de sà maison remportait sur le bien public ; il confirma la souveraineté du prince , fit droit aux exigences le» plus onéreuses , et lui donna en mariage sa fille Frédérique-Amélie. Il ne joua pas un rôle plus brillant dans la guerre qui éclata la même année (2) entre l'Angleterre et la Hollande ; d'abord allié de la première, il prit parti pour les Hollandais à la suite d'un acte de piraterie dont le Danemark et l'Angleterre s'attribuèrent mutuellement tout l'odieux et qui ne profita ni à l'un ni à l'autre. La paix de Bréda [(3) suspendit les armements maritimes du Danemark.

Frédéric avait épuisé toute son énergie dans la défense de Copenhague ; la forme de gouvernement qu'il avait établie favorisait sa nonchalance naturelle ; il passa les dernières années de son règne dans son laboratoire, occupé à chercher la pierre

{\) Ghrîstidn Albert, héritier da duché, était tthte de là régente àé Suède, et onde de Charles XL

(2) 4665. n s^agit d'une dette hollandaise qne les Anglais attaquèrent àSiùB le port de Bergen, en Norvège, et qai lea repoussa ftiree perte. Les Anglais prétendirent que le roi était de connivence. Frédirio re. poussa hautement cette accasation, et leur déclara la guerre.

(3) 21 jnillet 1667.

philosopbale ^ et dissipant des richesses réelles pour s'en procurer d'imaginaires. Il expira au commencement de l'année 1670. La reine Sophie lui avait donné plusieurs enfents : Christiern, qui lui succéda j Anne-Sophie , qui épousa le prince élec* toral de Saxe et fut mère d'Auguste, roi de Pologne; Frédérique-Amélie, mariée au duc de Gottorp dont les descendants occupent le trône de Russie; Wilhelmine-Ernestine , mariée à l'électeur palatin; George^ qui épousa en 1683 la princesse Anne d'Angleterre; Ulrique - Eléonôre , qui fut mariée en 1680 à Charles XI^ roi de Suède, et qui eut pour fils Charles XII. Ces alliances servirent souvent de points d'appui au Danemark et balancèrent par les influences étrangères ce qu'il avait perdu de force réelle dans ses longues luttes contre ses voisins.

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