‹ Révolutions des peuples du NordChapitre 24 sur 42 · DES FEOFIBS DV NORD* 4W · texte numérisé non relu

DES FEOFIBS DV NORD* 4W

tk>ii8dèàaIli<sdeCabarleaXII) irigiiak traité deTrft* rendal qui remit le duc de Hokteia dans la même position où rayait laissé la conveutiou d'Âltona* Il dut promettre ea outre de ne prendre aucune part aux différends qu'avaient soulerés le duché de Brunswick et la succession du Lauenbourg^, et de rester neutre dans la guerre que soutenait la Suède contre la Pologne et le tsar. Les ti^oupes suédoisea^ évacuèrent l'île de Séland.

Cependant Auguste, à la nouvelle de la padfica* tîon deTrâvendal, leva subitement le siège de Riga, et recourut à la médiation de la France et de TAngleterre, coftime pour se ménager une paix avantageuse. Charles, qui n'avait rien gagné à se montrer généreux envers Frédéric, rejeta les ouvertures de la cour de Versailles et répondit que c*était assez d'avoir été joué une fois. En effet, les intentions d'Auguste devaient lui paraître suspectes, puisqu'à l^nstant même où l'on négodàit, il s'emparait de quelques places. Jusque-là ce prince n'avait fait marcher que des troupes saxonnes, parce que les Polonais étaient loin d'approuver la guerre. Il se rendit à Varsovie dans l'espoir d'obtenir le consentement de la diète pour la levée d'une armée.

Pierre, impatient de montra à ses jeunes levées le chemin du littoral baltique» ^'avançait Tara Nar*

va. Ne supposant point que quelques milliers de Suédois se hasarderaient à attaquer quatre-vingt mille Russes, il confia le commandement de cette multitude au duc de Croy^, et se rendit à Novgorod pour y conférer avec Auguste. On a dit que^ la veille de la bataille, le tsar s'était reti^ par crainte; toute la vie de ce grand homme répond à une telle accusation. L'armée russe était dix fois plus nombreuse que celle des ennemis ; mais cette conditioi^ numérique était moins un avantage réel qu'un embarrai». Jamais les généraux du tsar n'avaient fait mouvoir des corps considérables : à l'exception de quelques régiments passablement exercés, tout le reste, gêné par une discipline improvisée, ne pouvait ni se battre à la mahière des ançiens^Russes, ni comme Pierre l'avait prescrit.

Horn commandait jds^ns la place; la direction du siège avait été confiée au général Âllart, officier du génie au service de Saxe. L'armée suédoise venait de rentrer en Scanie, lorsque la nouvelle que les Russes étaient devant Narva parvint à Charles. Or« donner le départ, débarquer en vue de Pernau avec huit mille hommes, s'emparer d'une position avantageuse qu'occupait Schérémétief , marcher aux retranchements de l'ennemi, toutes ces opérations se succédèrent avec la rapidité de la pensée. Le camp

des Russes était protégé par une artillerie formidable. Charles, sourd aux représentations qu'on lui disait sur sa témérité, commença Fattaxpie.

On était à. la fin de novembre ; la neige^ chassée par un vent nord-^st, aveuglait les Russes; l'aile gauche des Suédois, où combattait le roi, s'élance et franchit le fossé ; les Russes se replient en désordre ; ils veulent se lulHer, et le désordre s'en augmente encore > les régiments des gardes se retranchent derri^e les bagages et tiennenèferme jusqu'à la nuit.

Charles, dans la chaleur de l'action^ tomba dans un fossé bourbeux d'où on ne le tira qu'avec peine. L'aile droite des Suédois avait éprouvé plus de résistance ; enfin elle pénétra dans le retranchement, et sur le soir la petite troupe de Charles XII occupait une forte position qui coupait l'ennemi. Les vaincus demandèrent à capituler/ et le lendemain le dernier corps, commandé par Weide, déposa les armes. Jamais victoire ne fot plus complète : dix-* huit mille Russes étaient tombés devant Pbrva; munitions, bagages, artillerie, tout devint la proie du Vainqueur; dans l'impossibilité de garder une armée prisonnière, Charles ne retint que les diefe et renvoya les soldats. La Suède salua avec enthousiasme la gloire de son jeune héros, et crut voir renaitre les temps de Gustave-Adplfdie ; l'Âl*

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Jemagnè) qui n'atâit qu'un Eugène, prit FalÂîmé; Pierre se floutiht d'Àzof et espéra.

Tandis que Charles prend ses quartiers d'hiver en livonie, le tsar Tole à Moscou; là il recueille les débris de son armée, leur montre la dëfiiite de Marya comme un effet de la discipline européenne, donne des louanges aux uns, encourage les autres, et tire de la perte même d'une bataille d'utiles enseignements. C'est alors qu'il s'applaudit de sa prévoyance ; les établis^ments qu'il a fondés suffisent à tout; il manque d'artillerie, les cloches des églises seront fondues ; le clergé murmure, mais Pierre déclare aux soldats qu'ayec ces armés saintes Tarniée du peuple orthodoxe est désormais intincible.

Auguste se trouvait dans une position critique : f Empire et la république le désapprouvaient égaler ment comme électeur et comme roi : un parti puissant se déclara contre lui et mit tout son es* poir dans l'influence de la Suède : mais le tsar lui restait; il crut qu'en combinant leurs ressources, ils pourraient arrêter le jeune conquérant. La Saxe devint l'école des troupes russes ; la lutte devait èlre longue et sanglante.

Pierre voyait avec satisfaction son rival trans^ porter le ïbéktte de la guerre dans la grande Polo-

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giie* Son plan était d'occuper Charles de ce c6té ; il attaquerait la LiYonie, pour s'emparer de quelques places sur le littoral^ et œuperla retraite aux ' Suédois. Repnin, à la tête de vingt mille Russes, se réunit aux Saxons sous le commandement du ma-» réchal Steinau«

Les Suédois^ après avoir forcé le passage de la Dvina , se répandirent dans la Courlande; les Russes et les Saxons durent se replier sur la Lithuanie et la Prusse polonaise. Malgré les représentations des envoyés polonais^ Charles pénétra sur le territoire de la république. « Déposez votre roi| leur répondit- il, ou je traiterai les Polonais en en-* nemjs. » Le vainqueur poursuivit sa marche jusqu'à Varsovie^ de là, après avoir reçu les renforts que lui amenaient Stenbocket Mômer ^ il s'avança contre Auguste qui couvrait Cracovie, et remporta sur lui une nouvelle victoire qui lui ouvrit le chemin deFanciei^ necapitale delà Pologne. La bataille avait duré cinq heures ; le duc de Holstein^ beau^frère de Charles, y fut tué. Le vainqueur leva sur les provinces de fortes impositions ; son plan était de ruiner le pays, (c Je réduirai les sujets d'Auguste^ disait^il, à un tel état de £atiblesse que je pourrai les rouler entre mes doigts. » Ces mesures imprudentes produisirent une réaction en faveur du prince vaincu. Deux diètes

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opposées se formèrent ; dans celle de Sandonrir, on offi[*it à Auguste les secours de la république^ si Charles se refusait à une paix honorable. Charles se garda bien d'y souscrire. Tandis que les Polonais délibéraient sur les dangers de la patrie^ les Suédois battaient les Saxons à Pultusk , et s'emparaient successivement de Thom , de Posen et d*Elbing ; maîtres de ces places, ils purent prendre en sécurité leurs quartiers d^hiver dans la Prusse polonaise (1). Les intrigues du primat Radziewski, adversaire déclaré d'Auguste , contribuèrent puis^ samment à rendre inutiles tous les efforts que tentaient ceux qui voulaient avant tout voir la Polo-* gne délivrée du joug étranger.

Cependant les Russes poursuivaient avec constance l'apprentissage des armes. Scfaérémétief battit deux fois les Suédois ^ d'abord à Dorpat , puis aux environs de Pernau. Il est vrai que les forces principales de Charles agissaient dans la grande Pologne, et que la Livonie était à peine défendue. En apprenant qu'à Pernau les Russes n'étaient que deux contre un, Pierre s'écria : Dieu soit loué ! peut-être les battrons-nous un jour à nombre égal.

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lie tsar savait distinguer le m^te; à ses yeux le plus digne était le plus noble : c'est ainsi que Mentehikof s'éleva des derniers rangs de la société aux premières charges.de l'empire, et qiie la nièce d'un pasteur luthérien, qui se trouva parmi les prisonniers de Marienbourg, partagea le lit de l'em* pereur et bientôt son trône .

La marine russe faisait des progrès rapides ; la fondation de Schlùssélbourg lui assura un point de défense dans le golfe de Finlande. Une fabrique d'armes fut établie à Pétrozavodsk.Toute la Russie occidentale ressemblait à un vaste atelier où les hommes conune les choses subissaient une transfert mation européenne. Pierre était partout : après avoir fondé dans la capitale une imprimerie, «n hôpital et plusieurs manufactures j il . retourne vers le Nord, et reprend son service comme capitaine sous le maréchal Schérémétiêf. Il enlève Nieuschantz , forteresse qui le rendait maître d^ cours de la Neva.

C'est dans une tle de ce fleuve, à peu de distance dans le golfe de Finlande, où l'on n'aperçoit encore que quelques huttes de pêcheurs^ que Piarre a trouvé l'emplacement d'une ville, qui, un siècle plus tard, sera la plus belle capitale du monde. En vain des exhalaisons délétères sortent d'un sol ma-

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récageui qu*îiionde la mer quand le vent d'ouest souffle avec violence , l'avantage de la position le détermine. Quant au sol, ses Russes le feront. On lui objecte la difficulté de trouver des travailleurs } il en appelle de toutes les parties de son empire. On lui représente qu'il est peu prudent de sacrifier tant d'hommes et de trésors pour l'établissement d'un port et d'une cité isolés à l'extrémité de s^ États, dans une contrée récemment conquise ; il répond que cette cité sera la capitale de ses États européens, la mère de la civilisation russe. Il y appela lera les grands dignitaires que suivront le luxe et Findustrie; chacun mettra la main à l'œuvre, et la grandeur du résultat couvrira Téhormité des sacrifices (1). Le sort des provinces baltiques si long« temps disputées est fixe désormais, elles ont trouva leur capitale naturelle.

Hambourg, Dorpat, Narvà, tombent an pouvoir desRusses ; Kraniort, qui menaçait Pétersbourg, est défait en Garélie ; Pierre change en forteresse l'tlot de Kotlin, pour protéger sa ville naissante du côté de la mer. Les vainqueurs entrent en triomphe à Moscou, et l'ancienne capitale, si longtemps rebelle ii sa propre ^oire, les salue de ses acdamations.

(I ) Hiitoin de Emtie. Oniters. , panim.

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La déchéance d'Auguste était com&mmid : Stên niflas LeciinsJci, appuyé par Charles, venait d'acr cepter le périlleux honneur de ceindre la couronmi de Pologne ; tandis que Charks méditait une invasion sur le territoire de son rival, la Livonie cdati-* nuait à être le théâtre d'une lutte «anglante. Ghé* rémétief se £ait battre par Lowenhaupt en Couiv lande, mais bientôt il recule devant le tsar qui s'em-* pare de Hittau. Soutenu par Pierre, Auguste ne se regardait point comme détrôné : il répond à l'élec* tîon de son rival par la fondation d*un ordre de chevalerie; plus ce prince commet de fautes, plus le tsar se montre in&tigable à les réparer. A peine a«*t«il reçn un renfort que le général Renskôld anéantit son armée. Ce prince malheureux cède enfin à sa fortune; il signe un traité avec Charles qui s'apprêtait à l'attaquer jusque dans le cœur de la Saxe, et s'engage à lui livrer et les Russes qui s'obstinaient à le accourir, et c^ général Pattkul dont le courage et le dévouement méritaient un antre sort.

La guerre continuait avec des chances diverses ; Pierre essuya un échec devant Yibourg, et Ment- «èdkof , près de ELahseh. Auguste ^ dont le traité jtveç Çhgirles était encore pecret, contribua malgré lui au succès des armes suédoises ; et pèr un effet

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bizarre de sa fortune, il se vit ol^gé de foire ameùde hohorable pour cette victoire ; qui l'embarrassait plus qpie ne Teùt fsit un revers.

Le tsar, voyant que rien n'arrêtait plus Charles en Pologne, et prévoyant que tout Tefibrt des Suédois allait se porter sur la Russie^ tenta la voie des négociations. « Je traiterai, de la paix dans Moscou^ répondit le roi. — Mon frère Charles veut feire l'Alexandre, dit le tsar^ mais il n'a point afMre à un Darius. »

Depuis ce moment Charles XII semble prendre à tâche de lasser la fortune : de son camp d'Altranstadt^ il feit trembler l'Europe, et, affectant un mépris insensé pour ses ennemis, il se charge, ditil, de les chasser à coupjs de fouet de Moscou et du monde enti^ (4 )> Pierre répondît à ces bravades par un redoublement d'activité ; son génie a compris que l'instant décisif est venu, il ne néghge aucun moyen humain pour envelopper son rival dans ses fautes, et il met au nombre de ses chances de succès le dédain même de son orgueilleux adversaire. Il anime les troupes de sa présence, court

(I) L'emperear Jx)8ep1i eraignit que les Suédois, aUiés de la France, ne JBsfent eo Alleroagne ane diversion laToraUe |à Louis XIV. Marlborougb yinl trouTer Charles en Saxe; mais le dac s^aperçot bientôt qoe ce prince nVâk aucun plan arrêté^ et que la Russie allait derenir le tiiéâtre de la guerre*

à Grodnoi y laisse qudques bataillons, et s'éloigne après avoir donné à se» généranx Tordre de se re-tirer devant l'ennemi.

Charles XII foule enfin le sol russe ; il a franchi la Bérézina, et trop confiant dans les promesses de Mazeppa, hetman des Cosaques de l'Ukraine, il s'enfonce dans un pays inconnu et sans ressources, n attendait un secours de seize mille hommes que lui amenait le général Lôvenhaupt ; Pierre l'ap* prend, et s'avance à marches forcées pour empêcher cette jonction ; il rencontre l'ennemi à Lesno, et, quoique inférieui' en nombre, puisqu'il n'avait que onze mille soldats, il bat Lôvenhaupt, s'empare desa caisse, de ses bagages et de son artillerie. Avant l'action il avait donné l'ordre à ses Cosaques de tirer sur quiconque fuirait, fâtrce sur lui-^méme. Cette bataille de Lesno, comme il l'a dit lui-même, fut la mère de celle de Poltava.

L'opiniâtreté de Charles allait se montrer avec tout le caractère de l'imprudence ; les revers de Rosen en Ingrie, les pertes que lui coûta le passage de la Desna, ce Mazeppa qui devait soulever rUkaine et qui se voit forcé de chercher un asile au camp des Suédois ; rien ne peut fléchir sa détermination : les maladies, la disette, les rigueurs excès-

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mnê i(k l'hiver (4), son otmp étibH aa milim de st^ppfs, toutei c^ eoDsîdérations le trauTèrentsaos pitié pour les misères de ses troupes. Deux fa^ Tûris , Piper et Hmskôld^ exerçaient uBè* &tale influeiiee eue le. monarque ^ Charles sembhit te oomidaire à entretenir leur jalousie. Le premi^ avait im coup d'œil juste, mais l'esprit aventUTeux du second flattait les sympathies du jeune roi, qui dédaignait les moyens ordinaires , et croyait pouvoir trancher toutes les difficultés avec Tépée* Ses emportements allaient souvent jusqu'à la cruauté, c'est ainsi qu'il fit exécuter Pàttkul (2), malgré les plus vives représentations.

Pierre voit la situation critique de son rival, cependant il use de piodération et lui offre encore la paix ; il ne demande que Flngrie et propose un dédommagement pour Narva. Charles rejette ses ouvertures et dédaigne une paix qu'il n'aura pas dictée après la victoire : il s'enfonce dans l'Ukraine, trouve quelques ressources dans Gaditsch et Yeprin, et poursuit &talement sa route sur Poltava.

Arrivé devant cette ville, où Mentchikof &it pénétrer habilement un renfort, U s'écrie : « Nous avons appris aux Russee l'art de feire la guerre ; »

(4) ÎTtA.

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parolsi proi^éttques qui devai^it bleiMAt reoevmr une ploft complète application. Le tsar, qm était allé à Azof et à 7agânrok pour empêcher ie kaà de Grimée de donner de» secours à Gbarles, tê* tourne à Poltava^ pour âdberw par le courage le succès que sa prudence avait préparé. H apprend que la ville va mapquer de munitions. Cette cireonstaniae le détermine à Fattaque. Les Suédois ^ qui ne craignaient rien tant que l'inaction^ prennent Toffensive ; ils remportent d'abord quelque^ avantages; mais bientôt le combat devient gêné* rai : après deux heures d'une lutte terrible ^ et malgré les efforts héroïques de Charles , qui , blessé d'un coup de feu / se faisait porter de rang en rang sur un brancard, les Suédois forent rompus sur tous les points, et tout ce qui avait échappé au fer des Russes se rendit à Mentchikof . Charles XII, Mazeppa et quelques centaines de cavaliers cherchèrent un asile sur le territoire ottoman,

Le sentiment d'un juste orgueil et d'une noble reconnaissance éclate dans la proclamation qu^il adressa à ses soldaits ; il les appelle les fils de la Russie régénérée , ses eniants à lui , ceux qu'il a formés à la sueur de son front. H écrit à Âpraxin : 4cGrâce àDieu ,1a pierre fondamentalede Pétersbourç est solidement asqjjie. » H distribue des récompenses

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