IV
veur dvr duo de Holtfeiii, ne^eu de Obaiies^ ei qui avait UB partji paisfiànt en Sirède; le mariage d'Ul^ rique avec le prioee héréditaire de Hesse donna naisaaaGe à une nôuvdie combinaisoiii qui ruina les esp^nces da duc.
Le sultan était &tigué de son hôte ^ qni avait à pliiffileujrs reprises demandé et dépensé de fortes sommes destinées à défrayer son départe Âcfamet loi fit signifier Vordre de s'éloi^er ; il n'en fellait pas davantage pour que Charles s'obstinât à rester. Â tout événement, il se fortifia dans sa maison de Bender, où il soutint pendant quelque temps un siège en ferme. Il déploya dans cette échauffourée un coui*age digne d'un autre théâtre, et qui lui fit donnée par les Turcs le sumoîn de Tête de fer. On conduisit le royal captif à Anddnople, et on lui assigna pour demeure le château de Demotica. Là, il refusa de voir le grand vizir , et garda le lit pendant neuf mois. Cette longue inaction, si contraire à son tempérano^nt et à ses goûts, altéra sa santé; ènfin^ sur lea représentations du comte Liewen, il se dëcick à partît. U traversa l'Allemagne à la fa** veur d'mi déguisement) et le 45 novembre 1715 , il se présentait aux portes de Straisund, eccdmpa-^ . gné de Rosen et de Durîng (1).
{h) Brmelins, Hist. de Suède.
. DES PEDPLBS mi MORD. 41*
La bataille d'Angout yenait. de porter t»n «otif> fbneate à la martue suédoise ; douze bâtiments enne"*
misy y compris le vaisseau amiral, tombèrent M
pouvoir du tsar^ qui montra dans raetion non moins de bravoure que de présence d'esprit. La flotté russe s'empara de File d'OEland, d'où eQe mena^ çait Stodkbolm* Pi^re, vainqueur, retenait à Pètèrsbourg, lorsqu'une tempête faillit an^antii^ son escadre. Tout le monde avmt perdu courage, et les ténèbres rendaient la mancBUvre encore plus di^âle. Pierre se jette dans une chaloupe ; il a. répondu à ceux qui lui représentent l'imminence ân pétil, qu'un tsar russe ne pouvait périr dans Teau. LoDg^ temps il lutte contre les vagues : c'est alors qtî'il
rend grâces à cette éducation pratiqtio qu'il s^étalt imposée à lui-même : Pierre^ matelot robuste et pilote habile, a sauvé .Pierre le Grattd (1).
Après la cérémonie du triomphe où Rofficida^ novsky remplissait le rdie de tsar^ Pierre, qui ve* naît d'être promu à la dignité de vice-amiral, adressa aux Ausses, qui se pressai^ort autour déf lui, cfes pa*» rôles remarquables : « Qtii de v^s, ilies frères, eût pensé, il y a trente ans^ que toué construiriez: ntt jour avec moi des vaisiMAiit stfr la Baltique j qutf
(I) Ghofiifl, Riit diRnsik.
BOUS âèverioas une ville dam cette contrée con^ quise par nos travaux et nos triomphes, et qu'il naîtrait du sang russe tant de guerriers et d'habiles marins? Âurie^vous prévu que tant d'hommes instruits, d'ouvriers industrieux^ d'artistes distingués^ viendraient, des différentes parties de l'Europe, &ire fleurir les oris dans notre patrie; enfin, que nous imposerions le respect du nom russe aux puissances étrangères? Nous voyons dans l'histoire que la Grèce fut autrefois l'asile de toutes les sciences, et que, chassés de ces belles contrées par les révolutions des temps^ elles se sont répandues dans l'Italie, et de là dans toutes les contrées de l'Europe. C'est par la négligence de nos ancêtres qu'elles se sont arrêtées en Pologne^ sans pouvoir parvenir jusqu'à nous. Mais les Allemands et les Polonais ont été plongés dans ces mémels ténèbres d'ignorance où nous avons langui jusqu'à ces derniers temps. C'est par les soins de leurs souverains que leurs yeux se sont ouverts ; ils ont hérité des sciences de la Grèce, de sa policé et de ses arts. Enfin notre tour est venu , si vous me secondez dans mon entreprise, si vous joignez le travail à l'obéissance ; les transmigrations des con* naissances humaines peuvent être assiihilées à la circulation du sang ; j'espère qu'abandonnant un jour la France, l'Allemagne et l'Angleterre, elles
s'arrêteront aussi parmi notis, pour retourner dam la Grèce, leur ancienne patrie. »
Vers cette même époque la paix avec la Porte fut confirmée. Leç afihires de l'Europe avaient pris une^fiace nouvelle depuis l'ahsence de Charles XII; • la politique des grandes puissances s'était modifiée sous l'influence des événements : en Angleterre, un ministère pacifique av^it renversé le parti de Mari* borough ; Philippe Y était assis sur le trône d^ Espagnes ; son compétiteur Charles YI consentait à une paix nécessaire; l'éleeteur de Hanovre, devenu roi d'Angleterre, convoitait la possession des provinces de Brème et de Yerden; le roi de Danemark croyait l'instant favorable pour reconquérir la Scauie, tandis que le roi de Prusse convoitait Stralsund ; la maison de Holstc&n^ isolée au milieu de toutes ces j^tentions^ cherchait un appui dans le ts9r, et le roi de Pologne demandait la réintég^* tion de la Courlande.
Qiarles ayait pour conseil un homme non moins aventureux en politique, qu'il l'était lui-m^e sur le champ de bataille. Gôrtz avait compris que les ennemis de son maître étaient plus occupés de sesurveiller mutuellement que de consommer la ruine de la Suède. Il intriguait en Espagne, en Rusâe, en Norw^e; et depuis la pri^ede Stralsund que le rot
III BÈyoLcnoMs
Kffé^ Mé^^bHf!^ d'éraiw&p après qne déku» hénfi* que> il tenta tous les efforts possibles poui^ améliorer }0 système finanejber, base de toutes les autres resfourees. âes vues étaient larges, mais le titM iiiférieur des espèces qu'il fit frapper lui attira Yàtà-^ iiiadvarsioDi du peuple et des grands. Dégoûté de tpnt* d'ohstades, il reporta toute sou aetînté dans les négociations. Quelques-unes de ses lettres, sai« ^es en mer, donnèrent r&rèil à l'Angleterre : Gôrtz et Gylenborg furent arrêtés dans les PHjsrBas et re* nûs en liberté quelque tasips après. L^habile négo"eiateur obtint du tsar la promesse qu'il sueipendraît lés hostilités pendant trois mois ; il se fit également écouter «n Prusse^ ^ rentra en Suède pour mettre lé dernière ipahi à son oeuvre^ Des conférences secrètes s'ouvrirent à Lofôn. Là, les ministres sué* dois i»)ndurent avec les envoyés du tsar une con* vention dont les clauses principales «t'étaient pas sans rapport avec les vues d'Âlbérbni, qui, dç la oour de Madrid, ébranlait à la m^e époque tous Ifis trénes de l'Europe.
lie tear devait garder toutes ses conquêtes à l'ex- .eaption de la Finlande; la Norwége ser^rait de eompensation aux pert^ de la Suède ; une armée suédcôse, tnnspojrtée sur une flotte russe, aborderait en ^osse, et remettrai); le Prétendant sur le
DES PBUPLBft DU NORD. 4SS
trôné f Stattislat, soutenu par le tsar^ devait être jpétabti en Pologne; enfin les Suédois recouvreraient leurs possessions dans le nord de rAllenlagne.
Tandis que Charles XII réox^nisait une armée pour conifuéiir la Norwége^ Pierre feignait de sou» tenir Auguste en Pologne, et poursuivait avec un Éèle infetigable les réformes qui étaient le but et le complément de ses victoires ; il ouvrait des relaâons avec k Perse, la Tatarie et la Ghiiie; ses ingénieurs levaient des plans, dressaient des cartes, et le cfaAteau de Peterhof ri valisait de magnificence itvec celui de Versailles. Â Forient, ses officiers élevaient dès forts sur Tlrtisch, et, vers le midi, les bri^ndages dès Boukhares et des Tatares duKout ban étaient réprimés. Nous avons vu que son an^ denne alliance avec le Danemark et la Pologne était sur le point de se rompre : dans les démêlés de cette nature , les torts sont ordinairement partagés. Pierre destinait la ville de Vismar au duc de Mêcklenbourg qui avait épousé saî nièce ; le Danemark en prit possession; le tsar parut devant la place, sans s'inquiéter de la capitulation et fit la garnison prisonnière de guerre. H s'attendait à de vives représentations, et il espérait tirer parti de ce conflit dans lecas où les plans de Gôrtz réussiraient. Le début de Charles en Norwége fut malheureux ,
il s'avança jusqu'à Christiania, mais il ne put s'emparer ni de Frédérîckstadt ni de Frédérikshall. Obligé de rétrograder en Suède, il y fit de nouveaux préparatifs; et, en 47^7, il envoya Arnifeld avec sept mille hommes pour s'ouvrir un passage dana le nord des alpes norwégiennes, tandis qu'à la tête dû principal corps d'armée, il mardbait lui-m^me sur Frédérikshall. Ârmfeld dut s'arrêter devant Christiania, et ce retard détermina Charles à faire \e siège de Frédérikshall. La tranchée était déjà ouverte et le roi était en prières, lorsqu'un coup de jEeu termina cette existence si active. Les circonstances et les traces de la blessure mettent ho|s de doute que la balle du. pistolet qui l'atteignit avait été tirée par derrière par un des hommes qui l'entouraient. Le bruit se répandit tout à coup parmi les soldats que le roi venait d'être tué; on le trouva étendu *dans la tranchée, le visage tourné du côté de la citadelle, sa main pressait la garde de son épée, que, par un miouvement instinctif, il avait à moitié tirée du fourreau (1).
Ce lâche assassinat fut commis le 44 décembre à dix heures du soir. On crut dan9 toute l'Europe qu'on avait tiré sur lui de la forteresse; amsi^ par
(I) Bnuétiuf.
nn effet bizarre de la renommée, Gustave-Adolphe^ qui périt de la main dçs ennemis,* passa pour être tombé victime d'un assassinat, tandis que longtemps on crut que Charles XII^, qu'atteignit une balle suédoise^ avait péri honorablement de la mort du soldat.
Le caractère de Charles XII est écrit dans tous les actes de son règne; passionné pour la guerre, ,il ouidîa que son siède était surtout politique. Les Suédois, dont il causa la ruine/lui pardonnèrent tout à cause de son courage, et ne se refusèrent à aucun sacrifice, parce que le caractère de leur roi ennoblissait jusqu'à ses revers, et qu'il se montra non moins prodigue de son sang que de celui de ses compagnons d'armes* Sa mort dérangea toutes les combinaisons pohtiques de Gôrtz ; la Suède de* vait expier fatalement les victoires d'un siècle.