‹ Révolutions des peuples du NordChapitre 3 sur 42 · BlfeVOLimONS · texte numérisé non relu

BlfeVOLimONS

^i§», .M«iigiimt9 CQnnHfm lé$ états de Suàde : as reconnurent solennellement pour roi£ricde Poœéranie^ $ou8radministratî<m.<ie sa tutrice. T?ea de taoaps dprès, lés états s'assembLèrent <ie nouveau à Nykoping, où tout fiit mis en oeuvre pour paréparer les esprits à l'acte définitif d'union. Toutes les oirdoiiinanoes da roi Albert devaient être révi>quéeS) et âlfut convenu que^ aur Tordre de Marguerit6t les députée des trcHS états se réuniruimt pour con^ro^K^r l'élection du jeune piinoe^ et pour âr^ rater les bafies d'une union et d'une concorde pep^ manentes ratre ies royaunias du Nord.

De retow mi Danemark ^ Muiguerîte ^'occupa activement de la réforme des abos : comme poiur doxmer là merarede ce que la Suède et fat Norvège •devaient attendre de aa justice et de sa sdlîcitude, lorsque Tunioii aenit consommée, elle pibka une ordonnance empraiâe de sagesse ^ qui répondait autant que possible aux espérances et anx besoins du temps (4). Enfin^ lorsque ses rapports avec l'Allemagne et la disposition géaoïéiele des esprits , dans toute Fétendue des royaumes seandiiiaveSy <Mrefit aplani ka derniersobsitâides, eUeconvoquai Calmar (4397)lea étals <k)t troB royaumes^ et fit eaw^onner en grande p^mpe le jeune Éric par l'ardievéque de

(l)IWtf.

DES PSUJPLBS DU NOBD. il

Lunden conjomtemeiit avec \xn prélat do Suède. Là fut comentie $oléimeUement l'union perpétuelle du Danemark, de la Suède et de la INoj^vége «0U8 uu méiçe sce|itre. Nous ne citerons que le» dispositions principales de l'acte d'union.

Une paix et une concorde perpétuelle régneront entre les trois Etats qui auront des droiti^ égaux ii l'élection du souverain.

Le roi sera choisi parmi les fils du prince régnant.

A dé£aut d'héritier mâle, les trois Ëtats s'euteur draient pour une nouvelle élection.

Chaque royaume sera régi par ses propres lois.

Les exilés d'un pays ne pourront être reçus dans aucun des deux autres.

C!hacun des Etats sera tenu de coo^courir à I9 défense commune,

Les seigneurs, en caa de péril pour Vumoi^i m pourront refuser leurs services actifs hors, des fron* tières.

L'uniou de Calmar semblait fissurer à la Sdtndti navie de grands et solides avantages. La çouceu-* tration des force^de trois peuples belliqueux^ l'em* pire de la Baltiqu^^ et par conséquent du co^imeroe septentrional) la répression des hrigandagea des pir rates» et l'abaissement probable des villes ha&séa.* ûqaesj tels étaient les motifs qui avaient &it taira

n RÉtOLUTKMïS

momentanément la yoix des intérêts nationaux, et désarmé d'anciennes rivalités : cependant Tœuyvc de Marguerite était précaire ; le germe de la discordé était au fond même du traité d'union. Le Danemark s'y aiTogeait virtuellement le privilège de dominer sur les deux autres royaumes, malgré tous les tempéraments calculés pour déguiser cette inégalité^ telle qu'elle devait se révéler à la mort de Marguerite. La résidence du souverain des trois royaumes constituait à elle seule un avantage incontestable en faveur du Danemark : tout devait s'y organiser selon les conditions d'un pouvoir central ; la nécessité de réprimer les résistances qui ne pouvaient manquer de se manifester devait habituer peu à peu les souverains danois à ne considérer les provinces rebelles que comme des annexes de pays conquis : il était naturel en outre que, pour maintenir leur autorité chancelante^ ils neconfiàssent les principaux emplois qu'à des hpmmes dévoués^ c'est-^-dire à des Danois. Les charges publiques ne paraissent jamais plus onéreu^s que lorsqu'elles sont imposées par des étrangers ; alors les exigences, même légales, prennent un caractère d'oppression : d'un autre côté, les agents de l'autorité, en butte à la haine et à une résistance systématique, ne sont que trop portés à déconsidérer le pouvoir par leur

partialité et par une sévérité impradente. L'expérience seule pou^t révéler les vioes radicaux de runion. L'habileté et la prudence de Marguerite les avaient si bien déguisés que les peuples^ n'envisageant que le côté favorable de cette grande question, accueillirent avec transport Tuuion de Calmar. Le clergé^ caressé par Marguerite et jaloux des nobles laies, employa toute son influence pour amener ce résultat : quant à la noblesse des trois royaumes^ elle entra dans les vues de Marguerite^ quoique déterminée par des motifs différents. Les seigneurs danois se flattaient, non sans raison, de tirer avantage de la prépondérance du Danemark. L'oligarchie suédoise, animée d'un esprit dé rivalité et de haine , que de longues luttes civiles avaient fait paître entre les principales familles, ne pouvait se résoudre à se choisir un maître dans son sein ^ et elle espérait qu'un pouvoir royal, qui administrerait à distance, lui permettrait de conserver, avec les privilèges de l'anarchie, les avantages, d'un ordre de choses en apparence plus régulier et sanctionné par la volonté générale. Quant à Ifi noblesse norvégienne, épuisée par une suite non interrompue de guerres civiles^ elle pressentait qu'elle était destinée à suivre la fortune du Danemark ou de la Suède ; en entrant dans l'union sur un pied d'égalité, elle

différait eiî qaelque sorte Fépoque de sa déch&ncîe définitive; plus faible que chacune des deux autres puissances du Nord, elle savait qu'en cas de guerre entre elles, son alliance donnerait l'avantage au parti qu'elle enoibrasserait : en effet, depuis cette époque, la Norvège semble être restée fidèle à une pobtique dont la règle dépendait moins de l'état du pays considéré en lui-même que des événements extérieurs.

Cependant Stockholm tenait toujours pour Albert : aux termes du traité, ce prince ne pouvait i^couvrer sa liberté qu'en abandonnant cette ville et les places que ses partisans occupaient encore en Suède, ou en payant à Marguerite la rançon convenues Sa captivité ne lui avait pas permis de se procurer une somme si considérable. Les villes hanséatiques remirent alors entre les mains de la reine la ville de Stockholm, dont la reddition entraîna celle des provinces qui ne s'étaient pas encore soumises au parti danois. ^

L'tle de Gothland, ancienne dépendance de la Suède, avait été engagée par Albert au grand maître de l'ordre teutonique qui en réclamait la propriété entière. La reine fit mettre le siège devant Wisby j mats la résistance de cetteville amena une convention en rtrin de laquelle Marguerite entrerait en

DES P^PUES îm MOBS. 4B

possemian du territoire coatesté, moyennant une somme que Tempereur Wènceslas, choisi pour arbitre, fixa à neuf mille nobles à la rose.

Nous avoué vu que la ligue hanséatique semblait s'être rapprochée de Marguerite; la puissance croissante du Danemark ne pouvait que lui porter ombrage ; mais les pirates causaient tant de préjudice à son commerce, qu'elle regarda leur destruction comme devant l'emporter sur toute autre considération. Intimidés par cet accord^ les pirates quittèrent la Baltique pour se réfugier dans les mers de l'ouest où ils continuèrent d'exercer leurs, déprédations. Vers cette époque, un imposteur, frère de lait du roî Olof , essaya de se faire passer pour ce prince mort depuis quinze ans, et quelques esprits crédules ayant accueilli cette fable, il en résulta des troubles que Marguerite arrêta par le supplice du prétendant.

Des embarras plus sérieux surgirent de la question du Holstein ; le duc Gerhard et ses frères appelés en Fionîe , pour recevoir d'Éric l'investiture du Sleswig, avaient refusé de rendre hommage à la couronne de Danemark pour le duché, en émettant la prétention de rendre ce fief héréditaire. La reine ne voulut point troubler la tranquillité générale : au lieu de soutenir ses droits à main armée,

4« RÉVOLTITIONS

die céda sur quelque points^ et acquit de ses deniers, dans le Sleswig^ des terres considérables, qu'elle incorpora dans le diocèse de Rypen, nioyennant un dédomn^agemênt pécuniaire que lui donna l'évêque -de cette ville. En démembrant ainsi le Sleswig au profit de l'Église^ elle se ménageait Fapptii des évéques, et portait un coup sensible à la puissance des comtes de Holstein.

La guerre contre les Dithmarses^ que les comtes de Holstein entreprirent inconsidérément, les détourna de leurs querelles avec le Danemark. Le comte Albert succomba dans cette lutte en apparence si inégale, et Gerhard eut le même sort.

Ce dernier laissa trois fils, Henri^ Adolphe et Gerhard. Henri, son frère, évêque d'Osnabruck, réclamait leur tutelle, à laquelle prétendait Elisabeth^ mère des comtes mineurs. L'évêque ayant employé la force, Elisabeth, .veuve de Gerhard, implora l'assistance de Marguerite et s'adressa au roi Eric, son suzerain, comme à son protecteur naturel. La reine accueillit ËU8ali>eth avec une bienveillance apparente ; elle lui avança même, à diverses reprises, des sommes d'argent, mais elle se faisait donner en même temps, comnie sûreté, les places les plus importantes du duché. U ne restait plus à l'évêque que les villes de Sleswig et de Gottorp,

lorsque la mésintelligence édata^ntre la reine et la duchesse. CdOie^â se rapprocha de son béau^frèrci et condùt une alliance avec Adolphe de Schauên* bourg. Éric se mit à la tête d'une armée^ et marcha contre Adolphe qui le battit compléténiient à Soldorp.

; Depuis quelque tçmps déjà, le jeune roi portait impatiemment le poids d'une tutelle qiie le génie de MargU^ite avait changée en règûe^ véritable* En 4410, il fît juger et exécuter Abraham Peden* son , gentïlhcHnme suédois d'un grand mérite, et que ses immenses possessions, et k feveùr de la reine lui rcnidaieht suspect. Éric résolut de réparer l'échec de Soldorp^ il rentra dans le Sleswig et prit Flensbourg où il usa cruellement de sa victoire. . On pouvait prévoir, dès cette époque, qu'Eric compromettrait par son caractère irréfléchi et ha)3-^ tain toutce qu'il devait à la sagesse et It la prudence de la reine ; cependant l'ascendant qu'elle e&er^iit sur lui, el les vertus de Philippine d'Angleterre, qu'il avait épousqp en 4406, contenaienl encore ses passions fougueuses ; mais la mort de Mairguc^ rite, en le livrant à lui-*méme, révéla tout à. coup les vices du pacte d'union. Cette princesse fut ôut levée subitement dans la soixaôptièm^ atinée de %om

âge, emportant les regrets des Danois et l'estime

H BtVOLUTIOIfS

iAâme dw Suédokf quoique ces deniîert loi aient pttribué tou» les malheurs qui suivirent le traité de Gdmar (4). En examinant a^^c impartialité le règne de cette femme extraordinaire, il est aisé de se convainëre que la forcé des choses devait nécessairement faire naître les' griefs dont on a chargé sa mémoire. Si die fut. coupable, c'est de n'avoir pas j»évu qu'il Mlait un génie domme le sien pour continuer soû oeuvre ; mais le même reproche d'imprévoyance retombe sur les Suédois, qui se sont imaginé que l^union politique des trois royaumes pourrait subsister, sans que l'ambition de la noblesse 7 trouvât du mécompte ^ et sans que la cour de Danetnark donnât de préférenèe les emplois à des hommes intéressés à maintenir l'ordre établie D'un côté, les fonctionnaires danois ont commis; des exactions et des abus d'autorité ? deTaûtre, les passions politiques ont amplifié le 'mal, et les haines nationales, envenimées par Fimpêritie et la cruauté de quelques souverains de runion,orit dû porter les écrivains Danois à trop d'indulgence , comme les Suëdois à une sévérité excessive. La résistance devait entraîner ia répression, et l'esprit du traité de Calmar disparaître dans une lutte dont Fissue ne pouvait qu'amener ou la conquête, ou la séparation, ou enfin

(1) Loceen. MaHet. Pttfeod. Geler.

DES mStlËi Otj KORD. 4«

édêf^pt^h^mëntè factice qui, en laissant subsister le même tice iniime, devaient ramener les mêmes griefe et les mêmes résultats.

EricM trouvait seul au pouvoir^: Tunion, quoique elianeelante, n'avait point encore été attaquée ouvertement : les comted de Holstein^ depuis les conférences de Kalding, semblaient n'observer la trêve consentie par Marguerite, Tannée précédente, qud pour donner plus de force à leur parti et fementei^ dfits troubles dans les trois' royaumes. Les négociations^ ne potuvaieilt aitienei^ un résultât pacifique, parce que des deux cdtés * on ^tait également décidé à soutenir te point de la question, qui était le ncsud des difficultés ^ Le roi, las de toutes ces lenteurs, reiadt le ^gement de cette affîdre à son sénat. Les cbm|:es dédinèi^t la cmnpétdtice d'un corps politique qui était à la fois juge et partie, et le diftiieelier-iiv4(^ de Aosdhild déclara, eu nom du iénat, la duoheiseÉiitabetli et ses fils déchus de tous ks droits iqtfHls pouvaient avcjr sur le SleSWig, qui ferait retout* à k Couronne de Danemark. La dudtossç et s€ls par^ts étaieiit condamnés à iiidemnlser le totdéé pertes et des sacrifices que lui avait oMislonnés cette guérite: Les comtes, après avoir iniiâlement èMayé >dè flé^ir Brie, i^&ôlui^nt de recourir aux a'HSitëi^, ^p6nt éoûtenii* leurs prétentions.

M BâroLirn<M«s

L'empereur Sî^imoiid, oousm da im, coofirma la sentence dont noas venons de parler, et pbmeors villes hanscatiques em]|)iassèrent la cause du Danemark. Les comtes avaient alors à se défep^re contre les ducs de Brunswick et de Mecklenbourg, et leur perte semblait assurée. Toutefois ik désarmèrent par des concessions Feniiemi le moins dangereux, et s'assurèrent Tappui de Balthasar^ |«noe

vandale, et l'alliance des Frisons. Eric se vit contraint de lever lésine de Gott<^; FiledeFemem et le château de Glanbeck tombèrent successivem^at au pouvoir de ses ennemis.

Au lieu de mieux comllhier ses attaques, le rcn mnhiplie ses moyens d'agression ; il lève une armée de cent mille hcMnmes appuyée par une flotte considérable. Ge prince obtient d'abord quelques succès, mais il écboue devant Gottorp et se retire précipitamment. Plusieurs années s'éoouknt en omoabats, en trêves et en n^odations qui, de la part d'Eric, ne sont pas mieux conduites que les bostilitès elles-mêmes ; les villes hanséatiques ne semblent se rapprocher du roi que pour lui inspirer une funeste sécurité, et paralyser ses moyens d'action. Enfin, désespérant d'en venir àses fins, et hu* mibé de ne pouvoir réduire un ennemi si faible, Éric s'adresse au pape et à rempereor.

' Sigismondy après qudquesi tentatives inutiles^cila les parties à Bude, et renditune sentence, en vertu dé laquelle le comte Henri était déclaré déchu de tous ses droits sur le Slesvdg et sur les domaines qui en dépendaient^ lesquels devaient être restitués au Danemark. Henri, quicomptait sur uneautre décision^ prit alors le parti de résister ouvertement. Au lieu de profiter des avantages que pouvait lui procurer la décision impériale, Éric choisit ce temps pour Caire un pèlerinage en Terre-Sainte. A son retour en Danemark, il trouva les choses dans le même état d'hostilité et de confusion où il les avait 'laissées avant son voyage en Hongrie : les villes hans^tiques venaient de passer dansée parti de Henri, m mépris de la cony^ition qu'elles avaient passée depuis peu avec le roi. A cette nouvelle , Eric abandonna le siège de Sleswig éfc de Gottorp, et retourna en toute hâte dans ses États. L'année suiyante(1427), la flotte de l'hanse vint bloquer Flensbourg , que le comte Henri attaquait en même temps du côté de la terre : ce fut le terme des exploits de ce jçune guerrier qui tomba en montant à l'assaut. Son frère Adolphe succéda à ses prétentions^ et prit le commandement de Tarmée. Les villes hanséatiques poussèrent la guerre avec vigueur, sans se laisser er par quelques dé&ites qu'essuyèrent

♦ r»nmr;

S2 KÉYO£UTIOHS

leurs flottes, et malgré les mjoncdoiu formelles de l'empereur. Leur plan était d'abaisser le Dane-* mark et de s'emparer de Copenhague. Les ateroisn semants de cette v^Ile, . si avantageusement située pour le commerce^ excitaieilt leurs ctaintes et leur jalousie. Le fort d'Elseneur, nouyellement ocmstruit, livrait aux Danois toutes les communications de la Baltique avec l'Océan ; et il n'était point douteux, lorsque la paix permettrait aux souverains de l'union de s'occuper de la prospérité de leurs Etats, qu'ils ouvrilraient enfin les yeux sur des avantages -m'èconnus ou négligés jusqu'à œ jour. Une QîreonstMioe donnait encore du poids à cette ap-^ préhension : ïlric exigeait un droit de passage de tous les vaisseaux qui entraient dans le Sund, et ce tribut^ qui impliquait une sorte de suzeraineté coniH mejtâale^ . ne pouvait qu'alarftiw les facteurs du Kord.

La flotte des villes se réunit au port de Wi»* mar, et cingla vers Copenhague. La reine Philippine était restée dans cette place qu'Eric avait jugé prudent d'abandonner. L'affection qu'on lui portait excita le courage des habitants ; ils se défendi* rent avec tant de vigueur, que la flotte de l'hanse fut obligée de se retirer. Le parti d'Adolphe se d^ dommagea de eel échec par le pillage de Laods*-

DES psnpijs sir robd. ss

crane et de Bergen : le Juthnd fut atiâi ûradie*« meut rayagé*

Tandis que le j^oi était en Suède pour y levev

des tTQÙpes et de nouveaux subsides , Philippine

résolut de transporter «la guerre sur lé territoirâ

même de ses ennemis ; elle équipa en toute dilit

gence une petite flotte qui vint surprendre Stral^t

sund. Cette entreprise eut pour résultat final la

destruction de la flottille danoise. Eric, à la nou^ velie de ce désastre, entra dana un emportement si violent, qu'il frappa la reine ; elle se retira au cou^vent de Wadstena où elle mourut peu de temps après. Ainsi fut rompu le dernier lien qui attachait encore le peuple à un prince dont le règne n'offrait c(^'un enchaînement de feutes et de calamités pu» Kliqttes«

Gependantles villes hanséatiques60uffi[*aient, noik moins que le lj)anemark, des contéquences de cette guerre. Depuis près d'un demi-sfècle la navigation avait &it des progrès importants, et déjà 'la Hollande et l'Angleterre, mettant à profit le», avantages de leur situation ^ographique, menaçaient la jprdh« périté de la ligue, dont les intérêts, tendaiait à se séparer. La prise de Flensbourg par le pq^ hols-^ teinoi», et le mécontentement qui couvait en Suède, portèrent le roi à profiter des éisp^^tions paci-

fiques de f ifSanse. On condut une trêve de emq années, pendant laquelle on poserait les bas^ d'une paix définitive. Les conditions n'en furent signées qu'en 4455, à Wordingborg. !l^es portaient que le comte Adolphe aurait la jouissance viagère de tout ce qu il possédait dans le Sleswig, et qu'après sa mort ses héritiers conserveraient pendanrdeux ans le privilège paternel ; mais que, ce terme expiré, les deux parties ressaisiraient de nouveau leurs andennes prétentions (t). Quant aux villes hanséatiques, elles rentraient dans tous leurs droits et privilèges commerciaux.

La Suède avait porté, sans compensation, le poids de cette guerre désastreuse. Les places les plus importantes du royaume avaient pour gouverneur des étrangers ; des contributions excessives étaieiit exigées en numéraire, et transportées en Danemark : l'altération des monnaies jetait le désordre dans les transactions, ces signes de la ridiesse publique ne représentant plus leur valeur conventionnelle. Les tings avaient cessé de s'assembler, et lar justice, privée d'appui ou désarmée devant des fonctionnaires puissants et avides, n'était plus ni un recours ni un frein. Enfin les ieuls juges dont les fonctions ne fussent point suspendues, étaient

(4) H^tfBUf M« 788.

DES FECVLES lOU NORD. »

ces mêmes étrangeradont la Ténalité excitait Tindigptiation universelle (1)« Parmi les Gomniandaiits des forteresses, se trouvaient des pirates oélèbres par leurs brigandages. Le cbapel^n du roi, tout archevêque qu'il était, pillait ccmxme les autres; Jôsse Ericsson, Jutlandais d'origine, gouverneur du Westmanland, faisait pendre les paysans et atteler des femmes enceintes à des voitures chargées de foin (2)..

Un peuple comme les Suédois ne pouvait supporter longtemps des vexations et des cruautés de cette nature. Quand le mécontentement devient gé^ nêral, il sufBt d'un homme de résolution pour rallier toutes les résistances : alors le dévouement dont il est l'objet est d'autant pkis grand, que le part} dont il se montre le chef répond plus tx)mplétement au sentiment national,, et que son élévation {Mrend le caractère d'une vengeance publique.

La DalécarUe fut le berceau de la lutte d'où sortit la délivrance de la Suède. Ëngelbreckt, proprién taire de mines, homme dont l'expérience égalait le courage, voyait avec indignation les souf&ances du peuple et l'impunité des fonctionnaires danois; il résolut d'y mettre un terme, et de réveiller la

(4) Hfitfeia. Mallet. Oder.

(3) 6tf«, diap. Y.

M BÉfOLUTK»»

fierté Dftlioiiale par use protMalion édatantè. li m ebargea de pcxler au rai Eric les iplaîntes des Dalé* carliem, et se rendit en Danemark, où îl demanda hautement justice des ac|es arbitraires et de l'ad-» mimstration tyrannicpie des goiivemeurs et des intendants.' Une' instruction eut lieu pour lafarme^ quoique les gtiék dont le gouvemeur était Tobjet de la Dalécarlie se trouvassent fondés. Engelbrec^t se présenta de nouveau devant Eric, et^ cette fois, û parla avec tant de véhémence^ que le monarque irrité lui défendit de reparaître dorénavant devant ses yeux. « Je reviendrai encore une fois, » telle fot la réponse du courageux Dalécarlien. Le dépitté était déwmius un chef de parti . À il tête de> paysans soulevés^ il marcha contre WesterAs, où commandait Jôsse Ericsson. Deux fois, la médiation du sénat désarma les insurgés ; mais la place du gouverneur ayant été donnée à un honune g^iéralo* ment détesté, toute la population dalécamienne se leva, les habitants du Westmanland suivirent cet exemple, et TUpland s'associa bientôt à ce'mou-* vément.

Toutes les forces de l'insurrection . s'étaient concentrées à Upsal« Là, au milieu d'une foule immense, Engelbreckt harangua la multitude. « Sa voix était si éclatante* oue le discours du libàvtteur

fdt entendu de toute Tacmée. li demanda si on voulait l'aider à délivrer la patrie, et le peuple répondit en le bénissant qu'il était prêt à le suivie. » n commença par réduire les impôts d'un tiers^ du consentement de k noblesse cfai, de gré ou par crainte^ avait pris {iàrti pour Engelbreckt.

Le» paysans du Norrland et de l'Ostro^Bothnie prirent les armes sous le commandement d'Eric Puke. Ceux de la Sudermanie chassèrent le gousî vemeur de Gripsholm, qui prit la fuite après avcdr mis lé feu au château. Stockholm^ où commandait Krôpelin, obtint un anliistice ; les historiens sué* dois prétendent que la réputation d'équité que s'était âôte cet étranger détermina le parti d'Ën*gelbreckt à cette mesure. Mais la prudence exig^it peut-être de ne point attaquer, avec ' une armée formée à la hâte, une place si forte et qui renfermait un assez grand nombre de troupes agdenriesi. Les villes de Nikôping et d'Orebro s'engagèrent à ouvrir Jeufs portes si elles n'obtenaient aucun se^. cours tvant trois semaine!. Le sénat était contraire à cette révolution, sciit qu'il en prévit les conséquences, soit qu'il craignit que les Sâccès d'Engelbreckt ne diminuassent ses pipiviléges ; cependant il dut fléchir devant l'autorité de ce dernier. Tout ce qui appartenait au toi fut livyé au pillage, mais ieé

propriétés particulières furent respectées. En peu de temps, la plupart des forteresses étaient au pou-' voir du peuple, et le Halland n'appartenait plus aux Danois.

L'année suivante (ItôS), la diète d'Ârboga déclara à l'unanfanité Engelbreckt régent du royaume. Cette élévation subite excita la jalousie de la noblesse ; dès ce moment, elle se rapprocha du roi, et travailla à une réconcibation dont les termes étaient babilement calculés pour conserver l'autorité supérieure à Eric en faisant dispa* raitre une partie des abus qui avaient causé la révolution, a Le^ fonctions de drost et de marsk devaient être rétabbes, les impdts votés par le sénat, les pays pourvus déjuges, les forteresses que le peuple avait épar^ées, restituées au roi à l'exception de Stockholm, Mikôping et Calmar, dont le commandement était remis accluû vement à des Suédois . Orebro devait être confié à Engelbreckt^ et le Halland faire retour au Danemark Christer - Nilsson (Wasa) fut promu à la dignité de draet, et Charles ILnutsson Bonde, l'un des plus riches propriétaires fonciers du pays à celles de marsk. Au beu des instructions que ce dernier demandait au roi^ il n'en reçut que cette réponse : « N'étendez pas yo6 pieds au-delà de la couverture, m

Éric répondit, au sénat qui lui faisait des remontrances qu'il n'était pas disposé à dire Amen à toutes leurs observations. Yjx se retirant, ce prince pilla lui-même les côtes de la Suède : alors les nouveaux gouverneurs ne gardèrent plus aucune mesure. l]ne conduite si imprudente portisi ses fruits. Engelbreckt et Bonde s'emparèrent de Stockholm, doîjt le château seul resta au pouvoir des Danois. Il s'agissait d'élire un régent ; le patriotisme dut le céder à l'influence des richesses : Bonde

réunit la plus grande partie des -suffrages ; cependapt la clameur publique força celui^i à assor cier Engelbreckt à sa i^uvelle puissance, mais il l'éloigna autant qu'il le put du siège de l'administration, en lui confiant la conduite de la guerre. En %Ffet , Engelbrecktreprit le Halland, mais bientôt, affaibli par lamaladie, il reprit le chemin d'Orebro.. (< Dans le voisinage de cette ville résidait Benoit Stensson, de la £amille de Natt. ott Dag, dévoui^ au parti d'Éric. Cet homme feignit de vouloir se réconcilier ^vec Engelbreckt qui le reçut aveçbieii*- ^ v^ance. Trop faible pour suppor|;er la fatigue di| cheval, Engelbreckt suivit .son conseil , et ti!avers4 sur une barque le lac Hjelmaren pour se rendre à Stockholm, où il était appelé par le sénat; il se laissa m^t^eureusément prendre à ce piège.

propriétés particulières farënt respectées. En peu de temps, k plupart des forteresses étaient au pou^ Yoir du peuple, et le Halland n'appartenait plus aux Danois.

L'année suivante (4435), la diète d'Ârboga déclara à l'unanimité Engelbreckt régent du royaume. Cette élévation subite excita la jalousie de la noblesse ': dès ce moment, elle se rapprocha du roi, et travailla à une réconciliation dont les termes étaient babilement calculés pour conserver l'autorité supérieure à Eric en faisant dispa* raitre une partie des abus qui avaient causé la révolution. & Le$ fonctions de drost et de matsk devaient être rétablies, les impôts votés par le sénat, les pays pourvus déjuges, les forteresses que le peuple avait épargnées, restituées au roi à l'exception de Stockbolm, Nikôping et Calmar, dont le commandement était ratnis olcIum vement à des Suédois . Orebro devait être confié à Engelbreckt^ et le Halland fadre retour au Danemark Christer - Nilsson (Wasa) fot promu à la dignité de drost, et Charles Knutsson Bonde, l'un des plus riches propriétaires fonciers du pays à celles de marsk. Au heu des instructions que ce dernier demandait au roi, iln'en reçut que cette réponse : « N'étendez pas vos pieds au-delà de la couverture, n

. DES PBOPLBS DD «OBD. tt

Éric répondit ^u sénat qjoi lui faisait des remontrances qu'il n'était pas disposé à dire Amen à toutes leurs observations. 'En sq retirant, ce prince pilla lui-même les côtes de la Suède : alors les nouveaux gouverneurs ne gardèrent plus aucune mesure. l]ne conduite si imprudente porta, ses fruits. Engelbreckt et Bonde s'emparèrent de Stockholm, do^t le château seul resta au poiivoir des Danois. Il s'agissait d'élire un régent ; le patriotisme dut le céder à l'infli^ence des richesses : Bonde réunit la plus grande partie des suffrages ; cependapt la clameur publique força cetlui-ci à associer Engelbreckt à sa i^uvdle puissance, mais il l'éloigna autant qi|'îl le put du siège de l'administration, en lui confiant la conduite de la guerre» En%F£et, Engjelbrecktr éprit le Halland, mais bientôt affaibli par lamaladie, il reprit le chemin d'Or^ro.. a Dans le vcHsinage de cette ville résidait Benott Stensson^ de la famille de Natt. ou Dag^ dévoué au parti d'Éric. .Cet homme feignit de vouloir se réconcilier ^vec Engelbreckt qui le reçut avec bien- , veillance. Trop faible pour supporter la fatigue du cheval, Engelbreckt suivit son ç(]^seil , et traversai sur une barque le lac Hjelmaren pour se rendre à Stockholm, où il était appelé par le sénat; il se laissa malheureusement prendre à ce piège.

U EÉVOLlîTIOIfS

Dietuc barques transportèrent Engelbr6ckt,8a femme et quelques serviteurs ; ils passèrent, à la'nuit tombante,prè8deG6ksholm,chàteau de Benoît Stensson, et abordèrent à une petite lie qui n'en était pas éloigné (4). Engelbreckt résolut d'y passer la nuit et fit allumer du feu pour se garantir du froid, qui était encore assez intense (on était à la fin ^'avril). Cependant une autre barque s'approchait de l'île, et Engelbreckt, croyant qu'elle lui apportait un message de Gôksholm, se sentait déjà reconnaissant de cette courtoisie. Appuyé sur s^ béquille, il alla d'un pas chancelant à la rencontre des nouveaux venus, et leur indiqua im bon^ieu de relâche. Mans fiengtsaon, le fils de celui qu'il considérait comme son aini, sautant hêrs de la barque, demanda avéd colère s'il n'y avait plus dans le royaume de lieu eu Ton Mt en sûrcfté contre.Èûgelbreckt. Sur la réponse de celui-ci, qu'il ne soupçonnait pas qu'ils fussent ennemis, Mans Bengtsson lui lança sa hache à la tête. Le malade, avec^sa béquille, para le coup en détournant l'arme qui Fattèlgnit à la main. De nouteaux coups portés à Engelbreckt, à la tête et au cou, fétendiretrt sans vie suif. le sol. LVssassîn lui écrasa

(4) Elle est epoora appelée Ënçf^lkrecktholinen. Tilot ^^Enj^lbreekt.

^ (Geter.)

sable (i). Le prince prit alors une résolution extrême^ et dont on a peine à s'expliquer la bizarrerie : il disparut subitement y abandonnant ce sceptre dont on ne lui avait pas peimis de disposer. Ce ne fut pas sans peine que plusieurs sénateurs parvin* rent à le rappeler en Danemark. Loin d'abandonner ses vues sur Bogislàs, et dans le but de le £edre reconnaître roi par les Suédois, il s'était ménagé des intelligences dans Stockholm, quelque temps avant que le parti d'Engelbreckt eût établi son autorité dans cette ville.

Éric avait espéré balancer l'autorité de Knutsson par celle d'Engelbreckt : après le meurtre de ce der« nier, les partisans du Danemark, et ceux auxquels la puissance de l'administrateur portait omb^ge, résolurent de fftire revivre le pacte d'union ; une dièste formée des députés des trois royaumes, et de ceux des villes banséatiques, se réunit à Calmar , où le traité de 1397 fut renouvelé avec quelques mo-. difications^ Eric sembla n'accéder aux vœux de l'assemblée que pour se ménager la satisfieietion de se dépouiller lui-même de sa triple couronne; il se retira dans l'tle de Gothland. La flotte qui le conduisait fut dispersée par la tempête, le vaisseau du roi se brisa sur un récif, et le bruit de la mort

(i)Hfitr«id. '

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