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54 révc»luti6ns
96 répandit vaguement en Suède. Cependant Bric était parvenu à jgagner le rivage ; mais les glaces dont la mer étaient couvertes empêchant toute communication^ le sort du prince resta longtemps ignoré dans les trois royaumes.
Knutsson n'était pas hoihme à laisser échap^ per une circonstance aussi favorable : il parvint à se
&ire livrer les places fortes que le roi s'était engagé à restituer par une des clauses de la dernière convention. Bientôt, résolu de conserver à tout prix l'autorité, il ne garda plus aucun ménagement avec ses rivaux ; et lorsqu'on apprit qu'Eric avait survécu à son naufrage, les sénateurs tentèrent vainement de le rappeler en Suède.
Les Danois se lassaient d^à d'obéir à un prince aussi impérieux dans ses volontés, qu'incapable de faire réussir ses desseins avec suite et prudence. Les députés du Danemark s^ouvrirent à ceux de la Suède, el leur firent part de l'intention où ils étaient d'appeler au trône Ghristophede Bavière . La noblesse suédmse craignait de prendre une détermination prématurée qui aurait pu entraîner la rupture de Pnnion, et assurer la couronne à l'administrateur; lesd^mtés^ de retour en Suède, disposèrent donc lé sénat à se contenter de la promesse que leur avait feite Eric de se rendre à Cahnar l'année suivuntp.
On eàt dit que le roi prenuit à tâché de s'attirer lA haine de ses sujets par des mesures heurtées et impolitiques : il aliéna la principauté de Rugen en &yeur des ducs de Poméranie, et s'obstina à deman« der aux états de reconnaître fiogislas pour son suc* Gesseur. Un nouveau refus ne changea rien à une détermination si étrange ; il remit à Bogislas toutes les places fortes quë ses partisans occupaient encore, et passa dans File de Gothland avec Cécile, «l maîtresse, après avoir emporté ses trésors et les joyaux de la couronne, ainsi que la plus grande partie des chartes déposées dans les archives.
Des révoltes sérieuses ne tardèrent pas à édater dans le nord du Jutland : les paysans se soulevaient de tous cdtes contre le clergé et la noblesse; pour échapper à cette persécution, les seigneurs recoururent à la protection du comte de Holstein duquel relevait le duché de Sleswig.
En 1458, Christophe de Bavière, sur l'invitation du sénat danois, s'ëtait rendu en Danemark; les promesses qu'il avait ftiites aux paysans pour se rendre populaire, avaient contribué à exciter le» troubles dont nous venons de parler. Dès que ce |Mnnce fut nommé régent du Danemark^ il entra en négociations avec le sénat de Suède toujours partagé entre le désir de maintenir ïwàtm et
ks influences de parfis. L'aimée suivante, le plénipotentiaires des deux pays se réunirent a Jônkôping, et s'y décidèrent pour le maintien de l'union : les ecclésiastiques se prononcèrent ouvertement pour Christophe. Â la diète d'Ârboga on convint de ne plus élever de roi étranger sur le trône de Suède ; mais contrairement à cette détermination , Christophe fut proclamé quelque temps après , lorsque Charles Kjiutsson eut obtenu du nouveau prince tous les dédommagements auxquels il se croyait en droit de prétendre : on lui concéda la Finlande à titre de fief, et d'autres domaines considérables conune garantie des avances qu'il avait faites durant son administration. Il stipula en outre qu'aucun des actes de sa régence ne pourrait engager sa responsabilité. On assure que Charles ne renonça à ses prétentions que pour arriver un jour plus sûrement à ses fins. Le bruit s'était répandu qu'une rehgieuse lui avait prédit qu'il porterait un jour la couroime. Sa taille majestueuse et la noblesse de ses traits donnaient du crédit à cette prédiction, et lorsqu'il entra dans la capitale à côté de Christophe, la foule répétait en se pressant autour d'eux : « Le marsk est plus digne de régner (4 ). »
(1) duwttiqoe rimée.
DES PEUPLES mj NORD. Wl
La Norvège était restée fidèle à Éric, sans doute parce qu'elle eut moins à souffirir de la bizarrerie de ce prince ; elle s'arma même pour le défendre, mais, en >I443, Christophe fut aussi élu et couronné en Norvège.
Lies évéques contribuèrent puissamment à ce résultat, et le prince leur en témoigna sa gratitude par des faveurs tellement signalées, que le clergé adhéra, après un siècle de résistance, à Tadoption de la loi générale du pays. En visitant le .couvent de Wadstena, le roi se fit admettre parmi les religieux de cet ordré^ cérémonie qui contrastait avec la licence de ses mœurs et la légèreté de son caractère.
Cependant Charles Knutsson avait été trop près du trône pour conserver au second rang les avantages que lui avait ménagés sa inodération apparente. Christer Nilsson réclama^ et obtint que Charles lui restituerait une' partie de la Finlande : enfin, de ses immenses possessions, Knutsson ne conserva que le fief deWibôrg. Ce fut là qu'il se retira lorsqu'il vit la régence de Suède confiée à des seigneurs dont la plupart étaient ses ennemis. Les commandements et les hautes charges se trouvèrent bientôt entre les mains des chefs de l'aristocratie du pays. Mais Christophe, soit plan arrêté, soit
U BÉVOLUnONS
besoin d'argent, vendait les places au plot offrant de sorte que la jalousie et l'ambition isolaient le\ intérêts de la noblesse dont les vexations mécontentaient le peufde et les paysans.
La disette^ qui affligea le pays à la même époque, vint aggraver les fiiutes d'une pareille administration; le peuple se vit réduit à se nourrit d'écorces, et imposa au roi le surnom du Barkekonmg(^).
Aucune entreprise considérable ne signala ce règne; en 4447, on fit cependant des préparatifs considérables^ dans le but de soumettre Lubeck au Danemark ; mais le plan mal concerté échoua, et le roi, Tannée suivante, mourut à Helsingborg des suites d'un abcès, selon les uns, empoisonné, selon quelques autres. Ce prince, qui ne laissa point d'héritier, était le dernier représentant de la postérité de Waldemar DI.
Ciharles Knutsson ne se présenta à Stockholm que quelques mois après cet événement ; il entra dans cette ville, où une diète extraordinaire avait été convoquée, avec une escorte dont la force donnait, pour ainsi dire, la mesure de ses intentions. Le château était occupé par Benoit et Nils Qxienstierna :
H)Rfta'émce.
DBS PHUeLBS BU NORD. S»
le &» du premier aYait été aj^elè au riége ardiié» piscopal , et comme son père et son oncle j il était eatiàrement opposé au parti de Charles. La filmiUe d'Oxienstierna aspirait pi*obablement i la royauté ) mais craignant l'influence de Charles, elle s'effor<çait de faire revivre l'union de Calmar. Après une lutte qui fut sur le point de devenir sanglante^ <m convint d'élire un roi : presque tous les suffrages se réunirent en faveur de Charles, qui fut sacré à Upsal malgré l'opposition du clergé. Les Suédoia se croyaient autorisés à cette infraction au pacte de l'union par la conduite des Danois qui avaient au Christophe sans attendre le consentement des états de Suède et de Norvège. Prévoyant l'élection prochaine de Oiarles, le sénat de Danemark ^ qui était peu disposé à reconnaître rautorité dfeCbarleSt s'empressa de disposer de la couronaie : die fut ofiFerte d'abord au duc Adolphe de Sleswig-Holstein ; mais^ par une modération bien rare^ ee prinœ refusa le sceptre « s'excuguït sur les infirmité» de son âge. Cependant il proposa aUx Danois d'élire en sa place son neveu Cbristiern d'Oldenbourg^ qm après lui était le plus proche desomdant des rois de Danemark.
Le sémt^ deptaia f union de Calmar, exerçait seul les droits des autres ordres du roYanmè ; il Ê
JIO RÉVOLUTIONS
posa à Ghristiem la Gapitvilatioii suivante avant d le couronner :
^ ^ Le royaume de Danemark continuera à étr un royaume libre et électif ;
2® Si le roi ne laisse point d'enfonts, ses héritier n'auront rien à revendiquer dans le royaume, soi meubles, soit inmieubles ;
3"* n ne sera permis d'appeler dans le royaum aucun prince ou seigneur étranger, sans 1 consentement de la majorité des sénateurs, d lui assigner aucun revenu , de lui donner d< terres dans le royaume ni de l'admettre dans 1 sénat;
4^ Le roi ne pourra foire la guerre, ni * forme aucune autre entreprise importante, ni donner 1 commandement d'aucune forteresse, qu'avec 1 consentement du sénat ;
5"" n ne distraira ni ne fora sortir du royaum aucun des joyaux, effots précieux, titres ou docu ments appartenant à la couronne ;
6^ H n'hypothéquera et n'aliénera aucune teri ou forteresse dépendant du royaume, et si la m cessité l'y oblige (ce qu'à Dieu ne plaise), il ne 1 fera que du consentement du sénat ;
7^ Il se conformera à l'avis du sénat, en ce qi concerne la manière dont il doit tenir sa cour;
8» n n'établira aucun impôt sans le consentement du sénat;
9* Aucun étranger ne pourra être pris pour tuteur dam le royaume, à moins que la loi ne le nomme; •
iO* Tous ceux qui, à la mort du feu roi, étaient en possession de quelque fief, rente, privilège, etc., en. vertu de donation ou collation, en conserveront la jouissance, mais les lettres d'expectative et de survivance accordées par le roi défunt seront nulles et de nul effet (1).
Le duc Adolphe se porta garant de cette capitulation dont quelques articles restreignaient d'une manière remarquable les droits de la couronne, mais d'où il résultait évidemment que le droit des états de se choisir un chef parmi les descendants des anciens princes commençait à être interprété oomme le privilège exclusif du sénat.
La Norvège, dans l'espoir que le roi lui accorderait des conditions non moins favorables que celles qu'il avait acceptées, du sénat, suivit l'exemple du Danemark, et reconnut ce prince comme roi de Tunion, sans «'arrêter à ce que son élection dans ce sens présentait d'irrégulier, et malgré la promesse
(I) Hfillfdd. Mdlet, litre Vl.
42 RÉYOLUTIONS
&ite par qodques seigneiurs d'upfrayttr Charles Knut88on, qui avait été proclamé roi et eouroimé à Drontheim par un parti.
Christiern prit l'engagement formel de ne porter aucune atteinte aux privilèges des Norvégiens, de oi'établir aucun étranger dans le royaume sans le consentement du sénat, de conserver le territoire intact et de ne prendra aucune mesure importante et générale que de l'aveu des états. Il conservait en outre à la Norvège le droit de libre âection dans le cas où il mourrait sans postérité.
Les obstacles que présentait l'état de la Suède étaient bien plus difficiles à surmonter, et Charles Knutsscm ne négligeait rien pour affermir sur sa tète la couronne qui venait enfin^e lui être déférée, n débuta par une expédition contre l'ik de Gothland et le vieux roi Éric. Xlagnus Gren, ancien ennemi du roi et dont le dévouement récent lui était suspect, fut chargé de cette entreprise. Charles, par un tel choix, compromettait le succès de l'expédition. En effet, Eric, qiie Magnas Gren ménageait, eut le temps de livrer le château apx Danois com* mandés par Gbristiem, et l'ile de Gothland fut perdue pour la Suède.
Les intrigues de. Charles pour ravir à son rival la couronne de Norvège n'eurent qu'un résultat
DES PEOPIiBS m NORD. 4S
éphémère. Ghristiem^ eQ épouflBnt Dorodiéé de Brandebourg, veuve du?oi Christophe, venait de consolider sa puissance en Danemark. L'année suivante, 4450, s'ouvrit la conférence de Halmstadt, où devaient se régler lea int^ts des trois royaumes. Les députés de Charles, ipQgaés par Chrisliem, conclurent un tréité lequel portait en substance que lorsque le trône de Danemark ou cdlui de Suède viendrait à vaquer, douze sénateurs de chaque royaume s'assembleraieiit aussitôt à Halmstadt pour délibérer de çon^rt sur l'élection du roi survivant; que celui des deux rois Chrlstiern et Charles qui survivrait à l'autre lui succéderait , si la diète d'élection ne s'y opposait pas; que si l'on ne pouvait s'accorda sur ce points celle des deux nations restée sans monarque, se choisirait un administra* teur dont le pouvoir cesserait à la mort de l'autre roi ; qu'alors on élirait un seul souverain pour les deux royaumes : si ces princes ne laissaient point de fils, on choisirait un sujet né dans l'un ou l'autre royaume, et non un étranger ; de telle sorte que le Danemark et la Suède resteraient unis sous un seul chef, et ne pourraient jamais être séparés; qu'ils s'assisteraient réciproquement, mettant leurs intérêts en commun , mais qu'ils ^xxBScrvéraient ksan lois et leurs libertés partidulières.
U BËYOLUTIONS
On stipulait en outre, après quelques article conformes à ceux déjà rapportés dans les deu traités d'union, qu'il y aurait à l'avenir alliance < paix entre les deux rois, et' que si le sénat deNoi vége voulait entrer dans cette alliance , il participe rait aux mêmes avantages. Quant aux prétentioi que Charles pouvait avoir sur la Norvège, il deva les résigner en faveur de Christiern, et les déput< s'engageaient à livrer au roi de Danemark un aci en forme de cette renonciation. Les contestations a sujet de File de Gothland devaient être l'objet d'un conférence prochaine.
Charles, moins surpris que mécontent de l'issu de ces négociations, en appela au pape.
Au commencement de l'année 1452» les hostili tés commencèrent de part et d'autre avec plus d suite et de vigueur : déjà Christiern avait £a: attaquer le Wermland et TOstrogothie ; Chai les, à la tête d'une armée nombreuse, ravage la Scanie sans toutefois s'emparer d'une seul place forte. Le Halland et le Bleking étaiei menacés du même sort, lorsque Christiern enti dans la Westrogothie : .Charles se porta à i rencontre, mais il retourna brusquement sur si pas à la nouvelle qu'une flotte danoise avait atu que Stockholm. H n'y eut point d'aigagemen
maritime sérieux, parce que les chefs des flottes suédoises étaient Danois d'origine. Charles, en se retirant, avait envoyé contre Christiern un corps de troupes sous les ordres deThord-Garlsson Bonde ; ce général arrêta les progrès de l'ennemi, qui, après avoir essuyé un échec dans la forêt de Holweden,se vit forcé d'évacuer la Westrogothie. Charles fut moins heureux en Norvège : on reprit donc les négociations moins selon toute apparence dans le désir de conclure une paix solide que par lassitude et par épuisement, 4455. Pendant la trêve qui fut conclue à Wadstena, Christiern obtint du sénat l'autorisation de réunir aux domaines de la couronne toutes les terres qui avaient été engagées au-dessous de leur valeur réelle. Cette mesure entraîna des restitutions, non sans exciter parmi la noblesse de graves mècontentrements. Cependant la Suède aspirait à sortir de l'état de crise où la retenait une lutte si longtemps prolongée; le clergé penchait toujours pour l'union; la noblesse, blessée de la hauteur de Charles, qui réservait toutes les faveurs pour un petit nombre de fioLVOris, n'était pas éloignée de se jeter dans les bras de Christiern ; et les paysans, accablés d'impôts , désiraient le repos à tout prix. Thord Bonde, que le roi avait nommé maréchal du royaume, neutralisait, à force d'habileté et de courage,
46 RÉVOLtJTIOTÎS
les éléments de résistance que rencontrait le gou^ vemement.
Vers ce temps, 1454, la nouvelle de la prise de Constantinople vint jeter l'alarme dans toute la chrétienté; le pape s'adressa à Christiem et à Qiar* les^ dans le but d'obtenir du secours contre lesenne* mis delà foi, mais l'enthousiasme qui avait produit les croisades n'existait plus : les deux monarques du Nord étaient trop occupés de leurs propres affaires pour s'engager dans une guerre lointaine* Cependant Christiern et le clergé de Suède avaieBTt mis à profit les négociations entamées avec le saint siège : Calixte III enjoignit à Charles, sous pein^ d'excommunication, de restituer au roi de Dane;* mark le douaire de Dorothée qui formait deut provinces entières, la Néricie et le Wermland. A l'instant même où Charles recevait la buUe 4ll pape, il perdait Thord Bonde, ce fidèle appui de sa couronne, qui périt victime d'un lâche a^ sassinat.
Christiern entra en Suède avec une armée, 4456| et sa marche fut une suite de triomphes. L'archet yèque d'Upsc^, encouragé par les succès des DanoM» jeta le masque, et se déclara hautement contre Knutsson.
y ^^f)acifS^K pinumt 9itre da^
dépose en préaen» du dhapitre tsiemblé sft crottte et 8a mitre devant saint Éric, et jure de ne point déposer le glaive, ayant d'avoir délivré le royaume d'une tyrannie odieuse (4).
Charles revint en toute hâte, mais il se laissa surprendre à Strengnâs, où le corps d'armée qu'il commandait fiit mis en déroute. Blessé dans l'action^ le roi s'enfuit à Stockholm ; la fidélité des ha-^ bitants lui était suspecte ; il s'embarqua secrètement sur un vaisseau avec toutes ses richesses, et se réfugia i Dantzick, où il attendit sept années l'occasion, que devait lai présenter la fortune, de ressaisir encore une fois la couronne (2).
Les vues de Ghristiern sur la Suède n'empêchaient pas ce prince d'entretenir des relations avec les souverains étrangers : en 1556 fiit conclu le premier traité d'alliance entre la France et le Danemark. Il fut négocié par l'entremise de Pi^déric, comte palatin du Rhin, et signé à Cologne par les plénipotentiaires des deux monarques. Ce rapprochement eut sans doute lieu en vue de l'Angleterre, avec laquelle Ghristiern avait eu quelques démêlés touchant des intérêts de commerce. Quant à Charles YII, il était de sa poUtique de susciter partout des
(4) Chronique nmée..
(i)01«iifP^,
ennemis à une puissance qui avait mis la France à deux doigts de sa ruine.
Ghristiern s'engageait à £aire passer à Char^ les YII un secours en hommes et en vaisseaux, sous la condition que les avantages auxquels le Danemark aurait contribué seraient partagés entre les deux couronnes : de son côté, Charles promettait à son allié de l'aider contre la Suède étales villes hanséatiques. Le roi de France ne négligea rien plus tard pour aplanir les difficultés qui s'étaient élevées entre les cours d'Edimbourg et de Copenhague, à l'occasion de la redevance annuelle que les rois d'Ecosse s'étaient engagés à payer à ceux de Norvège, dont relevaient autrefois quelques iles voisines.
Cependant Stockholm, qui tenait encore pour Charles, ouvrit bientôt ses portes à l'archevéque^ d'Upsal : les seigneurs qui avaient quitté la Suède s'empressèrent d'y rentrer, et la réaction en faveur: de Christiern fut si rapide, que lorsque la flotte de ce prince arriva devant Stockholm, les Danois se plaignirent ironiquement qu'on ne leur eût rien laissé à fiatire. Le couronnement fut célébré à Upsal où des tournois. et des fêtes ajoutèrent à l'édat de cette solennité. Le premier soin de Christiern fut de confirmer les privilèges du clergé qui l'avait
DES PEUPIAS D0 SIORD. M
oonstamment soutenu au milieu de tant de vicissitudes ; le pape approuva par une bulle la déposition de Kjautsson^ et le sénat de Suède fit citer le prince exilé pour rendre compte de sa conduite. Charles, n'ayant pas. comparu, se vit juridiquement eon* damné à la perte de tous ses biens, que Ton adjugea au roi et à la couronna de Suèd^. .
Vinterruption du commerce et les sacrifices sans nombre dont les guerres précédentes avaient acca-^ blé le pays forcèrent bientôt Ghristiern à recourir à de nouvelles mesures fiscales. H fit en Suède ce qui lui avait réussi en Danemark: les domaines dépendants de la couronne et engagés à vil prix, furent soumis à u^e expertise,-* et les tenanciers obligés d'en rendre compte, sur les bases de leur valeur réelle. Toutefois la justice qui présidait à cette ré* partition atténua ce qu'elle pouvait avoir de sévère; et tous les ordres de l'Etat parurent accepter sans arrive-pensée les charges comme les avantages de l'union. Bientôt les trois royaumes reconnurent le prinoe Jean comme successeur de son père Ghristiern à la couronnede Suède.
Du fond de sa retraite, Charles Knutsson suivait d'un œil attentif la marche des événements ; il comptait sur ks rivalités'de la noblesse, et sur la du peuple pour tout souverain étranger^ et
ui.
m lÉVDLtl7fDM8
Bfi 86 boMiâflit pt« à attendre dt» «irocMMlanoes TOPables^ il dierchait les moyeng d^en feire naft;
Gatin^r IV, roi de Pologne, ne pouvait voir si inquiétude la réunion définitive, 80U8 un mé: 6oe{Hre) de toutes les forces du Nord; des motife pj ticuliers l'animaient en outre contre Cbristiern. I Prussiens, las du joug des chevaliers teutoniques de Li^Quie s'aient mis sous la protectioii de Casini d'un autre oôté, les deui^ ordres avaient recourt celle de Gbristiem, et s'étaient engagés à lui céd FEsthonie lorsqu'il aurait détrôné Ciiarles. Ma la lutte entre le Danemark et la Suède une fit terminée, l'exéciition de ce traité fut différée so différents prétextes, etChrittiem renonça à ses pr tentions moyennant quelques dédommagemem Charles Knutsson n'obtint toutefois de Casim que des promesses; et quoique le Danemark* e déclaré la guerre à la Pologne, la trêve qui sui^ les premières hostilités fut changée en un trai de paix en 4 456.
Là mort du due Adolphe, arrivée an 1 469, était i événement qui touchait de {dus près aux intérc du Danemai*k. La suecession du doc se composa du Holstein et du Sleswig.
Othon^ comte deScha:uenlKnirg,sepc»tBit poi héritier, comme le descendant le plus direct à
DES msnM OirilORD. U
jpflmie» 4e %à Mfiifldfi ^fooiie : (^ristiani) d<Mit W tkres ne s- ftppayaknt que sur la deseendance fémi* nine, méaagea cette ai^ire délicate avec tant d'iia* bileté qœ les ;état$ de Holstein et de SIeswig , réunis à Rendsbourg, se prononcèrent «i sa faveur. n aima ixiieuxTOCOnnaitre eux états du Sleswig, qui était un fief m^myant 4u ûaneinark^ le droit d'élire le souverain, que -de <sp«rir }es ditnees d'une guerre ^e succession ; et les prii;4légei qu'il accorda aux deux duchés {arent tels , qu'il les mettait pour 9iim <iire âans i'âttpossibilité de soidiaiter un (iisttkg^meot. Tant de modération lui eoncilia tous im mffî^&ges : il cowoana cette trans-* action impoitâttt^ên -dédommageant lî})éralement le ocmiie deiâdbwattBbourg, et eu aeo^rdant au oomie d'OUimboui^ quelques fie£i et quarante mille floii».'
- Tandis que l'autorité du roi ' s'afitermissait en Danenomit, elle oonunençait à dbanceler en Suède r quelques eacacuons commises sur les partisans dé (^âriek KjlutwDn Téveilièiient la sympathie du paiple pour leroi exilé. Nils Ryting, chanceli^de F^i^iroi, eiquelqoes autres seigneuris, feussement aecu«és*par rârchevéque d'Upsal de correspondre 8vec DaBtzkk, forent mis à la question jeii£n^ les imp^ que les dei^nières ^concussions «u èomÀQ de
51 BÉYOLunons
Schauenboiu|[ reudaieat indispensables, excitaic des miirmnres parmi le peuple* La conduite TarcheTéque, qui, jusque-4ày avait joui de toute confiance du roi, lui parut suspecte ; il crut pr dent de s'assurer de la personne du prélat : ] paysans de l'Upland prirent les armes, et furent si le point de s'emparer de Stockholm. Le clergé, h bitué à des mâtiagements de là part des rois < l'union, se regarda comme menacé dans la pe sonne de l'archevêque, et le pape enjoignit ai évéques d'excommunier Obristiàm *s'il tardait pli longtemps à mettre son prisonnier en liberté; roi ne voulut point fléchir. Kettil JKJarlssoii, de j femille de Yasa, évéque de Linkôpîng et neveu d l'archevêque, après ayoir vainement sollicité ] liberté de son oncle, lanbrassa ouvertement le par de la révolte, et ne céda qu'à la force, après avoi semé partout des germes de résistance et de me contentement. Cfaristiem nésolut de poursuivr Kettiljasquedans la Dalécarlie; il rencontra himià l'armée rebelle, qui feignit une retraite et Tattior dans une forêt où elle reprit l'o^nsive et taiU les Danois en pièces. Le roi fut obligé de s'enfui de Stockholm où il s'était réfugié. « Alors ôefut ui cri unanime parmi les paysans en faiveur da ro Gharles ; la Suède, disai^it-ils^ est un rc^aume» ei
non une iprovince ou une paroisse. Les sénateurs cédèrent, et Charles fut invité à revenir ; mais ce fut pour être expulsé six mois après par l'archevêque, qui avait été rendu à la liberté et auqud s'était joint son neveu Kettil » (1).
Pendant que Charles séjournait au château de Wiboi-g, en Finlande, l'archevêque d'Upsal^ l'évêque Kettil, et, peu de temps après ce dèçniér, Axelsson, occfupaient tour à tour la régence. La noblesse, lasse du joug que lui imposait le clergé, était parvenue à feire élire Âxelsson comme administrateur. Le primat, voyant que le pouvoir lui échappait, se rapprocha de nouveau de Christiern, aimant mieux obéir à un roi de l'union que de reconnaître l'autorité d'un de ses égaux. Le roi ne se hâta point de répondre à ses avances : il jugea prudent de laisser aux Suédois le temps de comparer l'état où ils se trouvaient depuis leur séparation avec celui où les avait placés le traité de Calmar. Cependant la conférence de Jônkôping resta sans résultat. Ivar Âxelsson épousa la fille de Charles, et combattit de tout son pouvoir le parti danois. Toutes ces intrigues, tantôt menées sourdement, tantôt appuyées par les armes, durèrent jusqu'à ce
(i) Geler.
S4 RÉT0LUTI0N8
queSture et ÂxelMon^laprès avoir dissipé le parti dé l'archevêque, eussent rappelé Qiarles de sa retraite : il se rendit auMitôt à Stockholm, et fit sa tournée dans toutes les provinces de la Suède^ selon l'usage des rois nouvellement élus.
Ghristiem^ à l'instant même où* il perdait une couronne.^ renonçait à ses droits sur les îles Orcades et Shetland qui avaient été l'objet de Ionguea ocmtestations entre TEcosse et- le Danemark. Le mariage de Jacques lU avec Marguerite, fille de ChnstierUi termina ce différend à l'avantage du roi d'Ecosse^ auquel la princesse apporta en dot les îles contestées^
Les dernières années du vieux roi de Suède fièrent loin d'être tranquilles; la guerre éclata de iionveau entre le Danemark et la Suède; Eric Karlsson Yasa se mit a la tête d'une troupe de ré- YoltéSy et ses succès firent craindre au prince de voir la couronne lui échapper encibre une fois : cependant les victoires de Nils et de Sture changèrent bientôt la fortune, et Charles put mourir en paix (4470); il laissa le gouvernement à Sten Sture, to lui donnsmt k conseil de ne jamais ceindre la ooniomie (l)..-
(4)Chromi{aeriiiiée. Geitr.
DES nVPLII» W3 MOHD. N
Léfrtronblea âcîtés en Danemark par Gerbard, frère de Ghristîém, ne permirent pat à ce dènriw de s'opposer an choi^ du nouvel administrateur, qui Ait élu^ l'année suivante^ à la diète d'Ârboga^ Sture se hâta de mettre le siège devant Calmar et Stegeborg) et Ghristiem, après avoir vu échoueir tous les effoHs dé ses partisans, fut réduit à eon* dure une trêve, à la faveur de laqudle il se rendit à Stcx^kfaolm. Scm but était d'amener les sénateurs à reconnaître son obéissance ; mais l'activité de Sture déjoua toutes les tentatives du roi ; les armes devaient décider de cette querelle. Les troupes de Christiern et celles de l'administrateur en vinrent aux mains près de la colline de Brunkeberg, aujourd'hui renfermée dans l'enceinte de Stock-» holm. Déjà les Danois se croyaient vainqueurs, lorsqu'un corps de Suédois sortit d'un bois voisin^ et jeta le déaordre dans leurs rangs. La garnison de Stockholm fit eu même temps une sortie^ 6t Ghrii-^ tiem lui «même, blessé dans l'action, se rembarqua précipitamment avec les débris de son armée* « Les chants populaires qui retraœnt le souvenu* de cette
bataille,ôf&ent qtaelqUes traits saillants des anciennes
mœurs.
Le maitia de cette sang^te journée^ Sten Sturt fitsea prière» etcamamiw ayee toyte fon wmèêi
M BÉVOUmONS
les soldats suédois avaient mis dès signes^ leu chapeaux pour se £aire reconnaitre de ceux < leurs compatriotes qui combattaient dans les ran| ennenûs; ils marchèrent à l'attaque en entonnai le chant de Saint-Georges; et après la victoire, Su Sture vouaà ce saint l'image qu'on remarqiieencoi dans la capitale de Stockholm. C'était* surtout ai tour des barrières que le combat était le ph acharné. Christiem blessa de sa main Canut Pon qui dirigeait la sortie de la ville. Plusieurs fois Stui se vit entouré d'ennemis : un pauvre paysan nomm Biôm^et surnomméi^/br^, marchait devant son chc val et lui frayait le cfaemiù à coups d'épée. L'épous du régent et les nobles dames de Stockholi contemplaient ce spectacle du haut des remparts L'in&nterie de Sture n'était guère composée qu de paysans dont les armes étaient Tare et la hach de combat du Mord. Stockholm avait fourni environ treize cents cavaliers. Christiem ne comptai dans son camp que cinq mille combattants ;:le rest gardait la flotte ou se composait des Suédois partisans du Danemark. Les forces étaient à peu prè égales des deux côtés, mais la discipline des Danois e l'artillerie qu'ils avaient amenée, semblaient devoû leur assurer l'avantage. Parmi les Suédois qui tomen combattant contre leur patrie, on re-
DES PEUPLES mr NORD. •?
marque le brave Karlsson, dont le baudier resta exposé dans la cathédrale d'Upsal jusqu'à l'incendie de 1702 ; les soldats suédois qui se trouvaient dans l'armée danoise gagnèrent les vaisseaux ; les Danois voulaient les massacrer et les jeter à la mer, mais Ghristiern s'opposa à cet acte de barbarie, et les fit mettre en liberté (1).
La victoire de Brunkeberg permit à Sture de rétablir l'ordre si longtemps troublé par les guerres civiles. Les institutions municipales furent remises en vigueur, les magistratures des villes furent confiées exclusivement à des Sluédois; les campagnes mieux cultivées se repeuplèrent, et les exactions des intendants furent sévèrement réprimées ; enfin la .fertilité de la terre, que le peuple attribue presque toujours à ceux qui exercent le pouvoir, attira sur l'administration de Sture les bénédictions des paysans.
Ces améliorations matérielles ne pouvaient qu'être favorables au progrès moral. lËh AAll, l'université d'Upsal fut solennellem^Eit inauguij&e, un an avant celle de Copenhague ; le régent et les états lui accordèrent les mêmes privilèges que possédait celle de Paris (2).
M RÉV0I.UTiMH8
Ghm«ftiern^ sans abandonner «atièremeitt r^8j)air dé rétablir son autorité en Suèd<^, rçnônça dès cette époque à une lutte ouverte, dont l'issue venait de lui être ù fatale. D'autres événements attirèrent sa sollicitude : ses4eux frères MauriceetGerhardiaiixr quels le roi avait donné les. comtés d'Oldenbourg et de Delmenhorst, n'étaient pas restés longtemps en bonne intelligence^ Gerhard, vainqueur dé son frère y lui avait accordé la pai^t en 4455, en se réservant le comté d'Oldenbourg; La mort de IllauT rJLce, qui ne laissait qu'un fils en bas âge, lui transmit l'administration du comté de Delmenhorst) avec la tutelle de son neveu. Cet accroissement de puissance le rendit plus exigeant au sujet d'une somme d'argent dont le roi était resté son débiteur j. il fit tant qu'il obtint comme sûreté l'investiture du Sleswig et du Çolstein pour quatre années (1467)« Ses exactions et ses intrigues alarmèrent enfin Chris» tiern qui passa en Holstein, s'empara par surprise de la personne de son frère, et le déposséda sans peine des provinces qu'il voulait s'approprier, quoiqu'il n'en eût (}ue l'usufruit. La modération du ix)i ne désarma point Gerhard ; il fit encore dans le Sleswig une tentative inutile, et, découragé par ce mauvais succès, il se mit au service du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. A cette ^^poquè^ Tts-
DES fKOFLKS DD NORD. if
prit ftVeatttHer s'^ichiait iloiiit od«i dW» d*. l^MKMâL patrée^ Gerhajrd te* rendit ed pèlf^ni^ à S^fir^Jacqnes de Compoatelle, et . moiirut ^ ebemin< •
C'est v^êfi cie teprprt que Chiristieni ^tf éprit ItD-^ioéÉiie un voyiB^ à ^BoIllè.
« Lfttoi^ en kalntdepâlefxn, paiftitaveGi^iftcip'^ quanta CHTâhcrs, parmi leaqudb oi^ côtâipt^t plurieordfrféktSt tvcn» docteurs ei deux hérantô; il était accoiispàgné eli outre drejean^ duod^ Saxe-Laueabourg et des eouftes de Mulingen et deHelfefistelili qti] menaient' avec etoi iliie suite Bombr eose. Ces illustrer pèlerin» étaient têtus d'étoffe noire^ ms laquelle étaient brodés des bâtons blancs. Lorsqu'ils forent arrivés à Rotenbotii^g > Tempereur Frédéric in envoyai son &h Maximilien et plusieurs princes et lecteurs ain«*deVa[nt du roi, et le fit accompagner à son entrée dans la ville par une escorte de cinq eentii cavati^ (l)i j» Il fut reçu d'une manière également distinguée à Inspruek^ par Si^ gismond d'Autriche^ et à Tarviso^ par Galéas^ duc de Milan. « Au comâiénéetnent d'ocftôlure^ Cbrifrtietn entra dans les terres de la domiiiation du pape} deiEiL can&naia vioreot le WW9W m nma
(4)ll«ll«(|UmVI.
REVOLUTIOHS
du pontife Sixte lY , à Âquapendente. « Le r^i, ditun témoin oculaire (1)^ montra dans cette ocçasiôii là plus grande piété. Il se jeta à genoux devant le pa{>e, et resta longtemps prosterné. Toutes les fois que le roi passait de sa galerie dans son cabinet, Christiern lui portait le. pan de sa robe; il lui piresentait de sa main royale le bassin à laver, i^ place lui ayant été désignée entre deux cardinaux^ il ne consentit à s'asseoir et à se couvrir qu'après ,eux. J'étais l'un de ces deux cardinaux ; il me fît demander par un interprète d'être admis à baiser la croix après tous les cardinaux, voulant, disait-il, donner cette marque de déférence au suprême collège. »
L'avantage le plus réel que tira le Danemark d<e ce voyage dispendieux, fut la permission accordée au roi par le Saint-Père d'établir une université dans ses Etats. L'archevêque de Lunden en rédigea les statuts; mais, malgré le zèle de Christiern, ce'ne fut que sous Christiern III que l'université de Copenhague prit le développement qui lui a valu depuis une légitime célébrité.
Au milieu de ces soins pacifiques le roi termina sa carrière. H laissait deux fils, Jean et Fré-
(1) Le cardinal de Pavie.
AMc; lepireniîer Mjuccéda^le^eccmdfiit iioiQi»6 duc de Hoktdn et dé Slesivîg.
Giristiern était d'une taillé élevée et d'an extérieur prévenant; sa piété, 8on éloigneaient poiar les mesures extrêmes et sa généroaté naturelle le firent regretter des Danois ; mais en Suède^ il eut la haine du peuple comme tous les rois de l'union.