IV
an KÉvoumons -
ces circonstances , la position de la Russie eût été critique ; mais la Suède était sans force , la Pologne sans directioà, et iè gràlid Frédéric, qui avait chancelé sur son trône, paraissait plus désireux de Falliance russe que disposé à recommencer une lutte douteitee^
Ai^u^-là Gaillerine ïi'aTàit €iit pteafè ifde âk ruse et d'urudace ; il y arait tant de ^hdétt ^uËè eette femme extraordinaire, qu'il fellait untt^liè pous monfr^ te qu'elle était : elle racheta ses fài^ h\f»^^ par UBie conduite si ferme et si prudente, soâ d«na L'administration, soit dans les rappoMs âfviSef ses voisim^alliéa ou ennemis^ qu'on oublié j)teiqiiii ce qu'il faut Màmer en eU«> pour admirefi* et ap^ plaudirv On s!étomie de cette politique, aussi cloii'' stante dems le but que variée daâs tes moyeiis/ qui sait tir^ le meilleur parti d'un avantage^ et maîtriser la fortune dans ses retours les plus inattendus ; on suit avec un intérêt mêlé de ctkintë cette mise en œuvre si intelligente dé toutes les ressources d'an vaste empire, cette réalisation prè^ coce des plans de Pierre le Grand , favorisée par un long règne et par le désaccord et l'ambition dea cabinets de l'Europe; enfin tous ces hommes quf se succèdent dans les fsiveurs de Catherine, où ne les considère plus que comme les instruments d'une
DES PEUPLES DU NORD. aw
volonté arrêtée et féconde, et dont les succès ^e boudoir s'effacent dès que lafemme^alante reprend le rôle de souveraine.
Catherine se montra clémente lorsque la rigueu^r cessa d'être nécessaire ; le princeGeorgo, sob onde, eut l'administration du Holstein ; elle ne se vengem de la maîtresse de son mari qu'en l'abandonnam; à sa nullité ; Panin fut nommé premier ministre, e| Munich eut le commandement de la Livonie et df l'Ësthonie. L'épuisement des finances ne lui permettant pas de persister dans les guerres ruineuses des règnes précédents , elle essaya de tirer de sa neutralité des avantages qu'elle n'aurait pas à ^che^ ter par de nouveaux sacrifices. S'il faut en croire Castéra, elle dit un jour à M. de Breteuil : <c J'ai la plus belle armée du monde : l'argent me manque, il est vrai, mais j'en serai abondamment pourvue ea peu d'années. Si je me laissais aller à mcm penchant^ j'aurais encore plus de goût pour la guerre que pour la paix; mais l'humanité , la justice et Ifi raison me retiennent. Cependant je ne ferai pas comme Timpératrice Elisabeth; je ne me ferai pas pousser pour entreprendre la guerre , je la feraî quand elle me sera avantageuse , mais jamais par complaisance pour d'autres. « On ne pourrait^ ajou? tait-eile , la bien juger que dans cinq ans, ïl lui
fiallait au moins ce temps pom* rétablir l'ordre dans son empire. Elle se conduisait, en attendant, avec tous les princes de l'Europe^ comme une coquette habile.
La situation de l'Europe méritait en effet la plus sérieuse attention ; leb puissances de premier ordre^ à l'exception de l'Angleterre, étaient épuisées d'hommes et d'argent -^ la Prusse, accrue delà Silésie , portait ombrage à l'Autriche ; de tous côtés les pertes semblaient réclamer un dédommagement. La Pologne, jetée au milieu des prétentions rivales, était fatalement appelée à désintéresser des ennemis dont les forces se balançaient. Les Turcs n'avaient gardé de l'esprit de leurs institutions que ce qui devait en amener la décadence. Restés stationnaires, tandis que tout progressait autour d'eux , ils ne pouvaient plus se mesurer avec ces chrétiens dont ils méprisaient les arts et les connaissances militaires. Le Danemark attendait avec inquiétude le parti que prendrait Catherine dans la question du Holstein. La Perse et la Turquie, excitées par des rivalités de secte et de voisinage, s'affaiblissaient mutuellement. La Grimée n'était plus que l'ombre d'elle-même ; enfin , de quelque côté que Catherine portât ses regards, elle ne voyait que des voisins hors d'état de l'attaquer, ou des rivaux moins
disposés à la combattre qu'à partager avec elle une proie facile.
La conquête de la Crimée et la domination russe en Pologne complétaient le vaste système politique indiqué par Pierre le Grand ; avec ces annexes, l'empire, appuyé à la mer Noire et à la Baltique, débordait sur l'Europe centrale, et les provinces conquises plus avancées en .civilisation servaient de transition entre la Russie occidentale et la Russie asiatique. Les populations slaves répandues au sud- '^^
est serviraient de point d'appui contré les Turcs : la religion , le caractère remuant et cupide des Grecs ^ et le despotisme maladroit de la Porte amèneraient ou prépareraient ce résultat. Le plus difficile était de ménager les susceptibilités de l'Au-' ^ triche et de là Prusse, dont les forces réunies au-* raient paralysé l'action de la Russie. La rivalité de ces deux puissances indiquait la marche à suivre ; il était d'une politique habile de se rapprocher d'abord de la PrUsse comme plus disposée à s'agran* dir, et parce que, dès les temps de Charles-Gustave, le grand électeur avait accueilli avec empressement le projet d'un démembrement de la Pologne. Catherine prévoyait que, lorsque la question serait mûre , Frédéric se tournerait de son côté , et qu'il ne resterait plus à l'Autriche qu'à tirer le meilleur
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parti possible d'un état de choses auquel son isolement ne lui permettrait pas de mettre obstacle.
Un plan dont la réussite dépendait de tant de circonstances ne pouvait être tracé d'avance tel qu'il fut mis à exécution ; mais toutes les éventualités étaient prévues , et la marche des événelûents, en y apportant les modifications nécessaires, sem{bla le compléter encore s^ou les conditions de rintérêt russe.
Catherine commença par vider la question du Holstein ; le Danemark céda, dans l'espoir que Iç duché ferait retour à la couronne.
Avant d'inquiéter l'Europe par des entreprises 'ambitieuses I elle s'efforça d'açauépir des droits à l'estime et à l'admiration : partout l'ordre se rétablissait : sociétés savantes , collèges , monuments publics, tout attestait l'étendue de son génie et le désir de rattacher à $on nom tous les genres de gloire. Elle mit en œuvre, pour se feire des partisans parmi les écrivains les plus distingués de l'époque, la double séduction de l'éloge et d^ bien^its. Elle favorisa le commerce, attira les étrangers, distribua des terres aux colons allemands ; et si elle échoua dans la réforme des lois de l'eippire^ c'est que le peuple nç pouvait msorcher aussi vite que l'eût désiré la souveraine. En effet ,
^ei^iae qu'uoeÂII^BUtmle dont les léformc^s m^nMi ftccu^i^ilt l'ovigiae.» Moscou était leJûentve de la réstirtancf , file y fît célébrer $»on saeift avee.pdmpe ^ ig^s^Bf in9}0ré Us faveurs qu'elle distribua, elle fat HCOUQiUie a^w cette froideur y ^ul avçrtiBseUient qu'uu.peupb lesclave puisse donner à ses nùdùiss. lUentât dos démonstrations séiitieusç^ suocédèi^t au ipaécOAtQatement. Le bruit s'était r^n(ki quf (tierrePIi^viât désigné Ivan pour son successeur; on s'intéressait auili au sort du grand-duc Pftul,.don| las joiùrg étai^ni^ disaitr^n, menacés par l'ambition fie s^ mère. Catherine ipontra dans cette occasioii qu'elle connaissait le peuple sur lequel cBIq était appelée à régner ; elle adoucit le clergé par des £pK veurs, et découragea la sédition par des supplloeA t vingt-quatre offîder^ aux gardes furent j^igés 01 condamnés ; les plus coupables devaient être ècsttft'* télés; Catherine leur fit grâce de la vip/ mais Ait se virent dégradés et souffletés de la main du bour<» reau. 11 était temps de donner le change à Fattehtion publique par qudique grande entrépr^e dosi la gloire rejaillirait sur la nation. Catherine d^butt par l'occupation de la Courlende. Cçducliéy 'qui 9ei» (tait d'échoicau prince Charles d^> JSaxe^ fitsnaijiirti d'Attgo^> inelewi; pobtiquebifiBt êmt h Bokfgnb
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depuis Texil deBiereB, tandis qoe ses rèvenusétaient parçus par des autorités russes , sous prétexte de oertainesrécbmations pécuniaires auxquelles Bieren n'avait pas sAisCût. Quinze mille Russes s'établirent dans le duché, et Catherine envoya dans le duché Kaysa:ling en qualité d'ambassadeur. Elle écrivit de sa mainà Poniatowski : « J'envoie Kayser- Itng en Pologne avec ordre de faire roi vous ou le prince Adam Gzartoryski, votre cousin. » Auguste, avant de mourir, re^ut Finjonction de rappeler le prince Oiàrles qui céda le duché à Bieren.
La diète de 1762, en dessinant les partis, éclaira la Russie sur les mesures à prendre^ LesCzartoryski, désespérant de &ire couronner le prince Adam, appuyèrent le parti de Poniatowski ; à la &veur de celte concession ^ ils se flattaient de diriger les affaires, et de faire servir la protection de la Russie •au remaniement de la constitution dans un. sens monarchique. Brûhl , ministre de Saxe, opposait à l'influence russe le prince Radziwil.
Une invasion franchement hostile aurait eu pour la Pologne des suites moins funestes que cette conspiration tacite de la Russie et de la Prusse contre tout ce qui aurait pu rendre à la république ai liberté d'action, précisément lorsque la nécessité d'une réforme dans fa ecmstitution frappait tous lés
bons esprits. Jusqu'à cette époque , rinfluenoe étrangère ne s'était mêlée aux intrigues qui accomr ' gnaient toujours les diètes d'élection , que pour assurer le triomphe d'un parti sur l'autre; quel que fut le résultat de la lutte^ Félément national doinir nait les diverses combinaisons/ et malgré le vice des institutions qui mettaieiit le sprt de l'Etat à la discrétion des partis, le même privilège qui permettait d'arrêter une résolution paralysait les mesures qui eussent compromis les intérêts communs, de sorte que l'anarchie se corrigeait, pour ainsi dire, d'ellemême*
Le vice des institutions de la Pologne avait surtout pour effet d'user^ sans aucun avantage pour la république, les forces vitales du j^ys, e| d'arrêter tout progrès essentiel, tandis que les puissances voisines développaient rapidement et leurs ressources matérielles et leur système militaire et administratif. Le but de Catherine et de Frédéric était de rendre permanents les inconvénients qui n'avaient été jusque-là que momentanés; d'appuyer tantôt un parti , tantôt l'autre, pour habituer les esprits à regarder toute réussite impossible en dehors de leur protection; et cette domination morale ime fois établie, de pousser le mécontentement des nobles jusqu'à la révolte, pour se ménage^ un