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SBS RÉVOLUTIONS
homme ravenir et le salut de tout un peuple (!)♦ r La constitution du 5 mai périclitait à la fois par l'impéritie et le mauvais vouloir de Stanislas- Auguste, et par la résistance ouverte que lui oppo* «aient les conGèdérés de Targowicz, appuyés par une armée russe ; mais c'était peu de tant d'ennemis déclarés ou secrets ; Frédéric-Guillaume vmiaitde lever le masque, et tandis que ses troupes s'avan- ^ient) non pour secourir mais pour accabler les Pofonais, l'Autriche gardait une attitude neutre dont le but était facile à pénétrer.
En présence de ce danger, Ponîatowski ne prit que des demi - mesures : peut-être fut-il arrêté par les circonstances ; mais l'hésitation et la feiblesse deviennent des crimes dans un prince auquel ses sujets ont confié un pouvoir dictatorial. Nous n'entrerons point dans le détail de cette lutte où coula tant de sang généreux : Kosduszko balança longtemps la victoire; Souvorof la fixa. Stanislas- Auguste signa son adhésion à là confédération • de Tai^owicz, le 23 juillet 1792. Tous les travaux de la diète furent annulés , et l'on décréta la séparation administrative du grand-duché de Lithuanie et de la Pologne proprement dite.
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En vain la confedération voulut foire acte de force en demandant Févacuation des troupes prussiennes ; les protecteurs parlaient en maîtres; tout était anarchie et confusion.
Le 8 janvier 1793, parut une déclaration de la Russie et de la Prusse, annonçant leurs volontés immuables de resserrer la Pologne dans des frontières plus éta^oites, pour garantir leurs États respectifs de la contagion des idées démagogiques. Poniatowski demanda à Catherine la permission d'abdiquer ; mais, sur le point de résigner le pouvoir, le cœur lui feillit, il dut sanctionner le second partage de ses Etats : le reste était encore trop grand pour un prince de ce caractère. La Russie s'appro-» pria la moitié de la Lithuanie ; elle eut les palatinats de Podolie , de Polotsk , de Minsk , une partie de celui de Wilna, et la moitié de ceux de Novogrodek, de Brzesc et de la Wolhynie. La Prusse étendit ses frontières dans la grande Pologne ; mais^ ce qui était surtout important^ elle obtint tout le cours septentrioi;ial de la Vistule, par la cession de Thorn et de Dantzig.
Une des mesures qui avaient causé le plus d'irritation, c'était le licenciement de l'armée nationale ; il suffisait d'une étincelle pour rallumer la guerre ; à Sandomir, Madalinski donna le sigildi d'une
nouvelle insurrection. Les Russes évacuent la capitale pour se porter au secours de Cracovie, dont Kosciuszko venait de s'einparer ; bientôt Varsovie tombe au pouvoir des patriotes ; la résistance s'organise sur une vaste échelle ; le rétablissenient de la charte du 3 mai, tel est le but et le mot d'ordre de l'insurrection : le conseil provisoire est remplacé par un conseil national, agissant de concert avec le roi, qui alors, comme toujours, se montrait l'homme des feits accomplis.
Dans cette réaction contre l'influence russe, l'irritation, longtemps contenue, donna lieu à quelques excès démagogiques; la populace massacra plusieurs fonctionnaires suspects, et cette parodie de la révolution française fournit à l'Autriche le prétexte de décliner l'offre que lui avait faite le conseil de venir au secours de la Pologne régénérée. Peu de temps après, un corps d'Autrichiens se porte sur Sandomir. Les insurgés, sans alliés, attaqués à la fois par la Russie, l'Empire et la Prusse, ne prennent conseil que de leur désespoir. Quelques avan* tages honorent leurs armes, mais la défaite et la prise de Kosciuszko par Fersen , près de Maceiowicz , ouvre pour les Polonais une série de revers que couronnent le sac de Praga et la capitulation de Varsovie.
Dans ce troisième démembrement, FÂutriche eut une grande partie du palatinat de Cracovie^ les palatinats entiers de Sandomir et de Lublin, avec quelques portions du district de Khelm et des palatinats de Brzesc, de Mazovie et de Podlaquie, qui s'étendent le long de la rive gauche du Bug : environ huit cent trente milles carrés.
La Prusse s'appropria la partie des palatinats de Mazovie et de Podlaquie située sur la rive droite du Bug ; dans la Lithuanie, les fractions des palatinats de Troki et de Samogitie, qui s'étendent sur la rive gauche du Niémen ; enfin ^ un district de la petite Pologne, enclavée dans le palatinat de Gracovie, à peu près mille milles carrés.
La Russie s'empara de tout ce qui restait de la Lithuanie, jusqu'au Niémen et aux limites des palatinats de Brzesc et de Novogrodek ; tout le territoire qui, de là, s'étend jusqu'au Bug, avec la plus grande partie de la Samogitie ; dans la petite Pologne, la partie du district de Khelm que regarde la droite du Bug, et le reste de la Wolhynie. En y comprenant les Etats de Courlande et de. Sémigalle, déjà réunis à l'empire russe par un acte spontané, elle obtenait un accroissement dé plus de deux mille niilles carrés, habités par quatre millions cinq cent mille Ames«
54) KÉTOLUTIONS
Lorsqu'on cherche à s'expliquer la politique de Catlierine dans ses relations avec l'Europe^ oii dé« couvre plutôt la négation des principes que leur application. Elle soulève les Grecs contre le des*potisme des sultans; en Suède et en Pologne, elle s'oppose à l'extension du pouvoir monarchique; tandis qu'elle se déclare contre l'application du sys** tème démocratique dans les Pays-Bas^ les Etats- Unis et la France. Cette marche, qui parait con*tradictoire, était la seule qui pût favoriser l'agrandissement de la Russie. Tour à tour monarchique et républicaine , Catherine trouvait partout un point d'appui dans les partis; ce qu'elle voulait, c'était raffaiblissement des puissances rivales , et non le triomphe définitif d'un système sur l'autre. Aussi la raison gouvernementale fut-elle sa règle unique; personne, plus qu'elle, ne se montra conséquent dans les questions d'influence et d'intérêt. C'est ainsi qu'en Perse elle mit à profit les divisions de la femille régnante, et que les places de Derbçnt, Bakou et Shamakie défrayèrent son protectorat,
La paix de Bâle menaçait de dissoudre la coalition dont l'énergie de la république française avait déconcerté les plans : Catherine, appuyée de l'Angleterre, jugea qu'il était temps d'agir. Soixante
DES PEUPLES pu NORD S4S
raille Basses^ sou» les ordres de Souvorof, s'apprè* taient à marcher sur le Rhin; déjà pour s'assurer dd Falliance de la Suède, Timpératrice négociait le mariage de la grande-duchesse Âlexandra avec le jeune roi de Suède, lorsque des motife de religion firent rompre cette union à l'instant même où elle allait se conclure. L'impératrice parut virement contrariée de cette résistance ; elle eut même, précisément à cette époque, une légère attaque d'apoplexie , et sa santé devint languissante. Enfin, le 16 no*' vemhre 4796, on la trouva sans connaissance dang sa garde-robe, le cœur palpitant encore, mais du reste sans mouvement. Après une agcmie de trente-* sept heures, elle expira en poussant un grand cri.