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la Prusse et de la Russie qui, en fermant la Balti<]ue à la marine et au commerce de la Mogne, et en s'emparant de Fembouchure de ses fleuves, la forcèrent à tourner contre elle-même sa bravoure chevaleresque et son inquiétude belliqueuse ; tout ' lui était obstacle ou péril. Singulière destinée d'un peuple que l'abandon de Louis de Hongrie et du premier roi électif, Henri de Valois, n'éclaira point sur les dangers de la domination étrangère, et qui ne retourna à un roi polonais,, créature de Catherine II, que lorsque les maisons de Vasa et de Saxe eurent rendu impossible le salut de l'Etat ! Etrange forme de gouvernement qui admettait la royauté nominale, les privilèges d'une aristocratie républicaine, les vices du système féodal, les influences fédératives, et qui consacrait fatalement l'influence individuelle dans la question la plus vitale, celle qui subordonnait la direction et les alliances politiques aux hasards d'une élection tumultueuse I Etonnant
spectacle que celui d'un peuple qui couvrit ses fautes de tant de grandeur, qu'à l'instant même où on
le trouve complice de ses revers, on se demande encore s'il est bien vrai qu'il soit à jamais tombé !
Dès le commencement du quatorzième siècle, la Russie orientale, ou Moscovie, tendait à se constituer fortement sous le sceptre de la maison de
DES PBDPLI$ DU N(»ID. 4%t
Jaan Kalita, tandis que la RuMi^ QmdeDtaie s'orfaDisait avec Gedimia. Dans l'espace d'on siède^ les d^cendants du premier réunirent à leurs domaines des terres considérables , enclavées dans les dia^ tricts de Kostroma,-de Rostof^ de Ykdimiret de Novgorod. C'est ainsi que Siméon le Superbe et Jean II acquirent par voie d'achat une grande partie de la principauté de Riazan^ et quelques vipages aux environs de Moscou. Dmitri Donskoi et ses successeurs continuèrent ce système d'agran*-* dissement, en renfermant successivement dans les limites de leur territoire la principauté de Yladi- Qiir, le district de Meschtchersk, les principautés de Souzdal, de Gorodetz, de Mourom et de Rostof ; enfin, Yassili étendit encore les firontières de h, Moscovie aux dépens du prince de Riazan, et en «'appropriant les domaines des princes de sa propre &miUe.
La grande principauté avait absorbé presque tous les apanages de la maison loury Dolgorouki. La race de ces derniers princes n'était point éteinte^ ils conservaient et transmettaient à leurs héritiers leur titre et ce qu'il leur restait de l'héritage paternel ; mais ils étaient tellement disséminés et si pauvres pour la plupart, qu'ils finirent par dépendre entièrement du grand prince de Moscou. On
A%A KÉVOLCTIONS
comptait alors environ cent cinquante familles qui tiraient leur origine de 'Vladimir le saint, sans tximpter celles qui remontaient aux princes non apanages, tels que les princes de Tvér, de Riazan^ de Séversk et de Volyn.
La branche dé Kalita avait échappé à ces vicissitudes par suite du mode de succession qui donnait un héritage plus considérable à Tainé^ de sorte que les frères de celui-ci restaient en quelque sorte sous sa dépendance ; et parce que le hasard voulut que de . fréquentes extinctions facilitassent la concentration du pouvoir dans une même main.
Le grand prince de Moscou était considéré comme la tête de ce grand corps qui formait la Russie orientale. Cet empire se composait en 1462 : i** de Ja Moscovie proprement dite, qui comprenait la grande principauté de Moscou, les principautés de Dmitrof , d'Ouglitch,' de Yolok, de Vologda, de Rostof, d'Iaroslavle ; S"" de la grande principauté de Tvér ; 3"" deT la grande principauté de Riazan; 4'' de la principauté de Novgorod ; 5® de celle de Pskof .
Au grand prince de Moscou appartenait le droit exclusif de faire la paix ou la guerre ; d'exiger le concours des princes subordonnés pour agir contre les ennemis de l'intérieur ou de l'extérieur ; de
traiter avec la horde, soit qu'il voulût payer le tribut^ soit qu'il s'y refusât ^ enfin^ de r^er les différends entre les princes et leurs rapports particuliers avec la borde et la Lithuanie.
Dans son domaine héréditaire, le grand prince exerçait un pouvoir qui n'avait d'autres hmites que celles que les mœurs et la religion imposent au chef de toute société^ il était à la fois juge suprême, chef de l'État et législateur. A Novgorod, ses droits se bornaient à une suzeraineté à peu près nomiimle, et dont le tribut était la seule expression. Sou influence sur les apanages fraternels était plus bornée encore; là^ les princes jouissaient des mêmes privilèges que leur aine ; ils avaient leur cour, leurs boiars, jugeaient et administraient, frappaient les impôts, ne payaient leur contingent de trilmt aux Tatars que dans le cas où le grand prince lui-même se soumettait à cette obligation : ils disposaient en outre de leurs domaines en faveur de leurs fils ; en un mot, sauf le droit de &ire la paix et la guerre, ils étaient ..en tout les c^ux du grand prince.
Le pouvoir du grand prince était presque nul sur le prince de !Hiazan ; quant à celui de Tvér, il allait de pair avec le souverain de Moscou; il était indépendant de biU loéme en supposant le cas où
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le cbef de In horde aurait eu la fentaisie de réunir Tvér h M08ÔÔU.
L'affaiblissement des Mongols faisait pressentir l'époque prochaine où la Russie, changeant de rôle, ferait à son tour trembler ses oppresseurs ; mais un jôug de deuxsiècles avait nécessairement modifiéavec les conditions politiques de Tempîre celles de la vie sociale. L'influence asiatique avait été fevorisée par le fractionnement des principautés, et par la séparation des provinces orientales^ soumises au grand prince de Moècou. Ce dernier, responsable devant les Tatars de Tobéissance générale, avait en outre intérêt à s'opposer aux envahissements des lithuaniens. Le gouvernement, qui tendait naturellement à l'unité, se disciplina, pour ainsi dire, dans les conditions du despotisme, sous le joug sanglant des Mongols. Plus d'une fois, pour faire sentir aux grands princes de Moscou où était la source de leur autorité, les khans voulurent faire passer la pré^ pondérance dans les mains des princes de Tvér, de Wijégorod ou de Riazan. Avant l'invasion, le pouvoir suprême appartenait exclusivement à la maison dé Vladimir. Alors, chaque prince avait droit I Un apanage où il exerçait une autorité souveraine, rendant la justice, administrant, feisaùt la paix ou la guerre, décrétant l'Impôt, et transmettant soft
héritage ^ ses fils. Vers la fin de la domination des Mongols, rautorité s'était concentrée dans plusieurs fgmilles, de telle sorte que, dans les diverses circonscriptions princières, le pouvoir était le partage d'un seul, pouvoir relatif, et plus ou moins subordonné, suivant l'importance territoriale, aux princes qui relevaient eux-mêmes de la grande principauté. Tant que le grand prince se reconnaissait dépendant de la horde, le maître réel de la Russie était le khan ; une- fois les Mongols divisés entre eux et affaiblis, le grand; prince hérita de leur puissance, non tout d'un coup, mais graduellement, et en raison des vicissitudes qui préparaient la ruine de la horde. C'était sous les auspices des khans que le chef désigné prenait solennellement le titre de grand prince, qui équivalait à celui de prince de toute la Russie ; les autres chefs, à l'exception de. quelques-uns qui ne descendaient point de Jean Kalita , sanctionnaient, mais seulement pour la
forme, son avènement: d'abord, ils ne virent en lui
« .il • *
que le lieutenant des Tatars ; puis, par habitude autant que par crainte, ils restêreiït soumis à son autorite (4). Ces causes expliquent l'origine delà grandeur moscovite et la décadence des anciennes maison»
(4) Oustrialof,6UTtiy,Otdél.ni.
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régnantes, dont les rejetons ne portaient, pour la plupart, qu'un vain titre, les domaines héréditaires se fractionnante l'infini, et la terre se divisant toujours à mesure que le nom qui donnait le titre se multipliait . Le joug des Mongols eut une influence moins marquée sur l'état des personnes. La population restait composée : ^l"* de la haute noblesse (1), qui formait le conseil du prince^ et occupait les hautes charges de l'administration ; ces nobles portaient le titre de boiars, de voîévodes, ou chefs de l'armée, de namestniks, ou gouverneurs, de tiouns ou juges : 2® de la classe moyenne qui renfermait les enfantsboiars (c'étaient la maison militaire et les affidés des boïars), les habitants libres des villes, et les étrangersr. Dans la troisième se trouvaient les gens sans aveu (2) et les paysans qui ne possédaient rien en propre, mais qui n'étaient point serfs. Enfin les kholopi^ ou esclaves, formaient la dernière. C'étaient, pour la plupart, des prisonniers de guerre, jsoit de fait, soit d'origine, et des débiteurs insolvables, dont l'esclavage à temps ou à vie éteignait la dette. Le grand prince était la clef de voûte de l'édifiœ social, exerçant sur toutes les classes un pouvoir sans contrôle, mais se conformant, même
(1) Moaji-Kniajie.
(4) Tchernye Lioadi, U$ Gens nùirs.
dans ses actes arbitraires^ à une certaine mesigre que les mœurs et les usages ne lui auraient pas permis d'enfreindre impunément. Tous les rapports des classes entre elles, et des classes au souverain, ne furent point sensiblement altérés par les IdLongols ; on doit remarquer seulement que, dans les terres russes de leur domination, les assemblées du peuple, ou vétches^ cessèrent d'être convoquées; ces solennités, qui devaient naissance à un principe républicain^ et, selon toute apparence, aux Tings des Scandinaves, ne pouvaient que porter ombrage aux Mongols et aux princes russes qui administraient sous leur bon plaisir j elles cessèrent entière^ ment avec l'abaissement de Novgorod et de Pskof . Les Mongols avaient surtout marqué d'une empreinte profonde la forme et la répartition de l'impôt. Avant leur domination, les Russes étaient étrangers à tout système financier ; la sin^>licité des besoins, l'absence d'établissements publics, l'arbitraire même qvii présidait aux perceptions, tout concourait à ce que cette partie de l'adminiatratîon restât stationnaire. Le grand prince n'avait ppint à défrayer sa suite militaire ; les services^des boï^ étaient récompensés par le butin, par les terrescour quises et par l'admission aux festins, distinction
conmiune à toutes les confédérations guerrières du
I7ê ÎRÉVOLtlTIONS
Nord. Les revenus particuliers du prince étaient prélevés sur des villages qui lui appartenaient en propre, et qui les fournissaient en nature ; il exerçait un droit sur certaines forêts, sur certaines pêcheries ; mais ce qui le distinguait des autres grands proa priétaires, c'est qu'à des époques désignées, il faisait une tournée dans ses états, comme les anciens monarques d'Orient et les rois Scandinaves, pour prélever sur chacun un impôt également en nature, et dont aucune loi ne fixait la quotité. Enfin, dans les causes judiciaires importantes qui entraînaient soit une composition (1), soit une amende, un droit proportionnel lui était affecté, de même qu'aux juges, ces derniers n'ayant pas d'autres émoluments. On Voit que les Russes sentaient peu le besoin d'une monnoie en espèces pour les rapporté ordinaires de la vie; ils n'en étaient pas moins avides d*or et d'argent, mai« ils employaient ces métaux à Tachât de marchandises étrangères, et d*ôl)jets de luxe pour leurs armes ou leur parure.
L'invasion des Mongols changea brusquement itoute rèeonômie de ce système financier. I)ans les jprémières années, les vainqueurs . s^assuraient dtl mbut pair le {dUage; ils affermaient les ten^ei
44) VirCt WelirgeM Aen Ëerinains.
DES PÉtiPLES »U NOM). 4T4
russes & leurs baskaks ou bien à des Bulgares, à des Arméniens, à des Juife, voire même à dés Russes, qui imposaient les populations par tètes, et prélevaieat à main armée le dixième des revenus. Plus tard, les g;^nds priUces, qui n'étaient que les fondés de pouvoir des khans, devinrent les pourvoyeurs de la horde, et le tribut de toutes les provinces imposées passa par leurs mains. Ces grands princes eux«mèmeè devaient payer personnellement un tribut plus considérable que les autres chefs, car les vainqueurs mettaient leur faveur à prix. A tout prendre, le peuple portait tout le poids de Timpôt ; il payait des droits de toute sorte : droit de profession industrielle ; droit de transit, de dépAt; droit de mesurage, de poids, d'achat, de vente; impôt foncier sous toutes les forjoiés; droit de pèche, de mouture, etc., etè. Peu à peu l'argent monuoyé prit cours, tant de nouveaux rapports rendant indispensables les signes représentatif. L'oppression d'un tel système arrêta Tessor de l'industrie, paralysa l'agriculture, et mit ïa résignation à la place de toutes le^ autres vertus. Seules entre toutes les villes, Novgorod et Pskof commerçaient avec l'Hanse, et voyaient fleurir foutes lès branches connues de rindùstrie.
11 est aiéé de comprendre toiûhien la tuoralié
m RÉVOLUTIONS
publique dut souffrir de cet état de choses. On eut recours à la ruse, au parjure, à la fraude pour échapper à la rigueur des taxes ; le système pénal acheva de flétrir le caractère national : le foue^ les tortures, la mort atteignirent les délinquants, et,' dans l'impossibilité de satisfaire à l'avidité djes percepteurs, on se familiarisa avec le vol, et l'on s'habitua à regarder le succès comme justifiant les actes les plus coupables. D'un autre côté, le meurtre ne pouvait qu'être fréquent sous l'empire d'une législation qui punissait du dernier supplice des déUts purement fiscaux. La coutume russe, bien * moins rigoureuse que le système pénal des Mongols, subsista quelque temps encore dans les villes, mais elle finit par tomber en désuétude, et du temps de Dmitri-Donskoi certains délits étaient déjà punis de mort. Les conditions morales de la société russe, telle que l'avait faite l'asservissement, expliquent jusqu'à un certain point comment Jean lY, dont nous allons tracer le règne, put commettre impunément tant de cruautés.
Le système miUtaire* subit aussi quelques chan^gements; l'usage de la cavalerie devint plus gêné* rai; les troupes furent distribuées par dizaines^ centaines et miUiers ; en cas d'attaque, on armait le plus d'hommes qu'il était possible, et, en pays
DES PEUPLES DU NORD. 4Y's
ennemiy on dévastait tout ce qu'on ne pouvait emporter : c'était le système militaire des nomades, appbqué à^des populations sédentaires ; les drougines restèrent toutefois ; elles formaient le noyau de l'armée (1). Quant à l'esprit du soldat, il reçut de toutes ces circonstances un caractère particulier. Il offrait un mélange singulier de fetalisme orientât, d'abnégation personnelle et de dévouement religieux. Pendant plus de deux siècles, le Russe eut devant lui les Mongols^ ennemis de son Dieu, et cependant 9e$ maîtres ; autour de lui il voyait le boiar, impitoyable par nécessité, et le prêtre presque aussi ignorant que le serf, mais qui lui montrait, par ordre, le ciel comme la récompense 'de la mort sur le champ de bataille; étranger aux idées de gloire et d'ambition, il s'habitua à £sdre la guerre comme une tâche, et apprit à triompher à force d'obéissance.
Le peuple, opprimé depuis si longtemps et par ses vainqueurs et par ses chefs immédiats, se réfugia dans la religion comme dans un asile ; mais il ne l'envisageait que comme une loi suprême, comme le despotisme des despotismes. Pendant longtemps encore, il fit de Dieu son auxiliaire et
\i) B'Oiutrialof, Karamsîn.
i74 BBVOLUTKHIS
npiéme $on complice \ les vices du clergé et le ordre moral au milieu duquel il vivait ue lui laissant voir dans les s^ttributsde l'être infini qu'une puissance et une force supérieures à toute puis* sance et à toute force humaine. Bon et hospitali^ par nature, il lui fallut subir l'empire des circonstances et contracter les vices de l'esclavage. L» Mongols^ qui gouvernaient à distance^ ne changèrent ni la hiérarchie religieuse, ni les formes extérieures du culte ; mais comme la moralité des actes n'était point en rapport avec les préceptes de la loi divine, le christianisme, durant cette longue et fatale période, ne fut point pour les Russes,^ de même que pour les autres peuples^ un élément d'amélioration et de progrès ; force leur fut de s'arrêter dans leur développement; mais, par une compensation providentielle, la cause de ce retard, en les séparant de l'Europe occidentale, fut la sauvegarde de leur unité pohtique.
Vers la moitié du quatorzième siècle, la Lithuaixie, accrue par les conquêtes et les alliances de Gedimin, Olgerd et Vitold, s'étendait au nord jusqu'à Dùnabourg, Yeliki-Louki et Yiazma ; à l'est, jusqu'à Kalouga et Koursk; au sud, jusqu'aux embouchures du Dniépre; enfin, à l'ouest, ses limites étaient Lioublin, Droguitchin et Kovno.
Elle comprenait donc la Lithuanie proprement dite ; la Samogitie; la Russie-Blanche, c'est-à-dire les principautés de Polotsk, Minsk, Vitebsk, Smolensk, Mstislaf ; la Russie-Noire ; les voïévodies de Brest et de Pinsk ; la Podlachie ; la Volhynie ; la Podolie et rUkraine. L'ensemble de ces vastes provinces, dont les neuf dixièmes appartenaient à la Russie de Yladi* mir, constituait le ^ran(](-(/ticAé de Lithuanie. Jusqu'à Jagellou, les principautés et les voïévodiesdu duché offraient, comme nous l'avons dit plus haut^ une grande analogie d'organisation avec les prindpantés et les districts de la Russie orientale ; d'uo côté^ la maison de Kalita était dominante; de l'autre, celle de Gedimin tenait dans la dépendance les princes russes. Les Lithuaniens étaient un peu moins arriérés que les Russes dans la civilisation, à cause de leurs rapports avec les Allemands et le$ Polonais^ et parce que le joug des Mongols pesa sur eux moins longtemps. Du reste, les princes russes qui reconnaissaient le grand-duc de Lithuanie pour leur souverain se querellaient souvent avec lui et entre eux, et, dans ce cas, ils venaient chercher un appui auprès du grand prince de Mos« COI», de même que les princes soumis à ce dernier avaient recours dans leurs révoltes ou leurs démêlés à la protection des Lithuaniens. Dans les deux
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pays, les chefe conservaient le titre qu'ils tenaientde leurs ancêtres, et le transmettaient à leurs fils avec les domaines dont ils pouvaient disposer. En un mot^ le système lithuanien était, sous beaucoup de rapports, celui de la Russie elle-même. Dans le Nord, c'est-à-dire dans la Lithuanie proprement dite, le peuple était en grande partie païens tandis que dans les provinces conquises le rit grec dominait, et comme [ces dernières étaient de beaucoup les plus considérables, la religion coQtribuait encore à rendre l'analogie plus frappante. Mais lorsque Jagellon, pour obtenir la main d'Ëdvige, o£Frit de réunir la Lithuanie à la Pologne, l'influence polonaise s'accrut graduellement dans le grand-duché, et finit par triompher de résistances non moins longues qu'opiniâtres. Les conditions de la réunion des deux états en un seul n'avaient point été arrêtées ; Yitold, à la tête d'un parti considérable, voulut maintenir l'indépendance nationale, et s'assurer ainsi la couronne grand-ducale. Jagellon, pour détourner ce coup, rendit un décret (i 4i 3) en vertu duquel la noblesse hthuanienne jouirait désormais de toutes les prérogatives de la noblesse polonaise^ s'assemblerait en diètes, exercerait dans ses domaines un pouvoir iUimité, et aurait droit à toutes les distinctions féodales que les Polonais
avaient empruntées à l'empire. Il en résulta des changements notables dans l'adminitsration et dans les mœurs qui se modifièrent^ à la longue selon l'esprit des nouvelles institutions, avec les avantages et les inconvénients du système polonais. Cependant les Lithuaniens du rite grec persistèrent dans leurs croyances malgré les efforts de Jagellon; et, plus tard, les rois de Pologne renoncèrent à des persécutions inutiles. Pour soustraire les Lithuaniens du rite grec à l'influence politique de la Russie, Vitold sépara Kief de Moscou, mais le métropolitain de l'Ukraine n'en resta pas moins indépendant du pape; dans les affaires ecclésiastiques il en référait au patriarche de Constantinople.
La situation critique où se trouvait l'empire d'Orient décida Jean Paléologue à accepter les ouvertures du pape Eugène, au sujet de la réunion des églises grecque et latine ; toutefois le concile de Florence n'eut point les résultats politiques auxquels on s'attendait de part et d'autre ; le retour au catholicisme de quelques prélats de la confession grecque n'entraîna la conversion ni des Russes ni des Lithuaniens schismatiques , et la chute de Tempire d'Orient mit les parties hors de cause.
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