DE POLICE
^x^^,<.^*r.T.^ A Son Excellence le Ministre
GÉNÉRAL du Commerce et des Travaux publics.
2* bureau.
BALS MASQUÉS Monslcur le Ministre,
dans les Théâtres
Quatre Théâtres seulement, TOpéra,
^?eitiS^de*rASJI rOdéon, la Porte Saint Martin et le Cirque,
bigu - Comique la , . 1 y 1 • j 00
faculté de donner étaient, avaut la révolution de i83o, en
aucun bal cette ,
année à ce théâtre, posscssion de douncr dcs bals masques.
" Postérieurement, et en raison de Tétat de gêne qu'éprouvaient les Directions théâtrales de la Capitale,
mon administration voulut bien permettre à quelques autres théâtres d'exploiter cette branche de spéculation. En. conséquence, elle désigna celles de ces entreprises qui useraient de cette faculté, en fixant les époques auxquelles les bals auraient lieu.
Ainsi, cet hiver, consultant le. goût de certain public pour ces sortes de saturnales modernes, et en raison du court espace du Carnaval, j'autorisai, dès le 5 janvier courant, l'ouverture des bals, savoir : à l'Opéra, à l'Odéon, au Palais Royal, au théâtre des Variétés et à la Porte Saint-Martin, les seules directions qui fussent en demande auprès de ma préfecture à la dite époque.
Ce nombre de bals m'ayant paru suffisant pour satisfaire les plaisirs du public et obtenir le maintien de l'ordre et la tranquillité désirable pendant la nuit, je prévins le 1 1 de ce mois le Directeur du théâtre de l'Ambigu-Comique que j'avais fixé l'ouverture des bals pour son établissement, ainsi que pour ceux du boulevard du Temple, au 2 février prochain, premier jour du Carnaval.
Cet ajournement fut de la part de ce Directeur l'objet d^une attaque publique contre ma Préfecture, résultant d'un placard affiché par son ordre le 1 2 courant dans Paris, et portant cette phrase unique : // ne plait pas à la Police de laisser danser apant le 2 février au Théâtre de l'Ambigu Comique.
Cet avis inconvenant, s'il n'est pas injurieux pour l'autorite, et qui pouvait provoquer à des désordres, joint à l'absence de tout droit ae^is à cette direction de donner des bals à l'Ambigu Comique, m'a déterminé. Monsieur le ^Ministre, à informa M. de Cescaupène qu'aucun bal n'aura lieu cette année à son théâtre, puisqu'il avait essentiellement manqué à toutes les convenances par son affiche, et méconnu les droits de mon administration ; qu'enfin il fallait que les Directeurs de théâtres apprissent que les bals ne peuvent avoir
g2 REVUE DES DOCUMENTS HISTORIQUES
lieu dans leurs établissemens que de Tagrément de Tautorité. Persistant, Monsieur le Ministre, dans cette détermination à regard de ce Directeur, j'ai cru convenable de vous en informer, dans la confiance que vous y donnerez votre approbation.
Agréez, Monsieur le Ministre, l'hommage de mon respect,
Le Conseiller d'État, Préfet de Police,
GiSQUET.
Le 20 janvier le ministre du commerce et des travaux publics répondit au Préfet de police la lettre suivante :