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GABRIEL-CHRISTOPHE, NÉ EN I79O, MORT EN

Gabnel--Christopbe Guerin, fils de Christophe et neyeu du précédent, naquit à Kehl le 9 novembre 1 790. Il étudia d'abord le dessin sous la (direction de son père, qui l'envoya à Paris en 18 10. Son oncle Jean, alors dans toute la puissance de son talent et de sa réputation, le fit entrer à l'école des Beaux-Arts dans l'atelier du peintre classique Regnault. Gabriel Guerin ne tarda pas à se distinguer par son application et par ses progrès. Son père, dans une lettre du 20 janvier 181 2) le félicita en ces termes :

Tu as fait un bon pas pour la perfection du dessin, car les extrémités de tes figures sont bien mieux rendues que sur les précédentes et d'une touche plus fermç. Tes études peintes me satisfont aussi. Il y a de TefiFét dans la tête à barbe, et le dos de ton académie a des tons délicats et bien fondus.

Le 21 mars suivant il mérita ce certificat flatteur du secrétaire perpétuel de l'école des Beaux- Arts :

Je soussigné secrétaire-perpétuel de l'école spéciale des Beaux-arts certifie que M. Gabriel-Christophe Guerin, natif

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de Strasbourg, âgé de 2 1 ans, est élève de l'école de peinture et regardé par les professeurs comme un de ceux qui, par leurs dispositions, donnent le plus d'espérances. En foi de quoi j^ai signé le présent certificat à Paris le 21 mars 1812.

MÉRXMÉE.

Il obtint en 1814 une troisième et une deuxième médailles et une première au mois de janvier 181 5. Le 3o octobre 181 3 le célèbre peintre Gérard lui avait délivré un certificat des plus honorables :

Je soussigné professeur en exercice aux écoles spéciales des

Beaux-arts certifie que M. Gabriel Guerin, élève de M. Re-

gnault, se fait également remarquer par la meilleure conduite

et par les plus heureuses dispositions et qu'une étude suivie doit

nécessairement lui assfurer une place distinguée dans les arts.

Paris, le 3o octobre 181 3.

F. Gérard,

membre de l'Institut, de la légion d'honneur, etc.

C'est au salon de 1817 qu'il exposa pour la première fois : son tableau, la Mort de Polynîce^ lui valut une médaille d'honneur. L'auteur en fit don au musée de Strasbourg (i). Au salon de 18 19 figurèrent un Baptême de Jésus^Christ^ qui devait orner l'église Saint- François d'Assise, et un portrait en pied de Louis XYIII, destiné à la préfecture d'Albi. En 1822, il exposa un Servius Tullius (2), qui obtint ensuite une médaille d'honneur à Lille, et V Invention de la lyre et du chant ^ que possède actuellement M. Jules Guerin. Justement fîère du talent et des heureux succès d'un artiste, dont la famille était une des gloires artistiques de l'Alsace, la ville de Strasbourg chargea son maire, M. de Kentzinger (3), de faire les propositions les plus flatteuses à Gabriel Guerin. On lui offrit, s'il voulait revenir à Strasbourg, la survivance de la charge de conservateur du musée, occupée par son père, et une place de professeur de dessin au lycée et à l'école industrielle. Gabriel Guerin, qui aimait passionnément son pays natal, n'hésita pas à accepter

(i) Ce tableau a été brûlé lors da bombardement de Strasbourg en 1870.

(2) Ce tableau, qui avait été acquis par le musée de Strasbourg, a été brûlé en 1870.

(3) Gabriel Guerin avait peint le portrait de M. de Kentzinger; ce portrait était conservé aa musée de Strasbourg où il a été brûlé en 1870.

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ces offres et il revint s'établir à Strasbourg auprès de son père. Dès lors il travailla presque exclusivement pour l'Alsace, dont nombre d'églises et de monuments contiennent des tableaux de lui. Il envoya rarement ses œuvres à Paris. Cependant au salon de 182711 exposaV Invention de V imprimerie à Strasbourg en 1436 (i), en i83i des costumes alsaciens et, en 1844, la Vierge et l'Enfant Jésus (2) . Il fît aussi une Adoration des Bergers^ qui est actuellement dans la cathédrale de Strasbourg, et le portrait de M. Schwilgué, le restaurateur de la fameuse horloge de la dite cathédrale.

Gabriel Guerin fît un grand nombre de portraits, parmi lesquels ceux de Benjamin Constant, peint alors que celui-ci fut élu député par les Strasbourgeois (3), et de Humann, ministre des finances de Louis- Philippe (4). Il faut citer aussi, parmi ses œuvres les plus importantes, une . Scène de la vie de Lantara^ Richelieu et madame de Chevreuse et Condé et mademoiselle de Montpensier (5).

Gabriel Guerin avait ouvert un atelier, qui fut fréquenté par un grand nombre d'élèves. C'est de cet atelier que sont sortis Brion, Henner, Halfner, Lix, Gluck, Schuler, Jung, Pradel et Schutzenberger.

Gabriel Guerin mourut le 20 septembre 1 846, d'une chute de voiture, pendant une partie de plaisir qu'il faisait avec des amis en Bavière. Il a laissé un fils, M. Jules Guerin, qui, sans avoir suivi la carrière artistique, a conservé pieusement les traditions de sa famille et m'a confié les documents qui m'ont servi à faire le présent travail.

*6 y^oce^i^

Gabriel Guerin avait un frère, Jean-Baptiste, qui fut aussi peintre et qui lui succéda comme conservateur du musée de Strasbourg.

(i) Ce tableau fut acquis par le duc d'Orléans, depuis Louis-Philippe, et fut conservé jusqu'en 1848 dans les galeries du Palais-Roytl. On ignore s'il existe encore. -

(2) Ce Ubleau a été cédé, au mois de juillet 1879, ptr Mademoiselle Comélie Guerin, au musée de Strasbourg, qui ne possédait plus, depuis les incendies de 1870, aucune œuvre du célèbre peintre alsacien.

(3) Ce portrait, très caractéristique, n'a jamais été reproduit. Il est actuellement conservé par Madame Vervoort, une des filles de Gabriel Guerin.

(4) Ce portrait est actuellement entre les mains de M. Jules Guerin.

(5) Ces trois tableaux sont conservés par M. Jules Guerin.

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