‹ revve des documents historiquesChapitre 82 sur 108 · JEAN-FRANÇOIS DE SAINT-LAMBERT · texte numérisé non relu

JEAN-FRANÇOIS DE SAINT-LAMBERT

Quand De Croix, secrétaire du Roi et trésorier de France, s'occupa de rédition des œuvres de Voltaire, restée célèbre sous le nom d'édition de Kehly il résolut de publier la correspondance de ce grand homme. Il fit, en conséquence, appel à tous ceux qui avaient eu des rapports épistolaires avec Voltaire. Parmi ceux, peu nombreux d'ailleurs, qui refusèrent de communiquer les lettres qu'ils avaient reçues, fut Saint-Lambert. L'heureux rival de Voltaire expliqua son refus par la lettre suivante, adressée, en janvier 1785, à De Croix :

Je croîs être sûr , Monsieur , que les deux épîtaphes de xMadame du Chatelet (i) ne sont point de M' de Voltaire, mais ce qui en est, ce sont les vers adressés à cette dame.

J'ai beaucoup de regrets de ne pouvoir donner les lettres que ce grand homme m^a écrites, mais l'honnêteté ne me permet pas de céder à l'envie d'obliger les éditeurs et à la

(i) J'ai trouvé, dans les poésies mSIées de Voltaire, Tépitaphe suivante de Madame

Du Chastellet:

« L'Univers a perdu la sublime Emilie!

Elle aima les plaisirs, les arts, la vérité.

Les dieux, en lui donnant leur âme et leur génie,

N*avaient gardé par eux que l'immortalité. »

Celle-ci est-elle une des deux que De Croix soumit i Saint-Lambert ? C'est possible' car Voltaire, dans sa lettre du 12 octobre 1749, adressée à Madame Du Boccage, ésavoua ce quatrain.

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