‹ revve des docvments historiqvesChapitre 26 sur 70 · EMMANUEL LECLERC · texte numérisé non relu

EMMANUEL LECLERC

Victor-Emmanuel Leclerc, né à Pontoise le 17 mars 1772, s'enrôla comme 'volontaire, aux débuts de la Révolution française, dans le 2« bataillon de Seine-et^Oise où il fut nommé lieutenant par ses camarades. Aide de camp d'un général, il partit pour Toulon. C'est de cette époque que date la lettre suivante, qui donne d'intéressants détails sur le siège de Lyon et sur l'état des esprits à cette époque.

Lyon^ le ï**" du 2* mois de la 2* année de la

République française (i).

I^eclerc à Nouet (2), ^lut.

J'ai été fort surpris, mon ami, quand Botot m^a dit que tu n'avois reçu de moi aucune narration de TafiFaire de Cobrun. Je f en ai envoyé une relation d^Aix. Si tu ne Pas pas reçu plutôt c'est que j'ai été très-occuppé jusqu'à ce moment. J'ai été, ainsi que le général, deux jours et deux nuits sur pied, et nous avons tous payé de notre personne. Nous avons rencontré à Aix Riqprd, Boula et Topino Lebrun. Ricord veut être adjoint au ministre de l'intérieur. Ses collègues n'approuvent pas tout-àrfait ses vues et ne serviront pas ses prétentions à Paris. D'après une conversation que j'ai eu avec eux je crois qu'il se blousera. Lyon a été assez maltraité, mais on retient

(i) i*' brumaire an H {22 octobre 1793).

(3) Est-ce rastronome Nicolas-Antoine Nouet ? Cest peu probable.

un trop grand nombre de prisonniers dans les prisons. Ce n^est pas avec des prisons qu*on fait des révolutions : c^est un combat à outrance, il faut les détruire. Le quai du Rhône est le seul endroit qui ait bien souffert. On assure qu^il a péri 1 2,000 hommes dans le siège. On est entré dans la ville au moment où on parlementoit (i). Nous avons obtenu pour Toulon 25 bouches à feu consistant en pièces de 24 et de 16, en mortier et obusier, chaque bouche à fev approvisionée à 400, soit boulets, soit bombes. Nous pourrons avoir 3ooo fusils et 8000 hommes en tout, sur lequel il y aura 6000 hommes de troupes exercées. Nous eussions pu en avoir davantage, mais le succès que les impériaux ont eu du côté de Wissembourg est cause qu^on y enverra de l'artillerie et des troupes. Nous avons à Lyon Couthon, Chateauneuf et Laporte : tous trois sont bons. Nous saurons demain ce que nous aurons de troupes. Après demain nous nous occuperons de les faire partir et nous les suivrons de près, du moins à ce que j'espère.

RappeUe-moi, ainsi que le général, au souvenir de Barras, Fréron, Bâton et les autres.

Il faut raser Lyon et exterminer ses habitans, sans quoi. . . (2) .

Leclerc.

Leclerc tncntra au siégé de Toulon une telle bravoure qu'il fiit nommé capitaine. C'est là qu'il connut Napoléon Bonaparte, qui lui fît épouser, en 1797, sa sœur Pauline. Leclerc devint général de division après le 18 brumaire et fut envoyé, en 1802, à Saint-Domingue où il mourut de la fièvre jaune le 2 décembre de la même année.

(i) Cest le 9 octobre 1793 que les troupes républicaines entrèrent dans Lyon.

(3) A ce moment Couthon n'avait pris contre Lyon que des mesures relativement douces, mais ColIot-d'Herbois et Fouché allaient arriver éublir dans la ville rebelle le régime de la Terrctir,

Catherine de Médicis, née à Florence en iSig, était fille de Laurent II de Médicis, duc d'Urbin, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne, et nièce du pape Clément VIT. Ce dernier, qui cherchait à ménager à la fois François I«^ et Charles-Quint, qui tour à tour le faisaient juge de leurs différends, fit accepter, en 1 533, sa nièce au roi de France pour femme du second fils de ce souverain, Henri, duc d'Orléans. Catherine avait alors treize ans et son futur mari quatorze ans et demi ; elle n'apportait en dot que cent mille écus et les terres possédées en France par sa mère, et qui représentaient une somme égale à la dot. Mais Philippe Strozzi, envoyé du Pape, faisant allusion aux antiques prétentions de la France sur l'Italie, avait insinué que l'héritière des Médicis apportait à son mari trois joyaux d'un grand prix, Gênes, Milan et Naples (i).

Catherine fut amenée à Nice d'où elle adressa, le 23 septembre i533, la lettre suivante à François I«^ (2) :

Sire

lo ringratio molto humilmente la maiesta vostra christianissima di essersi quella degnata di scrivere di nuovo alla sua humilissima ancilla et servitrice per Monsignore el vescovo d'Auxerre (3), et ancora di tucte le parole le quali mi ha decte per parte di quella, credendole, corne mi comanda per la sua lectera la Maiesta vostra, a piedi délia quale desidero di

(i) Cf. Mémoires de Martin du Bellay ^ coll. Michaud et Poujoulat, t. v, p. 245.

(2) Collection de M. Benjamin Fillon.

(3) François II de Dinteville, évêque d'Auxerre, du 4 mai i53o au 27 septembre i554. I était ambassadeur du Roi à Rome.

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