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ADRESSES ILLUSTRÉES

AU XVIIIe SIECLE

Le goût du luxe dans les vêtements ou dans les ameublements et l'amour des objets d'art se développa beaucoup sous la Régence. Les gentilshommes et les grandes dames employaient des sommes considérables soit pour leur parure, soit pour la décoration ou l'ameublement de leurs demeures. Les bourgeois, que des spéculations heureuses ou un génie financier avaient conduit à la fortune, voulurent rivaliser avec la noblesse. De là une émulation qui fut très-favorable au com^ merce. Les joailliers surtout avaient une nombreuse et riche clientèle (i ). La joaillerie était d'ailleurs un métier qui nécessitait beaucoup de capacité et d^argent (2). Plusieurs de ces négociants sont restés célèbres. Lazare Duvaux, marchand-bijoutier ordinaire du roi, fournit à la fois

(1) Ces négociants étaient qualifiés indifféremment de mercier^ bijoutier, joaillier et orfèvre Savary, dans son Dictionnaire universel du commerce (édition de 1741), donne de curieux renseignements sur ces diverses dénominations.

La mercerie, qui tient le troisième rang parmi les six corps des marchands, est le plus important parce qu'il comprend tout le commerce des autres corps. II est divisé en plusieurs classes différentes. Dans la treizième sont ceux qui vendent toutes marchandises et curiosités propres pour l'ornement des appartements, telles que tableaux, estampes, candélabres, etc. — Bijouterie c est le commerce de toutes sortes de petites curiosités qui servent à orner les personnes et les appartements. « — Jouaillerie f est un terme de négoce qu signifie en général toutes sortes de marchandises, de pierreries taillées ou non taillées, comme diamans, rubis, grenats, saphirs, émeraudes, topazes, améthystes, etc. On y comprend aussi les perles, les turquoises, les opales, les agathes, les cristaux, l'ambre jaune, le corail^ le lapis, etc., même toutes sortes de bijoux et joyaux d'or, d'argent et d'autre matière prédeuse. • — c Orfèvrerie se dit du négoce qui se fait des ouvrages d'or et d'argent fabriqués par les orfèvres. »

(2) Savary dit formellement : • Il faut qu'un marchand ait beaucoup de capacité et d'argent pour entreprendre le négoce de la jouaillerie. »

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