DODART
Mon intention est que pour éviter les formalités de justice et prévenir Pexaction de certains droits il soit fait un partage après ma mort entre mes enfants comme mes héritiers en conformité de mon testament, parce que sans cela ils seroient obligés de renoncer à ma succession et faire créer un curateur à ma succession vacante, avec qui il faudroit faire ordoner la délivrance de leur legs.
On abbrégera toutes ces longueurs en se présentant à Monsieur le Fèvre, notaire, qui sçait mes affaires et qui est très digne de la confiance de mes enfants par Tamitié qu^il me témoigne en toutes rencontres et par son extraordinaire capacité, et en luy déclarant que les parties sont convenues ensemble de partager conun^il suit.
La dite pièce a été paraphée et signée, lors de son ouverture, le 6 novembre 1707, par les notaires, par M. Brisset, et par le fils et la fille du testateur. Voici maintenant une note jointe au testament.
Mémoire des livres que je laisse à ma fille outre ceux que j'ay déclaré luy appartenir par le don que Mademoiselle de Vertus luy en a fait et qu'on trouvera dans ma Bibliothèque.
La vie des Saints de M. Baillet. Elle est entre les mains de ma fille.
Les lettres de Saint Augustin en français, 2 volumes fol., traduction de M. du Bois.
L'histoire de France in- 1 2 de Mézeray abrégé avec l'histoire des Gaulois du mesme autheur.
Le Monde de Davity qui est à Versailles dans mon cabinet, tablette à gauche, in-fol., 4 ou 5 volumes.
Touts les in- 12 françois qu'on trouvera dans mon cabinet à
Versailles sur ma table, sur le bord de ma fenestre et dans les tablettes à gauche et à droite, et touts les in-8 françois qui sont au mesme lieu, hors ceux qui traittent des sciences.
Et touts ceux du mesme volume in- 1 2 ou in-8 qui sont dans Parmoire du milieu à gauche dans le cabinet à Paris où est une bonne partie de ma Bibliothèque.
Touts les petits écrits de dévotion reliés et non reliés que j'ay déposés partie chez M. d'Apremont, à Versailles, partie dans le coffret que j^ay déposé chez ma fille et qui estoit à feiie sa mère.
Toutes les feuilles volantes reliées et non reliées en recueil ou non qui sont en françois, soit couchées sur le plancher au pied de la 3* armoire à gauche dans mon cabinet à Paris, soit à droite et à gauche de mon lict dans ma chambre à Paris, en pilé, en couverture, en liasse, en portecahiers ; touts ces imprimés ne convenant nullement à mon fils, j^entens touts les livres désignés dans les 5, 6, 7, 8 articles cy-dessus, hors ceux qui traittent des sciences et des arts qui pourroient estre meslés avec les livres de ces volumes dans les lieux désignés. Fait à Versailles le 9 may mil sept cents sept.