DODART
La pièce est paraphée par les mêmes personnages que la précédente.
Denis Dodart ne survécut pas longtemps à ce testament. Il mourut d'une fluxion de poitrine, le 5 novembre 1707, laissant une réputation dont son fils, Claude- Jean-Baptiste, né en 1664, ne se montra pas indigne. Toumefort a donné le nom de Dodartia orientalis à une plante qu'il découvrit en Arménie dans les rochers de TArarat. Il est bon de noter aussi que Dodart avait projeté une Histoire de la musique qu'il ne put terminer. Il fit seulement paraître, en 1706, dans les Mémoires de V Académie des sciences, un travail fort curieux sous ce titre : De la différence des tons de la parole et de la voix du chant, par rapport au récitatifs et, par occasion, des expressions de la musique antique et de la musique moderne.
Le lendemain de la mort de Dodart, son fils et sa fille, ainsi que l'exécuteur testamentaire Brisset, déposèrent chez le notaire Lefèvre le testament ci-dessus publié, comme en fait foi l'acte suivant : TOME IV 10
Aujourd^huy est comparu par devant les notaires du Roy à Paris soussignez M* Alexandre Brisset^ avocat au Parlement, demeurant à Paris rue Quinquanpoix, parroisse Saint-Nicolas des Champs, lequel en la présence de M. ClaudeJean-Batiste Dodart, conseiller du Roy^ premier médecin de Monseigneur le duc de Bretagne, demeurant à Versailles, de présent à Paris, et de demoiselle Marguerite-Angélique Dodart, fille majeure, demeurant à Paris rue des Poulies, à Phostel de Conty, parroisse Saint-Germain de T Auxerrois, a par ces'présentes déposé pour minute à Lefèvre, Tun des notaires soussignez, Toriginal du testament de deffunt M* Denis Dodart, de P Accadémie Royàlle des sciences, médecin ordinaire de Son Altesse Sérénissime Madame la Princesse douairière de Conty, père des dit et demoiselle Dodart, escrit en un cahier de moyen papier, dont les quatre premiers feuillets sont entièrement escrits et unze lignes sur le suivant, le surplus en blanc, daté de Versailles, du huit may dernier, de luy signé, et commençant par ces mots : « Au nom du père, du fils et du Saint Esprit. C'est icy mon testament de dernière volonté. Je désire estre enterré, etc. » A la seconde page verso le second mot de la vingt-sixième ligne est rayé, les deux pénultièmes mots de la cinquième ligne du second feuillet recto, ainsy que le second mot de la vingthuitième ligne, sont rayez. Au mesme feuillet verso sont des ratures et interlignes aprouvez en marge, à la seconde ligne du troisième feuillet verso est un mot rayé et le mot, luy, mis en interligne, à la vingtième ligne un mot rayé, et trois mots en interligne au dessus, et encor le mot mon en interligne quatre lignes au dessus, et en marge des pages il y a des renvoys paraphez dudit deffunt. Ensuite duquel testament est une observation dudit feu sieur Dodart qu'en ouvrant son testament pour le voir il en a déchiré le commencement des feuillets par accident-, laquelle déchirure est en travers et n'endommage point l'escriture.
Plus et a pareillement déposé un mémoire de livres esnoncé
audit testament, pareillement escrit et signé de la main dudit defiFunt sieur Dodart, daté du neuf dudit mois de may dernier. Pour desdites deux pièces délivrer les expéditions nécessaires, ledit feu sieur Dodart estant décédé le jour d^hier, par lequel testament le sieur Brisset est nommé exécuteur testamentaire conjointement avec les dit et demoiselle Dodart. Ce fait, les dites deux pièces ont esté paraphées ne varientur par les sieur Brisset et lesdits sieur et demoiselle Dodart et par les notaires soussignez. Ce fut fait et passé à Paris en Pestude de Lefèvre, l'un des notaires soussignez Tan mil sept cens sept, le sixième novembre après midy, et ont signé.
Brisset. Dodart. Dodart.
HuREL. Lefèvre.
Claude-Jean-Baptiste Dodart, qui a signé la pièce ci-dessus, avait été reçu docteur en médecine à Paris, le i3 décembre 1688. Il fut successivement médecin des dames de Saint-Cyr,. des ducs d'Orléans, de Bourgogne et de Berry, et de la princesse de Conti. Il devint enfin premier médecin du roi Louis XV, et mourut d'apoplexie en ijSo.