‹ revve des docvments historiqvesChapitre 39 sur 70 · ALIENOR DE GUYENNE · texte numérisé non relu

ALIENOR DE GUYENNE

Alienor de Guyenne, née en 1122, était fille de Guillaume IX, dernier duc de Guyenne. Mariée le 2 août ii37, dans l'église Saint- André de Bordeaux, au roi de France Louis VII, elle accompagna celui-ci à la deuxième croisade. Au retour, soit qu'elle fût mécontente d'un mari dont l'humeur jalouse et les mœurs austères contrastaient si fort avec le caractère vif et léger et les goûts artistiques de l'héritière de Guyenne, soit qu'elle eût donné à Louis VII de justes sujets de reproche, le divorce fut demandé par les deux époux et accordé par le concile de Beaugency, sous le prétexte de parenté, le 18 mars 11 52. Ce divorce, qui enlevait à notre pays de si beaux domaines, fut le point de départ de luttes séculaires entre la France et l'Angleterre. Éléonore, redevenue libre, épousa Henri Plantagenet, comte d'Anjou et duc de Normandie, qui devint, en 1 155, roi d'Angleterre sous le nom de Henri II. On sait combien elle eut à souffrir, cette fois, des infidélités de son second mari, tellement qu'elle excita ses fils contre leur père, qui lui fit expier cette révolte par onze ans de captivité (i lyS-i 184). Henri II mourut en 1 189, laissant le trône â son fils Richard-Cœur-de-lion. Ce dernier, partant pour la croisade, confia la régence à sa mère. Peu après le retour de Richard, Alienor de

Guyenne se retira à l'abbaye de Fonteyrault, dont elle fut la bienfaitrice. C'est là que reposait son second mari; c'est là encore qu'elle vit inhumer son fils Richard, mort d'une blessure reçue au siège de Chalus (i6 avril 1 199), et qui eut pour successeur son frère Jean Sansterre. C'est dans cette même abbaye de Fontevrault que la reine Âlienor fit écnre, le 6 octobre 1200, la charte dont voici le texte :

Alyenor, Dei gratia Regina Anglie, Ducissa Normannie et Aquitanie, Comitissa Andegavensis, dilectis suis prepositis, ballivis, justiciariis et aliis fidelibus suis, et omnibus presentem cartam inspecturis vel audituris, salutem in Domino perpetuam. Universitati vestre notum fieri volumus nos, respectum habentes ad multa gravamina, que per karissimum filium nostrum Richardum, quondam regem Anglie, monasterio sancti Maxentii cognovimus irrogata, ob salutem anime nostre et parentum nostrorum et predicti filii nostri et successorum nostrorum, de consensu etiam et voluntate Johannis, régis Anglie, filii nostri, ad instanciam et peticionem dileai in Christô Mauricii, Pictaviensis episcopi, abbatem et monachos sancti Maxentii, de procuratione quam nobis faciebant apud sanctum Maxentium penitus Quiptalle etClamalle, inperpetuum libères et immunes, tali modo quod abbas et fratres dicti monasterii nec nobis, nec successoribus nostris, seu ballivis nostris, nec aliquibus ex nostris procurationem aliquamde cetero reddere tenebuntur. Dedimus etiam abbati et fratribus supradictis omnia servitia, que nobis faciebant forestarii de nemore de Savra, salvo tantum et retento exercitu nostro et expedicione. Verumptamen abbas et fratres, pro salute anime nostre antecessorum successorumque nostrorum, qualibet die perpetuis temporibus très pauperes in refectorio pascere tenebuntur, et duas missas in remedio peccatorum nostrorum nichilominus ceiebrare. Si quis autem, quod absit, huic nostre donationi et helemosine tam pie facte, contradicere presumpserit, ejus conatus et mala voluntas non prevaleat et per censuram ecclesiasticam arceatur. Teste me ipsa, apud Fontem

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