‹ revve des docvments historiqvesChapitre 42 sur 70 · JEAN-BAPTISTE PIGALLE · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE PIGALLE

A Paris, ce 27 juin 1754.

Monsieur,

Voicy une pension vacante par le déced de M. Gaze, notre ancien directeur. Croyant avoir eu le bonheur de réussir dans la figure du Roy (i), ne seroit-ce pas une occasion pour me flater de mériter cette pension ? Tous ceux qui ont été chargés des figures de Roy ont été honorés de pareilles récompenses, indépendament du prix de leur travail. M. le Moine (2), en particulier, jouit d'une pension de 800 livres sur la cassette, outre le présent considérable que lui a fait la ville de Bordeaux. Vous sçavez, Monsieur, le besoin que j'en ai, et que toutes lés bontés que vous avez eiies pour moy n'ont fait qu'augmenter mon ardeur pour tâcher d'en mériter la continuation.

Je suis avec un très-profond respect, Monsieur,

. Vostre très-humble et très-^obéissant serviteur,

Jean-Marc Nattier n'eut sans doute pas la pension ; vieux, pauvre et malade, il tomba en enfance et mourut le 7 septembre 1766, chez son gendre le peintre Challe, qui l'avait recueilli (3). Pigalle eut une plus heureuse fortune : il continua à exercer son art, et les honneurs ne lui firent point défaut. Adjoint à recteur le 7 juillet 1770, recteur le 27 septembre 1 777, il devint chancelier de l'Académie de peinture le 8 janvier 1785. Il mourut, le 21 août suivant, à Paris, rue Saint-Lazare. Son acte.de décès (4) expose toutes les qualités du défunt, à savoir : f Ecuyer, sculpteur du Roy, chevalier de Tordre de Saint-Michel, chancelier de son Académie royale de peinture et de sculpture, l'un de ses quatre recteurs, membre de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Rouen, citoyen de la ville de Strasbourg. »

(i) Pigalle avait ezécaté la statue de Louis XV pour le monument élevé sur une des places de Reims en l'honneur de ce prince.

(2) Jean-Baptiste Lemoyne, auteur de la statue équestre de Louis XV érigée à Bordeaux.

(3) Abecedario de Mariette, t. IV, p. 49.

(4) Archives de l'Art français, t. VI, p. iio.

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