À Saint-Pierre-es-Liens à Rome
les ouvrages des autres peintres des exemples capables de soutenir la comparaison avec ceux-ci, tels que l’Isaïe * et la Vision d'Ézéchiel? de Raphaël, le Saint Marc du Frère Barthélemy* et plusieurs autres; mais aussi ces exemples sontils si ressemblants à la manière de penser de Michel-Ange, qu'on est obligé de les regarder comme des rayons dont la direction même marque le centre dont ils émanent.
Le sublime, en peinture comme dans la poésie, s'empare à tel point de notre esprit qu’il n’y laisse pas de place à la petite critique. En présence de ces grandes idées, exprimées avec cette grandeur, les petites élégances de l ‘art perdent tout leur prix, et paraissent pendant un instant indignes de notre attention. De plus hautes qualités ont le même sort. Le jugement solide, la pureté de goût qui caractérisent Raphaëi, la grâce exquise du Corrège et du Parmesan, tout disparaît devant ce prestige. AGE)
Oui sans doute, il y a du caprice dans l'invention de Michel- Ange, cela ne peut être contesté. On ne peut en conseiller l étude sans précaution ; car quoique ses inventions paraissent fort bonnes chez lui, elles sont de celles qu'on ne peut imiter sans danger et quelquefois sans ridicule. « Dans ce cercle que personne ne s’aventure que lui. » À mes yeux, j'avoue que ce caprice ne diminue nullement l'estime de son génie, quoiqu'il aille parfois à l’extrême. Quelque jugement qu'on fasse de ces écarts, on ne doit pas oublier que ces défauts sont d’une sorte, si l’on veut les nommer ainsi, qu'un petit esprit n'aura jamais, qu'ils ont coulé de la même source qui a produit ses plus grandes beautés ; que nul que ui par conséquent n’était capable de les commettre. C'étaient les puissantes impulsions d’un esprit impatient de toute espèce de contrainte, trop haut pour recevoir les lecons d’une froide critique.
Beaucoup sont sensibles à ses audacieux écarts, quine peuvent rien apercevoir de plus. Un jeune artiste trouve les œuvres de Michel-Ange si différenies des ouvrages de son maître, ou de