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ceux dont il est entouré, qu’on peut aisément lui persuader de négliger l'étude de ce style. Il lui paraît sauvage, mystérieux, au-dessus de sa portée, il ne sent en conséquence aucune disposition à l’admirer; et quelle raison imaginer pour lui de cette absence d’admiration, sinon que ce style en est indigne? Il est donc nécessaire de préparer les élèves à la déception qui les attend ici au commencement de leurs études ; il faut les avertir qu'il ÿ a des perfections pour lesquelles, au premier moment, ils ne sentiront point d’attrait.
Rappelons-nous que ce grand style lui-même est au plus haut point l'effet de l’artifice, et qu’il exige dans le spectateur une culture artificielle aussi. Rien n ‘est si absurde que de supposer le goût de ce style inné chez nous, quoiqu'il soit vrai que nous en avons le germe ; germe qui, par la chaleur et l’heureuse influence de ce génie de Michel-Ange, peut croître et fructifier en nous.
Un défunt philosophe et critique‘ a observé en parlant du goût, que « nous ne devons nullement nous attendre que les belles choses descendront vers nous : il faut, s’il est possible,
que notre goût monte vers elles ». Le même savant écrivain
nous recommande « d'aller jusqu’à feindre le goût en attendant que le goût nous vienne, et que nous sentions comme une réalité ce que nous avons commencé par une feinte ». S'il y a dans notre art, comme je crois qu’il y a dans la musique, un
certain règlement, une convention qu’il faut que le critique | ) q
connaisse avant de juger de ses productions, la comparaison avec cet art expliquera ce que j'ai dit sur ces points-là, et montrera qu'il est probable, on peut même dire certain, que l’homme ne possède point en naissant le goût de ces arts dans
eur degré le plus raffiné. Ainsi, comme il ne peut les con-
naître, il est impossible qu’il en ressente les effets. Ce grand style de Michel-Ange est aussi éloigné de la simple représentation des communs objets de la nature, que la plus savante musique italienne l’est des notes sans art que la nature fournit, quoique l’une et l’autre y aient leur origine, di fauté d’une