‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 111 sur 302 · TROISIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

TROISIÈME LETTRE

Monsieur,

En parlant dans ma dernière lettre de la pratique différente des peintres italiens et des peintres hollandais, j'ai observé que le peintre italien ne s'attache qu'aux grandes idées générales etinvariables de la nature.

Le désir de débrouiller la cause de cette conduite des peintres italiens, m'inspire à nouveau cette lettre-ci. Si on peut prouver que par ce choix ils ont rassemblé les plus belles parties de la nature, cela fera voir combien leurs principes sont fondés sur la raison, et nous découvrira en même temps l'origine de nos idées de la beauté.

Je pense qu’on m'accordera sans peine que personne ne; peut juger si un animal est beau dans son espèce ou s’il est! difforme, quand il n’a vu que lui de cette espèce. On en peut.

dire autant de la figure humaine, de sorte que si un aveuglené à qui on donnerait la vue, venait à apercevoir la plus

belle femme possible, il se trouverait embarrassé de décider :* si elle est belle ou non. Supposé même qu’on lui en montrât LAYTE

deux, l’une fort belle et l’autre d’une parfaite laideur, il ne serait pas moins embarrassé de donner à l’une des deux la préférence, supposé qu'il n'ait vu que ces deux-là. Donc il faut avoir vu plusieurs individus d’une même GENRES FeuR PIPRAU cer sur leur beauté. | ad. th, LA

Si l’on demande comment plus d’ habileté s cu diente par el aie | servation d’un grand nombre, je réponds que, parce qu’on en a ;: vu plusieurs, la faculté se forme, même sans y prendre garde, de

distinguer les taches accidentelles, les altérations toujours diverses que la nature offre à la surface, des formes qui se présentent plus fréquemment et auxquelles la nature paraît tendre.

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