‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 17 sur 302 · Traité de la Peinture, ch. XVI · texte numérisé non relu

Traité de la Peinture, ch. XVI

L'artiste dont l’esprit est ainsi meublé d'idées, et dont la main est exercée par la pratique, travaille avec facilité et promptitude ; tandis que celui qui prétend vous faire croire aux inspirations du génie, ne sait réellement de quelle manière commencer, et n'accouche enfin de ses monstres qu’avec peine et difficulté.

Le peintre instruit de principes solides n’a besoin que de réfléchir mürement sur le sujet qu’il veut traiter, et toutes les parties mécaniques de l’art suivent sans qu’il ait besoin d'y songer. Convaincu de la difficulté qu'il y a à acquérir ce qu'il possède, on ne le voit pas en faire mystère, si ce n’est des règles qui requièrent une plus délicate application. Inaccessible à la jalousie, il ne trouve pas mauvais que d’autres, qui ne se sont pas donné moins de peine que lui, occupent un rang égal au sien, et comme sa supériorité n’est point fondée sur des tours d'adresse, il ignore les tristes soupcons de ces charlatans que tourmente sans cesse la crainte de

voir leurs secrets découverts.

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