‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 239 sur 302 · Maintenant au musée de la ville, n° 113 du catalogue · texte numérisé non relu

Maintenant au musée de la ville, n° 113 du catalogue

Rugens. — Une Notre-Dame de Pitié’ par Rubens, qui sert de monument à la famille des Michielssens, et est pendue contre un pilier. C’est un de ses tableaux les plus soignés ; les caractères y sont d’un plus grand style que d'habitude, surtout celle de la Madeleine pleurant avec son poing fermé. Le coloris du Christ et de la Vierge est d’un ton de perle très beau et très délicat, en opposition avec le coloris monté de saint Joseph *.

J'ai dit ailleurs que Rubens ne paraît avec avantage que dans de grands ouvrages ; il faut regarder ce tableau comme une exception.

La Vierge avec l'Enfant Jésus sur un des volets est le même qu'un tableau à l'hôtel Marlborough. La Vierge tient le Christ qui est debout sur une table ; l'enfant semble attentif à quelque chose hors du tableau ; le regard vague de l'enfant y est bien représenté ; mais la figure est médiocre et commune, nullement propre à représenter le Fils de Dieu. La seule image du Christ où Rubens réussisse, est quand il le représente mort. Enfant ou homme occupé à quelque action, il le peint sans divinité, comme sans grâce et sans majesté.

Sur l’autre volet est Saint Jean, d’une belle couleur, mais le caractère est également vulgaire.

À l'extérieur de ces volets sont deux tableaux en camaïeu : l’un d'un Christ, l’autre de la Vierge et de l'Enfant, peints par Rubens comme les deux autres.

Le maîttre-autel.

RuBens. — L'Assomption de la Vierge. Elle est entourée d’un chœur d’anges ; en bas sont les Apôtres avec un grand nombre de figures. Ce tableau n’est pas d’un aussi riche aspect quant à la couleur que beaucoup d’autres ouvrages du maître, ce qui provient j imagine de ce qu’il y a trop de bleu dans le ciel ; aussi bien ce défaut n’existe pas dans la partie inférieure du tableau. On dit que Rubens n’a mis que seize jours à le peindre. La gravure par Bolswert.

1. Le Christ à la paille, maintenant au musée de la ville, n° 300 du catalogue. .

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