‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 45 sur 302 · TEA · texte numérisé non relu

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qu’on peut essayer de les déterminer.

Plus ces préjugés deviennent étroits, locaux et transitoires, plus ce goût secondaire tient de la fantaisie, ets éloigne de la

science véritable; moins il a le congé de la raison, moins il # doit régler la pratique ; quoiqu'il ne faille peut-être en aucun ‘1 cas le néghger entièrement, si toutefois il n’est pas, comme il : l

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arrive parfois, en contradiction avec les opinions les plus respectables du genre humain.

Ces propositions établies, je vais prendre quelque liberté avec la rigueur de la méthode, cette rigueur n'étant pas nécessairg pour en venir à mes conclusions.

gNous regarderons donc comme accordé que la raison est chose d’invariable, fixé dans la nature des choses, et, sans nous mettre en peine de remonter aux premiers principes, qui échapperont toujours à notre recherche, nous conclurons que tout ce qui, passant sous le nom de goût, se laisse attirer et ranger à la dépendance de la raison, doit être considéré comme également exempt de changement. Si par conséquent nous pouvons, dans les recherches que nous allons faire, démontrer qu'il y a des règles fixes et invariables pour la con- : duite de l’artiste, il s’ensuivra naturellement que l’art du connaisseur, ou en d’autres termes le os a aussi des principes invariables.

Quand on demande la raison du jugement que nous portons des œuvres d’art, et de la préférence que nous donnons à un certain genre sur les autres, nous avons sans doute le droit de répondre que nous jugeons selon notre goût; mais il ne | s'ensuit pas qu'une meilleure réponse ne puisse être faite à à cette question, bien que celle-ci suflise pour le commun : tout le monde y étant pas tenu de rechercher les raisons de son approbätiqn éu de si répugnance.

Les arts seraient pour jamais exposés au caprice et au hasard, . si ceux qui doivent juger de leur mérite n’avaient pas de principes établis pour régler leurs décisions, et si les beautés et les défauts des ouvrages ne devaient être déterminés que par uné fantaisie déréglée. Et en effet j'ose dire que tout ce que la pratiq - de«l’art exige de connaissance théorique chez l’artiste, éstnécéséire au connaisseur,

La preiière.idée qui se présente quand on considère ce qu'il y a de fixe sans. l’art ou dans le goùt, c’est ce principe fonda- + mental dont j#i si souvent parlé dans mes précédents discours : à

| l'idée générale de nature. Le commencement, le milieu et la fin de tout ce qu’il ù a de solide dans le goût, est compris dans

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16, ee SEPTIÈME DISCOURS

© la connaissance de ce qu'est vraiment la nature; car toutes les idées qui ne sont pas conformes à celles de la nature ou à l'opinion universelle, doivent être regardées comme plus ou moins arbitraires.

Mon idée de la nature ne comprend pas seulement les formes | que la nature produit, mais encore la nature et façon intérieure,

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si je puis m'exprimer ainsi, de l'esprit de l'homme et de son

bre imagination. Les termes de beauté et de nature, qui sont des : limit À idées générales, ne sont que des manières différentes d’ exprisit ei ; NN: mer la même chose, qu'on les applique à des statues, à des È vers, ou à des tableaux. La difformité n’est pas la nature, mais 1 à un écart accidentel à l égard de sa pratique ordinaire. En consé- 4 quence cette idée générale est ce qui doits appeler nature, et, si

l’on parle comme il faut, rien d’autre n’a droit à ce nom. Mais nous À

sommes si loin de parler dans la conversation avec cette exac-

titude, que nous disons au contraire, en critiquant Rembrandt k

et les autres peintres hollandais d’avoir mis dans leurs tableaux “4

d'histoire l’image exacte d'objets individuels avec tous leurs “4

défauts, nous disons, dis-je, que le goût est RAS mais que du moins c’est la nature. D Cette fausse application des termes ne peut manquer d’em- barrasser souvent le jeune artiste. L'art n'est-il pas, dira-t-il, une imitation de la nature ? En conséquence, celui qui Pimite

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