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avec la plus grande fidélité, n'est-il pas nécessairement le premier ? D’après ce raisonnement, Rembrandt a sa place au-dessus de Raphaël. Mais un peu de réflexion suflira à faire voir “ que ces traits individuels ne peuvent pas être pris pour la nature, car comment la nature de l’homme pourrait-elle être cherchée où règne la dissemblance? étant donné qu'il n'y a pas dans le monde deux individus qui soient pareils.
Ainsi, suivant qu’un ouvrage est conduit sous l'influence desy / 1 -:4 idées générales ou d'idées particulières, il faut le considérer, $ dans son ensemble, comme l’œuvre du bon ou du mauvais goût.!
En conséquence, puisque la beauté ne consiste pas à prendre | ce qui se trouve immédiatement devant vous, ilne convientpas davantage, dans nos recherches sur le goût, de regarder les premières opinions que nous sommes sujets à recevoir comme un
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effet du meilleur choix, ou d’un choix qui serait plus naturel à l'esprit et à l'imagination. Lorsque nous ne commençons qu’à nous instruire, nous nous jetons avec activité sur ce qu'ily a de bon dans l’objet le plus proche ; ce n’est qu’après avoir eu
le temps de la réflexion et par un effet de la discipline, que*’
nous refusons le bien présent pour quelque chose de meilleur «à distance. La noblesse et l’élévation de tous les arts, comme
de la vertu elle-même, consiste à régler sa conduite sur cette idée plus étendue, et toute critique fondée sur une vue plus”
restreinte de ce qui est naturel, mérite d’être condamnée. J’ajoute qu’elle est plus superficielle que fausse : le défaut venant
de ce que la vérité n'y est pas prise dans une extension sufl-
sante. "fn 1 R FE | Il est quelquefois arrivé aux plus grands maîtres de notre
art de tomber dans l'erreur par un effet de cette méthode bor-
née de raisonner. Poussin, qu’on peut citer comme exemple d’un artiste étroitement attaché aux idées les plus étendues et générales de la nature, cependant, parce qu'il a négligé de se
faire là-dessus des principes, a délaissé au moins une fois, à: mon avis, la vérité pour le préjugé. On dit qu’il n’a pas craint:
de défendre Jules Romain sur son peu de soin à disposer les
masses de lumière et d'ombre, et à bien grouper les figures.
dans sa Bataille de Constantin‘, comme si cette négligence eût marqué l'intention de rendre le désordre d’une bataille. La méthode du Poussin lui-même dans plusieurs de ses tableaux a de quoi nous faire croire ce récit. Que telle ait été sa pratique, le Sacrifice à Silène *, et le Triomphe de Bacchus* en sont la preuve ; et l’on en voit un exemple plus éclatant encore dans son Persée tenant la tête de Méduse*. |
Ce dernier sujet est certainement un sujet de grand fracas et fort tumultueux ; et pour que le premier aspect de la peinture y corresponde, nous voyons que le peintre y a violé tous