Mais celle des professeurs spéciaux de l'Académie
2. On rapporte que Gainsborough n'aurait peint l'Enfant Bleu du duc de Westminster, où le bleu tient en effet une place principale, qu’afin de démontrer la fausseté de ce principe. Mais l'Enfant Bleu paraît de neuf ans antérieur, et
cette anecdote n’est qu’une tradition.
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mie des couleurs. Faute d'observer la règle dont je viens de parler, ils sont tombés dans cette pesanteur d’effet si sensible dans leurs ouvrages. La principale lumière dans le tableau de Lebrun dont il était question tout à l’ heure, tombe sur Statire,
à qui le peintre a fort imprudemment donné un vêtement d’ un bleu pâle. Il est vrai qu’il a relevé d’or ce vêtement; mais ce n’est pas assez; tout le tableau en reçoit un air pesant, qui cause une grande déception à celui qui d’abord l’a jugé sur l’estampe ‘. Poussin a fait souvent une tache de draperie bleue, quand le ton général du tableau tirait sur le brun ou sur le jaune; et ceci prouve assez que l'harmonie des couleurs n’était pie le fort de ce grand homme. Ro
-La ‘conduite tenue par le Titien dans VArans HATHPECU ‘avec raison de grands éloges, à cause de cette harmonie. Il a | donné, disent les critiques, une écharpe rouge à Ariane, pour détacher la figure de la mer qui est derrière; mais en vérité ce n’est pa cela, ou ce n’est pas pots cette raison LEE mais générale et l'effet du tableau. La figure d’ GORE est. re du groupe principal et estvêtue de bleu, ce qui, joint à la couleur de la mer, fait la quantité de couleur froide dont le Titien a cru avoir besoin pour soutenir l'éclat du groupe principal, tout composé, à peu de chose près, de couleurs chaudes ; mais conime en conséquence le tableau aurait paru coupé en deux parties; l'une froide et l’autre chaude, il a fallu porter quelques- | unes des couleurs chaudes du groupe principal dans la partie froide, et quelques couleurs froides dans ce groupe principal. ! Voilà pourquoi le Titien a donné une écharpe rouge à Ariane, et à l’une des Bacchantes une petite draperie bleue.
La lumière d’un tableau doit être, comme j'ai dit, de couleur chaude; car, quoique rien n'empêche de se servir du blanc pour la principale lumière, ainsi que l'ont pratiqué plusieurs peintres hollandais et flamands, pourtant il vaut mieux supposer ce blanc éclairé desrayons jaunes du soleil couchant,
xè De Gérard Audran.
2. Tableau célèbre, alors au Palais Aldobrandini à Ron maintenant dans la Galerie Nationale de Londres, n° 35 du catalogue.