‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 85 sur 302 · ER US · texte numérisé non relu

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relevés de ces arts, nous le savons par expérience, n’affectent pas les esprits absolument incultes. Ce goût raffiné est le fruit de l'éducation et de l'habitude. Nous ne tenons de naissance autre chose que la faculté de nous donner ce goût, de même que nous en tenons une disposition à recevoir les lois de la

société : c’est en cette sorte et non pas autrement qu’on peut -°

dire qu’il nous est naturel.

Ge qu'on vient de dire pourra faire sentir à l'artiste qui cherche du conseil autour de lui, combien il lui est nécessaire de discerner le caractère, le goût, les connaissances en art de ceux à qui il s’adresse, Un ignorant sans éducation, pareil au critique d’Apelle‘, pourra juger pertinemment de la vérité d'imitation d’une sandale, ou peut-être, comme la vieille servante de Molière, décider de ce qui fait rire ; mais pour juger d'un ouvrage de grand style, il faut que le critique ait le même goût épuré qui a dirigé l’artiste lui-même.

Pour expliquer ce principe par une comparaison avec les autres arts, je vais donner quelques exemples qui montrent que ces arts excluent comme le nôtre l’idée étroite dela nature, ainsi que les théories étroites établies sur ce faux principe : je vais montrer par ces exemples qu’ils s’inspirent de cette seule raison qui conseille non pas l’imitation, c’est-à-dire la représentation d'un objet donné au naturel, mais bien ce que imagination aime et recherche naturellement. Peut-être n’y a-t-1l pas de meilleur moyen de reconnaitre ce principe que cette espèce d’analogie : chaque art servant à renforcer la vérité révélée par un autre. Cette espèce de GPA SE peut servir encore à ceci, que, tandis que l'artiste s'amuse à l’examen des autres arts, il ne laisse pas d’en tirer profit pour le sien, toujours présent à son esprit, et auquel il doit rapporter tout, par la transposition de ces principes.

PR est si loin de dériver de la nature individuelle, ou d’avoir avec elle des rapports immédiats, que le principe même de plusieurs arts est un écart formel à son égard.

Sans doute, cela n’est pas aussi vrai de la peinture et de la

1. Le cordonnier, dont Pline Pr cette. anecdote, Liv. XXXV, ch. sue ES

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. de la nature ordinaire, pour lui donner plus de perfection: Ce principe est le sens de la proportion, de la convenance et de la

. la nature commune, à cause de la nécessité d’accorder les

sculpture. Les éléments de ces arts résident dans la nature telle quelle, et dans limitation fidèle de ce que nous avons devant les yeux. Mais il ne faut que s'élever un peu pour reconnaître que ce devoir d’imiter, quoique le premier dans l’ordre de l’acquisition, est loin d’être le plus éminent dans l'échelle de la perfection.

La poésie s'adresse aux mêmes facultés et aux mêmes dispositions de l’âme que la peinture, quoique par des moyens différents. L'objet de ces deux arts est de se conformer à toutes les inclinations naturelles de l'esprit. La poésie dépend dans son existence même de la liberté qu'elle prend de s'éloigner de la nature actuelle, afin de satisfaire aux besoins de notre esprit par d’autres moyens qu’on sait par expérience propres à donner cette satisfaction. Elle emploie pour cela un langage excessivement artificiel, réglé par des mesures, dont l’homme ne s’est jamais servi. Que cette mesure soit de tel mètre qu'on voudra, soit hexamètre, soit quelque autre usité dans la langue grecque ou dans la latine, soit vers rimés ou blancs coupés de pauses et d’accents, comme dans les langues modernes, tous ces modes sont également éloignés de la nature, également contraires au langage ordinaire. Une fois accordé l'emploi de ce langage comme véhicule du sentiment, un autre principe intervient, essentiel à l'esprit humain, sur la nature duquel se règle tout l’ouvrage, et dont l’effet est de rendre celui-ci encore plus artificiel, encore plus éloigné

propriété. En conséquence de ce principe, étant admis un style etune mesure qui ne se trouvent pas dans le discours ordinaire, il est nécessaire que les sentiments eux-mêmes épousent la même déformation, et s'élèvent en même sorte au-dessus de

parties ensemble et de donner l'unité au tout. À

Et maintenant, pour que dans ce système général d’éloignement de la nature tout se trouve en correspondance, il faut que la manière dont on propose la poésie, le ton dans lequel on la récite, soit aussi éloigné du ton ordinaire, que le sont

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