‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 87 sur 302 · Macbeth, a. I, sc. V · texte numérisé non relu

Macbeth, a. I, sc. V

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élevé sont pris pour objet de l’une ou de l’autre, et tout ce qu’on introduit doit être à l'avenant. L'école de Rome et celle de Florence offrent de suffisants exemples de cette conduite. C’est par là que leur style s'élève au-dessus de celui de toutes les autres, et cet agrandissement de leur style est l’agrandissement de l’art lui-même.

Les artistes des autres écoles ont souvent hasardé de traiter de grands et sublimes sujets ; mais ces maîtres, quoique excellents dans la classe inférieure de l’art, n’ont produit en ce genre que des ouvrages parfaitement ridicules, parce qu'ils les ont traités dans leur manière ordinaire, sans se rappeler ou sans savoir qu'ils s’adressaient à une autre faculté de l'esprit.

Je pense en disant cela à un tableau de Steen, Le Sacrifice

d’Iphigénie ‘. J'ai loué ce peintre dans un de mes précédents |

discours, et j'ajoute que même dans ce tableau, dont le sujet ne convenait nullement à son génie, il y a de la vérité et de l’expression; mais cette expression est tout le contraire de ce qu’il faudrait. La familiarité des visages la rend si triviale, et la distinction des soies et des velours est quelque chose de si mesquin, qu'on se demande presque sile cp ts n'a pas cherché le burlesque.

Il y a de fréquents exemples du même genre en poésie. Certains passages-de la traduction d'Homère par Hobbes, ne sont rapportés et cités que pour le tour banal et familier, si peu convenable aux idées qu'il avait à rendre, et, autant que je m'imagine, si peu ressemblant au style de l'original. ‘

On peut porter les mêmes distinctions dans les branches inférieures de l’art. Il y a dans les ouvrages de cette classe la même distiction à faire, d’un style plus bas et d’un style plus élevé; et le rang de l’un et de l’autre est marqué par le plus

ou le moins de nature commune qu'ils retiennent, par le plus

ou moins de fidélité qu'ils gardent aux vrais principes de l’art, à ceux qu’on n’acquiert qu'à l’école.

Si notre jugement doit être dirigé par une raison étroite,

1. Mentionné au catalogue de Smith comme propriété de lady Cremorne.

vulgaire, ignorante, ou plutôt mal instruite, il faudra préférer

un portrait de Denner‘ ou de tel autre peintre grand finisseur, à ceux du Titien et de Vandyck, et un paysage de Vander Heyden” à ceux du Titien et de Rubens, car les premiers offrent certainement une imitation de la nature plus exacte. Qu'on suppose la même vue représentée d’une part avec toute la vérité de la chambre obscure, et de l’autre rendue par un grand artiste. Combien l’un paraîtra petit et mesquin en comparaison de l’autre, quand le sujet est égal des deux parts ! L'objet sera le même et toute la différence ne sera que dans la manière dont on le présente à l’œil. Quel ne sera donc pas la supériorité d’un artiste qui joint à ce prestige du style, un art de la composition et Le choix des parties elles-mêmes. A l'exemple du Poussin, celui-là nous transporte dans les environs de l’ancienne Rome, au milieu des objets qu’une éducation littéraire rend si précieux et si intéressants pour l’homme instruit, ou bien, comme Sébastien Bourdon, il nous mène jusque dans les temps anciens contemporains des pyramides d'Égypte; quelquefois, avec Claude Lorrain, il nous fait nous reposer dans le calme et dans l’enchantement de l’Arcadie. Autant que le peintre d’histoire, par le moyen de ce style et de cette conduite, un peintre de paysage transporte notre

imagination dans l'antiquité. Comme le poète, il fait sympa-

thiser les éléments avec le sujet : soit que d’épais nuages roulent au ciel, comme ceux du Titien et de Salvator Rosa ; soit qu'on les voie, comme dans ceux de Claude Lorrain, dorés par le soleil couchant ; soit que des monts escarpés formentdes saillies soudaines et hardies, soit qu’ils s’inclinent en pentes faciles ; soit que les branches des arbres sortent brusquement et en angles droits de leur tronc, soit qu'elles naissent les unes des autres en formant une douce inclinaison. Toutes ces circonstances contribuent au caractère général de l’ouvrage, selon qu’il appartient au style élégant ou au style sublime.

1. Allemand mort en 1749, remarquable pour des têtes de vieillards d’un grand fini et d’une extrême platitude.

2. Hollandais, excellent dans les architectures, à qui Reynolds n’a pas refusé ailleurs son juste éloge, voir p. 412, 413, 414, 418.

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