Château des lords Carlisle
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| x # Nes __ QUATORZIÈME DISCOURS 54 RL:
‘2 SOC PRONONCÉ À LA DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES ‘14 le 10 décembre 1788. ‘1 : 1800 | DU MÉRITE DE GAINSBOROUGH 150 | 31 MMeSÉleUTS | | 1 Dans l'étude de notre art comme dans celle de tous les autres, 11 quelque chose a pour point de départ notre observation particu- “0 | lière, et quelque chose (ceci bien plus considérable) vient des 08 exemples que nous avons reçu de nos prédécesseurs dans l’art. Moins notre choix sera borné dans ces exemples, plus linstruc- | tion que nous entirerons sera grande, plus nos ouvrages seront
en correspondance avec la nature et avecles grands principes de l’art. En allant chercher nos modèles dans la plus haute antiquité (quelque avantage qu'il ÿ ait dans un tel choix), nous
nous exposons à des inconvénients. Nous risquons que de 4 grands noms nous entraînent et qu'une autorité trop imposante 5 f nous réduise à trop d’obéissance. Dans ce cas, notre savoir Le | sera moins un exercice de notre jugement qu une preuve de D. de: | notre docilité. Peut-être un excès de charme nous ôte-t-il à 1 N'., : nous-mêmes, en sorte que notre application tient plus de la 11 ‘° timidité du disciple que de l’ardeur de l’émulation. Il est | À : quelquefois bon que nos exemples soient près de nous, ‘04 s'ils sont dignes avec cela de notre imitation, tout est bien: "4 parce que le respect qu’ils nous inspirent ne nous empêchera 820 0 pas d’entrer à leur endroit dans une espèce de rivalité géné- 5 | | reuse. ENTER ee:
Nous venons de perdre M. Gainsborough', l’un des plus grands ornements de cette Académie. Les artistes vivants ou morts qui font partie de notre société, ne sauraient faire la matière de nos éloges. Ces éloges donnés aux vivants paraitraient une adulation, donnés aux morts ils n’éviteraient pas l'apparence d'une justice tardive; de plus, on pourrait les croire dictés par la jalousie envers ceux qui vivent encore, auxquels on nous accuserait de comparer malignement les morts. Aussi mon intention est-elle, en parlant des talents de feu M. Gainsborough, moins de le louer ou de le critiquer, que de tirer de ses qualités mêmes et de ses défauts, une matière d’instruction pour nos élèves. Si notre nation parvient un jour à produire d’assez beaux génies pour mériter qu’on nous distingue à titre d'école de peinture Anglaise, le nom de Gainsborough brillera dans l’histoire aux origines de cette école naissante. Mais sachons nous avouer que notre réputation dans les arts commence à peine de naître. De plus, attendonsnous que le bruit de nos succès rencontre dans d’anciens préjugés, non des alliés, mais des adversaires; notre sort étant précisément contraire à celui des derniers artistes de l’école Romaine, dont on ne peut nier que la réputation s'appuie en partie sur d'anciens préjugés. La route leur était préparée, et l’on peut dire qu'ils ont plutôt vécu sur le bon renom de leur pays, qu'ils n’y ont contribué du leur. Ce qu’un Anglais au contraire obtient de réputation, ne peut venir que d’honnèête comparaison, et si nos peintres apportent à leur pays une part de leur renommée, ce n’est point une gloire empruntée, mais acquise par leurs seuls travaux. A l'égard des reproches qu’on peut faire à ses peintres, l’Italie jouit de la prescription. L'admiration leur est acquise, comme aux enfants d’une terre dont la nature, dont la destinée même, est d’enfanter des artistes de génie. En ce qui concerne les derniers venus, on peut sans injustice attribuer une partie de leur gloire à l’ascendant exercé dans le monde par une possession séculaire dont bénéficie l’école Romaine.