Sur ces expositions, vOy. P
seconde fois ont disputé la palme qu’ils avaient déjà remportée.
Si nous passons en revue les différentes classes de cette Académie, nous n’aurons pas moins lieu de nous féliciter d’avoir vu nos chaires occupées jusqu'ici par des maîtres du plus grand mérite, et qui en ont rempli les fonctions avec honneur. Je regarde cela comme d’une grande importance, il ne faut pas qu'aucune de ces chaires soit laissée vide un seul instant : négliger de les pourvoir de maîtres qualifiés, entrainerait la disparition de ces qualifications mêmes.
Je n'ai pas présumé de me placer moi-même au rang honorable des professeurs, quoique dans les discours que j'ai eu l'honneur de vous adresser de cette place, je ne puisse pas me considérer tout à fait comme un volontaire ; il est certain que quelque chose m'obligeait d'en prendre le soin. Puisque des prix devaient être accordés, il apparaissait non seulement comme convenable, mais presque comme indispensable, que le président prononcçât quelques mots à la distribution de ces prix; et le président devait désirer pour sa propre réputation de ne pas se borner à de simples compliments. Ces compliments, pour être trop souvent répétés, seraient devenus insipides, et, pour être donnés à beaucoup, auraient fini par ne distinguer personne. J'ai donc pensé qu’en les faisant précéder de quelques considérations sur l’art, nous aurions l'avantage, en couronnant le mérite, de fournir des secours à son avancement.
Je sens parfaitement à quel point je suis resté au-dessous de l'expression de mes idées. Pour développer l'essence cachée et mettre au jour les principes intérieurs de notre art, il faut plus d'habitude d’écrire qu'on ne peut raisonnablement en attendre d'un homme occupé de la pratique du pinceau. C'est peut-être la raison qui fait que la poésie bénéficie d’une meilleure critique que sa sœur la peinture. Les poètes écrivent facilement en prose; quand ils expliquent et développent les principes les plus raflinés de leur art, on peut dire qu’ils ne font qu’en pratiquer une branche inférieure. Toutefois 1l ne faut pas que cette difficulté empêche les artistes qui n’ont pas d’autres raisons pour les en détourner, de mettre leurs idées en
ordre le mieux qu’ils peuvent, et de communiquer au public les résultats de leur expérience. La connaissance qu’un artiste a de son sujet, fera mieux que racheter un défaut d'élégance dans sa manière de l’exposer, ou même un défaut de clarté, qui est encore plus nécessaire. Je suis persuadé qu'un court essai venant d'un peintre fera davantage pour l'avancement de la
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