LAS
théorie de notre art qu’un millier de volumes comme on en voit paraître, dont le but semble être plutôt d'exposer les idées raffinées de l’auteur que d’ apporter aucune instruction utile. Un artiste sait ce qu'il estet ce qu'iln est pas du ressortde son art d'accomplir ; il n° y a pas à craindre qu’il assomme un pauvre jeune peintre de la beauté des passions mixtes ‘, ou qu’il trouble son repos de l’union imaginaire de perfections incompatibles.
Cependant on ne peut pas dire que je me sois porté à cette tâche sans provisions d'aucune sorte. J’avais vu beaucoup, et j'avais beaucoup réfléchi sur ce que j'avais vu; je n'étais pas sans quelque habitude d'observer, et j'inclinais naturellement à réduire tout ce que j'avais observé et tout ce que je sentais en moi en méthode et en système; mais n ayant Jamais vu ce que je savais par moi-même mis en ordre sur le papier, je ne savais rien correctement. De mettre cesidées dans quelque façon d'ordre, ce n’était pas peu de chose pour mon inexpérience. La composition, le ponere totum, ne füt-ce que d'un seul discours, aussi bien que d’une seule règle ?, était la partie la plus difficile, comme elle l’est peut-être dans tout autre art, et qui demande le plus la main du maitre.
Quant au style, quelque défaut qu'ileüt, j'avais lieu d'espérer de l'indulgence ; mais pour les opinions, qui seraient énoncées sous la sanction de l’Académie, je pensais qu’on ne pouvait assez y Songer : aussi ne me contentais-je pas d'examiner mes opinions, j'examinais aussi celles des autres. Je trouvai dans lecours de ces recherches plusieurs préceptes ëèt règles établis dans notre art, qu’il ne me paraissait pas possible d' accorder les uns avec les autres ; cependant chacun de son côté semblait fondé à à se