‹ Rhétorique franc̜aise, composée pour l'instruction de la jeunesseChapitre 16 sur 40 · i»« A. j 1. dan» l'oraueur · texte numérisé non relu

i»« A. j 1. dan» l'oraueur

doive faire paraître de» mœurs bonnes , c'est-à-dire , des inclinations droites et pures, qui lui .rendent Tauditeur favorable. On exige > avec raison, que tout son discours annonce un homme de bien , dont les vertus égalent les lumières. C'est par là qu'il gagnera l'estime et la conjiance , «t qu il réussira plus* aisément à porter la conviction et ta persuasion dans les âmes. Un des plus efficaces moyens de^ faire aimer la vertu , c'est de persuader qu'on l'aime soi-même. Un des plus efficaces moyens de faire goûter une vérité , c'est de persuader qu on la connaît, et qu'on en est soi-même convaincu. ...

Les Païens mêmes voulaient que l'orateur fôt réellement vertueux , et le définissaient un honnête homme versé dans l'art ddi bien dire. On a cependanttrouv^

cette définition peu exacte , en ce qu'elle embrasse trop; parce qu'il est Irès-possî-^ ble^ a-t-on dit , qu'un malhonnête homme soit un excelleirt orateur. Mais ce malhonnête homme a dû nécei^sairement , d'après ce que nous avons dit arlleurs , être un homme de bien au moment où il a écrit. •

D'aillenrs , si cette définition n'est pas tOtfi-à-faH jnste et vraie , relativement à l'éloquence considérée en elle-même , elle l'est du - moins , relativement à l'éloquence considérée dans les effets sensibles , universels et durables qu'elle peut produire. Un grand orateur , par exemple y trdce dans un beau discours des règ;les de conduite , auxquelles on sait qu'il né conforme par ses actions : il entraîne , il subjugue ses auditeurs parJa chaleur et la force de son éloquence.

Mais au moment même où ceux-ci sont persuadés , ils se rappellent malheureusement que celui qui leur donne des préceptes si sages , est bien loin de les mettre en pratique; et de là ils croient jpouvoir conclure qu'il regarde lui -même ces préceptes comme vains et frivoles. Or, oe ressouvenir et cette idée ne doiventils pas y si non effacer , du- moin s affaiblir la vive impression qu'ils éprouvent ?

Un autre orateur , qui joint au talent de l'éloquencô la pratique constante de la vertu , veut nous persuader de l'im -

portâDoè et de la nécesshé d'être vei*- . tueux. En-tnêfDe-temps que nous entendons tiD dès plas fidèles organes d0 la Im, Ba«is en voyons un des pies rigide»

observateurs. Aussi ses paroles sont des traits de feù cpii éclairent et pénètrent notre âme. Elles s'y gravent en caractères îneffaçaLles ; et si elles ne produisent pas tout Je fruit qu'on avait lieu d'en attendre, c'est à notre malice ou à notre faiUesse que nous devons l'attrihxtet.

Les représentans d'un penfile sont assemblés pour discuter les grandes- affaires nationales : un orateur va parler.

Aucun citoyen n'ignore qu'on ' admire en loi des connaissances étendaes , un esprit profond , un discernement juste , im cœur droit et pur , dévoré de l'amour dm bîeii général. Pleins d'estime, pénétrés d'une vénération affectueuse pour ce grand homme , tous prêtent à son discours une oreille attentive. Bientôt leurs cœurs soiit embrasés de la même flamme qui échauffe l'orateur : les voilà prêts à tout sacrifier à la gloire et aux mtérêts de la patrie.

Deux armées rangées en bataille sont au moment d'en venir aux mains. Un général. connu par sa bravoure , et couvert d'honorables blessures , harangue ses troupes. Voyez le visage enflammé , les yeux étincelans des soldats. Ne doa-

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