I. Du Sermon
L'objet de l'orateur, dans le sermon, est d^expliquer les dogmes et ta morale dé la religion , c'est-à-dire, toutes -les vérités spéculatives que nouS' devons croire , et toutes les vérités de pratique qne liouS devons mettre h exécution.
Ùp ^ent tpj'il doit s'attacher, eçi-mêflietetopS/à (^OBftbattre tes erreurs opposées aux points de doctriflp, que Tégclise en-
FRANÇAISE» ft^^
seigne^, <9st à déracmeir tes tiees céÀtrèi* res aux rel'tv» chrétiennes* Aikisi , suivant ttn griatod docteur (*) , k |^tédi^atioh À trois fins, ^Ue /a vétité s&it connue, qu'elle soU éeéutée u^eeplaisir, et iju'eUe
9o^t faire Connaître la vérité , Torûteur chrétien doit non-iseuleteteîit > comme )e Tfti déjà dit, possédai^ un gfand fonds éé science , lïiais encore raisonner avec méthéde> avec justesse, avciè précisîoïl; s'énoncër d'une manièi^e sitnpie , claire , naturelle et proportionnée à la capacité des esf^it^ lés înôins ibtclligèns. ï^oup tfue là vérité s6it écoutée avec plaisir , H à&k, sans trop rechercher les ortoéiBtiens ^u discours , n'en né^iget* aucun &ai puisse, en captivant l'atténtifin de 1 auditeur , rendre celte vérité plus aimable et plus attrayante. Pour ijue latérite touche les cœurs , l'oràtéur doit employer ces grandes et nobles figures , ces images vîveà et frappantes , ce style patfaétiiq[tie et sublime , gui remuent , agi- ' tcnt , entraîneilf les âthes. Ttiut discours qvA ne produit pas cet hfîëï'f n est^ pas vraiment éloquent. '*
Quand il s agit d'une «vérité spéculative qu'il suffit de croire, l'érateur doit se conteirter d*éclâîrer l'esprit parla solidité de l'insi^ruetion ; de le càntaîncre
f ) 8. yàug.l^é Wctt. CbM' Liv. IV. ' '
3oO BHÉTOBIOIJ'B
par la force du raisonnemeal , en le flat^ tant néanmoins agréablement par la beauté de l'élocution : il remplit son objet. Mais quand il s'agit d'une vérité de pratique » d engager les auditeurs à fuir le vice , et embrasser la vertu , c'est alors qu'il doit tonner , £oudroyer , porter le trouble et la terreur dans leur âme 9 pour vaincre leur opiniâtre.. résistance , pour les arracher aux passions honteuses qui les capt^^vent» et pour en faire des hommes entièrement .nouveaux.
On. peut appliquer au sermo^i toutes les règles qui conviei^nent *aa discours oratoire en général. Mais le prédicateur ne doit jamais oublier que la force et la vérité du raisonnement» le choix et la solidité des preuves , l'iBstruction . pçf&sentée avec ordre et avec méthode , sont des qualités essentielles» et peutêtre les plus essentielles au sermon ; que » par conséquent , il ne saurait trop s'attacher, à la construction du plan de son discours , plan qui ne doit rien laisser à désirer pour la clarté» la justesse et l'exactitude. En voici un qui peut assurément servir de modèle» et dont l'exposition instruira bien mieux que tous les préceptes. O'est celui du sermon sur 1(1 loi chrétienne, par le Père Sourdalouù*
« Division. Deux rapp<|irts sous les-^
FRANÇAISE. 3oi
Tt quelff nous derons considérer» la loi
» chrétienne ; rapport à Tesprit , et rap-
» port au cœur. Sous ces deux rapports ,
9 ses ennemis ont voulu la rendre égale-
» ment méprisable et odieuse : niéprisa-
t ble , en nous persuadant qu'elle choque
9 le bon sens; odieuse , en nous la repré-
» sentant comme une' loi trop dure et
9 sans onction. Or, à ces deux erreurs
» j'oppose deux caractères de la loi évan-
» Relique; caractère déraison» etcarac-
» tère de douceur; toi souverainement
9 raisonnable, l.^Jfariie: loi souverai-
» netnent aimable^ IL* Partie.
» !."• Partie. Loi chrétienne , loi
» souverainèmentraisonnable. Il ne nous
» appartient pas de l'examiner ; et ce-
9 pendant jamais' loi n'a été plus criti-
9 quée , ni plus combattue. Les païens ,
» et même dans le christianisme , les li~
» bertins Font réprouvée comme une loi
9 trop suUime et trop au-dessus de l'hu-
j> manité , et plusieurs , au contraire ,
» parmi les hérétiques, l'ont attaquée
9 comme une loi trop naturelle et trop
9 humaine. D'où je conclus que c'est une
9 loi raisonnable , une loi conforme à la
9 règle universelle de l'esprit de Dieu ,
9 parce qu'elle tient le milieu entre ces
'» deux extrémités. Car , comme le ca-
it ractère de l'esprit de- l'homme est de
9 $e laisser toujours emporter à l'une
9 ou ^' Tautre , le caractère de l'esprit
3oâ RHÊTOHIQVB
» de Dieu est un sage tempérameiit ^ etc* 9 Et certes, remarque saint Augustin ,
rt si la loi de Jésus-Gbrist avait été parfaitement au gré eu des païens et des lib^tinsj ou des hérétiques, dès là elle devrait nous être suspecte , {>uisqu'elle aurait plu à des homoies , ou
[ilongés dans le vioe , ou ei^gés dans 'erreur. Ainsi leurs reproches mêmes font sa justification. Or , pour les confondre, ces injustes reproches, j'avance deux propositions : i-* C'est une loi 9 saifUe et parfaite: mais dans sa per- » fection , elle n'a ri^n d'outré, a.* C'est » une loi modérée; mais dan» sa mode- M ration , elle n'a rien de lâche.
» 1 .« C'est une loi sainte et parfaite :
» mais dans sa perfection, eUe n'a rien » d'outré. Tout y est raisonnable. Venojîs^au détail. Oui , il est raisonnable, par exemple , qne je merettonce moimême, puisque je ne suis de moimême que vanité et que péché. Il est raisonnable que je mrortifle ma chair, puisqai'aHtrmnent elle se révoltera contre ma raison et contre Dieu même. Il est raisonnable que la vengeance me sait interdiie ;' bar sans cela à quels excès ne me porterait, pas cettp aveugle passion? raiionnafolè que j'Ouhlie les. injures qnie; j*ai'>heçiies, et qu'en mille donjonctures je sois prêt mé tnds ^ m^ i> relâcher de mes prétentions : (ifoarqwi ?
FRANÇAISE. SoS
pour conseryer la charité , qui est un bien d'uu ordre supérieur^ Uaisonnable que oette charité «'étende jusqu'à aies ennemis, puisque cet homme, pour être mon ennemi , n'c^n est pas moins ottÊk frère. Raisonnable que je haïise jQ^s ami^, mes proches» ceux à qui je doit, la viei c'est-à-dire ^ que je m'en détache: quand? Lorsque ce sont des obstacles à mon salut, que je dois pré* férer à tout. 11 fallait bien que les soldats romains , pour être incorporés dans la milice , fissent une espèce d'abjuration et de père et de mère, entre les mains de ceux qui les cornmandaient , etc«
n â." C'est une loi modér4&: mais dan»
s» modération , elle n'a rien de lâche.
Elle n'ôte pas au:s: pécheurs leurs confiance : mais elle sait bien aussi ral>attre leur présomption. Elle ne con-^ damne pas tout comme morleil; mais elle nous donne , enHooiéme^temps , une sainte horreur dé tout péohé-, même du véniel. Elle distiogue le$( préceptes des conseils : mais d'ailleurs elle nous déclare que le mépris des conseils dis- )) poâe à la transgressioi» . des préceptes.
» Caractère de sagesse , qui de tous les » motifs est un des plus sensibles-^-des 9 plus puissans , pour itpe je m'attache » à ma religion, ete< -,
». IL *" Partie. Loi chrétienne^ loi sotwe-
5o4 ^ BHÉTORIQDB
» rainement aimable. Jésus-Christ nous » l*a proposée comme un jovg léger et » doux à porter. De là vient qu'il invite » à le prendre ceux qui se trourent déjà » chargés d'ailleurs et fatigués. Pour for- » tner donc une idée complète d^ik loi » évangélique , il ne fallait pas séparer » ces deux choses , le joug et la douceur; » et c'est néanjnoins ce que les hommes » ont séparé. Or , malgré les faux pré- }» jugés dont nous nous laissons préoc- » cuper, et que l'ennemi de notre salut » tâche, par toutes sortes de moyens, » d'entretenir , je prétends qu'autant la » loi chrétienne est parfaite, autant Tonc- » tion qui l'accompagne , la rend douce » et facile à pratiquer , i .'^ parce que c'est » une loi de grâce, s.* parce- que c'est » une loi de charité, etc.
» 1.* Loi de grâce, cÂx Dieu nous fti donne de quoi accomplir ce qu'il no^s » commande. Ainsi nous Fa-t-il promis » en mille endroits de l'Ecriture. Doute- » rons-nous de sa fidélité , ou du pouvoir » de sa grâce ? Ah I Seigneur , disait saint 9 Augustin, commandez-moi tout ce jt qu'il vous, plaira , pourvu que vous me 9 donniez ce que vous me commandes^, » c'est-à-dire , que vous me donniez , par • votre grâce , la force d'exécuter ce que » vous me commandez par votre loi.
» Avec votre grâce, rien ne me coû- 9 tera,etG.
FRANÇAISS. 5o5
n 2.^ Loi de charité et d'amour. Amour
» et charité , dont l'eflFet propre est d'à-
9 doucir tout. Dieu , dit saint Bernard,
» possède trois qualités^, celle de maître,
» celle de rémunérateur , et celle de père.
9 Selon ces trois qualités , il a donné aux
» hommes trois lois : une loi d'autorité
» comme à des esclaves ; une loi d'espé-
» rance comme à des mercenaires, et une
V loi d'amour comme à des enfans. Les
» deux premières furent des lois de tra-
» yail et de peine. Mais la troisième est
j» une loi de consolation et de douceur ,
> qui nous rend ses préceptes, les plus
» rigoureux en apparence, aisés à pra-
» tiquer , parce qu'elle nous conduit ,
» non par la crainte , mais par l'j-
» mour, etc.
» Voilà ce que les amateurs du monde
» ne comprennent pias, mais ce qu'ils
» pourraient, néanmoins, assez com-
» prendre par eux-mêmes et par leurs
» propres sentimens. Parce qu'ils aiment
9 le monde , à quelles lois ne se soumet-
» tent-ils pas pour plaire au monde ?
» Qu'ils aiment m&u comme ils aiment
9 le monde , ils ne tI^DuveIlont plus rien
9 d'impraticable dans la loi de Dieu.
9 Cette loi de charité n'est difficile qu'à
» ceux qui la craignent et qui la vou-
9 draient élargir , etc. » .
Durant les premiers siècles du Chris- Prëdic«tear< tianisme , le sermon consistait dans l'éx- ^* *î;6ÎiiT."*^
Uve
Sa6 KBiriOAfQ^K
plication , aoît Ab Vé^eokf^ jf^'on venaié êe lire , soit .de flfuelqiie aut^e pavtîe de Técritupe , doiri; rorateur. prenait na li^re tout ^itier» ou ikii8 laquelle il choisissait )e«' sujets les plus înipixrtans. •« Ces Àtints «prédicateurs, dit lai>bé Fleurj, dans son ouvrage des Mé&urs des ipre^ tmers Chrétiens, n^^t aient pas des dis-coupeurs oisifs , comme les sophistes qui disputaient dans les écoles profanes, par tme «iativ)aîse émulaiion de se contredire et de iraËner les uns sur les autres, ou qui écrFvaient dans leur ca-»
hinet, pour montrer leur érudition et leur bdf-espMt. C^/étaient des pasteurs trèMMtf>eupés d'une infinité d'affaires de entre autres de raccommode- ;s dififérends, et qui ne, -laissaient prêcher très-souvent, pour s'aç/ i^ de la fonction qu'ils regardaient comme la plus <essenti^le à leur ministèPM|ft^« lis proportionnaient leur style à IflnW^e <fe leurs auditeurs. Les sepxnoi|^fp( saint Augustin sont les plus simples de ses ouvrages , parce qu'il prêchait dans ^ne petitdMiriMe, à des mariniers, des hâmureurs , des marchands* ...i Au contraire saint CyprieHi saint .^tr^bTWse, saint Léen, qm prêchaient dans de grandes villes i parlent avec plus de pompe et d'ornement. Mais leur style est différent, suivant leur génie 'parti- -cuîîer et le goôtde leur mèole, Les
ouvrages des Pères Grec» sont ég»lemeot solides «t .-agnéables. Saint Grégoire de NiEianze est sublime , et son «tyle tna- Taîllé. Saint Jean-Cbrisoatàme me parait le modèle achevé d'un pi-édicatetirx.
La «arrière de l'^oquence sacrée aélë oOTinie parmi nous avec les plus brîllans succès , depuis le commeneement du der< nier siède des arts. Les PP. «les Lwf;*»des, jésuite , et Senaall, prêtre de l'Oratoire , {tuent , sous le règne de Louis XIH , tes premiers qui la purgèrent de ce vain étalage d'érsâition proËtae , de ces extra va ganoes d'imagination poétique <et fabuleuse , de ces plaisantcnes ridicidie« , de cet descriptions grossières , qui da leur temps avilissnient l'art de la pvole.
Mats «ouïs le r^e brilUnt de Louis XIV, le P. JSourdaloue créa, pour ainsi dire , le vrai goût de la chaire, «n introduisaot cette éloquence u(Ale, majes- Iseuse, Tébénente et sublime, cpii convient j> la grandeur de notre religion , à la prftfoHdéiir de «ses mystères, i Ta pureté de sa morale. Né avec un esprit solide , j&rme eA profond , i) n'a point eu de Ftvidpour la force du raisonnement , et' tidhlp'ia manière de présenter le vrai dans tout son jour. Les sujets qu'il choisit sont toiùpurs titéressans, et tirés naturejlemeat de l'évanjpte. Les prins bien ensuit»
So8 RHÉTOBIQUB .
Tapplication à un point de morale, et développe , avec une sagacité merveilleuse , tout ce qui peut en résulter d'utile pour les hommes. Ses preuves ne sont
I'amais que" directes , les mieux choisies, es plus convaincantes , et toujours accompagnées d'une réfutation complète de tout ce qu'on pourrait objecter avec quelque vraisemblance. Partout il réduit ses auditeurs au silence, ne leur laisse ni excuse ni prétexte , et les force à goûter la raison dont il est le plus fidèle organe. Quoiqu'il ne cherche qu'à convaincre et à persuader , il platt néanmoins par s» diction, qui est toujours naturelle, abondante, pureel noble. La peinture qu'il fait des mœurs est si sensible et si vraie , que chacun s'y voit luimême et si reconnaît. Ce jésuite connaissait parfaitement le monde et le cœur humain. Jamais orateur ne les a peints sous des traits plus marqués, n'a fait des portraits aussi ressemblans II ne faut pas être surpris que la cour et la ville lui aient donné les mêmes applaudissemens , et qu'en l'écoutant avec avidité, on se soit plu^ieurs fois écrié, dans son auditoire, qu'il avait * raison , et que c'étaient-là en effet l'homme et le monde.
Le P. Bourdoloue n'étaif pas loin du terme de sa carrière , lorsque parut le V^MassiUan, iftè\m^ de l'Oratoire, et
s FRANÇAISE. Sog
ensuite évéque de Clermont. Logieien exact , mais bien moins instruit , bien moins profond que le premier, il raisonne avec justesse , avec méthode , et possède de plus Tart de tourner ses preuves en sentiment. Son éloquence vive , ornée et pathétique , frappe l'esprit., pénètre et captive l'âme; le triomphe de ce grand orateur est de persuader.
Ce qui fait aussi son principal mérite, c'est qu'en attaquant les passions, il en représente d'après nature tous les mouvemens , tous les artifices , toute la souplesse , et ne leur laisse aucune ressource pour se justifier. En peignant le cœur humain, dont ik avait une connaissance si profonde , il montre les différons ressorts qui les font mouvoir , il nous découvre nous-mêmes à nous-mêmes, et nous expose pour ainsi dire , à nos propres regards avec toutes nos faiblesses , nos penchans , nos erreurs , et nos vices.
Non-seulenaent il nous fait voir qu'il est plus raisonnable d'embrasser la vertu, mais encore il prouve qu'elle est notre souverain bien; et nous sommes obligés* d'en convenir^ à l'fi^pectHle cette vertu qu'il sait si bien nous présenter avec tous ses charmes. Son style clair , nombreux , élégant et fleuri , est plein d'onction et d'aménité : ses images sont revêtues du plus, beau coloris: c'est partout une abondance intarrissable d'idée^ brillantes
lier kBiTORIQOB
et dtagnifiques , tme suite (te taMeavK vifs et natUfets , oai errebMiteM rimagïaatioD , éctafreût 1 esprit , et remoent mftement le cœur.
Voillk les deux, plus f»rfmli- moé)its qae puissent se propeser eetMt ijuî âe de»" tineat à la cbaire. Wous avons heaitcoop d'ai/tres orateurs, dans les odrtflges «fcïqnels ils pourront pniser le goût dti bt bonne et vraie éloquence. Ceax qdi M contribuèrent pas petrà illustrer ce taèiâé siècle de Louis XiV , scftit :
Le P. Cheminais, jésuite. On l'a plate avec juste raison parmi les prédicateurs du premier ordre. Plein d'onction et de sentiment , il excelle dafls l'art de foufcher et de persuader. Cet orateur avait un génie tout de féir : mais malfamrensement la faiblesse de sa santé l'obligea de quitter la cliaire à un âge où tant d'autres commencent à peine à y monter.
Le P. cUlaCoioinbière,yésmte. Il possédait toutes les qualités de l'esprit, qtft font le grand orateur. Ses sermons réunissent Ta solidité du raisonnement , la vivacité de l'imagination, l'étégaace da style et la chaleur 4u sentiment. Uâe
fiiété tendre ef vive y éclate , et eB rfrfeve le prii.
Le P. Giroust, jésuite. L'onction fittt' le principal caractère ''" "" ""—*—— Son style est en gén< quelquefois négligé ;
FRANÇAISE. 5ll
se» rsÂsottnemens , quoique solides^», t^oni pas toute la' pr^fondeuir cpi'on poumait désirer.
Ijq'P. de la Sue, jé»n€e. il a de trè»bons sermon» y et il n'en est aucun qui n'offre des morceaux admiimlilesv Ubh glsande skaplicité en fait le mérhe. Cet faonuûe qui, apurés ooe longue élude des lettres françaises et surtocit de» latines , GcmnaÂssait si bioi^ toutes les finesses* et toute» les* beauté» de Fart , est pourtaoîl; l'orateut qui paraît les rechercher le fittoÎDs. On dirait cp'il doit tout à la n«i*« ture. C'est ceti» belle simplicité quiJe'fili applafudir à la cour de Loui» XIY. « Le » rrsti goût de l'éloquence chrétienne^ p dit41 dans la pré&ee êfo ses sormom^*, »' »^est i;oujours eowsteiré à la cour. Dé»
» la première foi» que j'en»' l'honfieur » d'être nommé pour y prêcher , je fus B» aBsez heurefHC de recevoir ua avis d'un y^ coui^isandes plus habiles». Ne donh f^zpas, me dit^il» élans féoueU cnth^ ftUinh Dfer prétendez pas réumhr en nâus flattismt Pe^eHle par nm bel étaiage de fins' ffu>tïï. Si*vom allez par 1er chemin dja belresprit, vous trouverez ici des gen»
qw en> ntettr&nt plus dantf un seul cou- 'ph$ d»ùkan$on, ijuevûu» dans^tout un $9rmôni
Nhi«5- devins- au^û'à la< société des Jé^ suites les prédicateurs les plus admirée •tm» k pègtte^de ]Loui» XV. Ymci à^peu*
Slfi bh£toriqt)£
près ceux dont les jeunes orateurs peuvent faire une étude particulière. -
Les sermons du P. Ségaud offrent un grand fonds d'instruction. L'onction du sentiment y est jointe à l'élégance et à l'énergie du style.
Le P. Pérusseau, mort confesseur de Louis XV, développe les maximes de l'évangile d'une manière instructive et touchante. Le pathétique continu qui règne dans tous ses sermons, décèle une imagination vive, une âme sensible et
fAeme de chaleur. On voit aisément que 'amour de Dieu l'embrasait.
Une éloquence simple et insinuante distingue ceux du P. Griffct, Cet orateur ne s'écarte jamais ae la morale chrétienne, et y ramène tous sesi sujets.
C'est le vrai moyen de prêcher avec fruit.
Le P. de Neuville est un des plus beaux génies ({ui aient brillé dans la chaire. Ses sermons , étincelant d'esprit^ pleins de pensées justes et profondes , de raisonnemens solides , et de pcH'traits finis de nos mœurs , abondent en images et en sentimens*
On admire dans ceux du P. Chapelain, des plans heureux et très-bien remplis , une marche libre , aisée et naturelle» une diction noble et .pure , beaucoup de force et d'onction.
Les Protestans ont eu (jtuplques grands
FRANÇAlSfi. 5l5
•rateurs. Le plus célèbre est Saurin , qu'ils placent à côté de Bourdatoue. Ce rang ne lui est pas dû. Il est plus fleuri que le Jésuite : mais^ quoique solide et véhément , il est beaucoup moina profond; et il s^^ea faut bien que son éloquence soit aussi mâle et aussi nerveuse. Ce qu'on doit admirer en lui, c'est que, laissant à part le dogme et la ci>ntroverse , il ne s'est attaché qu'à la morale , et n'a point imité la plupart des orateurs calvinistes, qui se répandent en invectives contre le pape et l'Église. Aussi futil persécuté, calomnié pendant toute sa vie , par les hommes violons et atrabilaires de sa secte. Ces fanatiques auraient voulu que Saurin , partageant leur haine aveugle et leur grossière fureur , eût appelé le pape V Antéchrist, et l'Église romame la Prostituée de BabyUme,