II. Du 'Genre flewri
Le ;genre fimH se paèe de teas les x>rnemens de l'art, sans prendre sain de les )cacber. Il joint aux grâces du sentiment le coloris de l'imaginatton; et , en s'attacfaant à plaire par tout ce que l'élooution a de plus séduisant , il contribue m^veilleuseipent à la* p^suasion. Ce qui le car actà!»ise priacipalement , ce sont les pensées brillantes , les belles images , 1 éclat des iigures , l'agrément des digressions ,' la variété des tonrs, cette cadence nombreuse et périodique , cette harmonie de style qui chstme l'orêille , cl jette l'esprit dans une espèce
FRANÇAISE. ' fSS
d'enchantement. NéaiMnoins» (iit Quiniiiien (*) , il coule avec douceur , semblable à une belle rivière qui roule tran- Îiiillement une eau claire et pore , et que es ferêts verdoyantes ombrageât des deux côtés.
Les plus beaux modèles du genre flenrl, chez les Anciens, scnit la plupart des oratsoas de Cicéron ; et le panégyrique de Trajan .par Pline% 9mtm nous , ce sont h» oraisons funèbres de Fléehier , les tioges des académiciens par FonteneêUy et les sermons du Père de Newville , sur*tout scm oraison funèbre du cardinal de Fleuri , d'où le morceau suivant a été tiré:
c< Le moment arrirait Où ce mérite si » modeste devait se dév^pper anx yeux )> de r Univers , et par tous les services » qu'un sujet peut rendre à son roi , se » montrer digne de tout ce qu'un roi » peut faire pour son sujet. Louis XIY»
» ce ttioAiarque , la gloire de son peuple ». et de son siècle , la gloire de la religion >} et de FËtat , plus héros dans le déclin <c des aimées et da«s l'adversité , que dans » 1« brillant de la feunesse et de ses vic- 3» UMlres , et dont la vertu éprouvée par » la dis^âce Ibrça enfin la fortune à » roi:^ir de son inconstance , lui fit son-- » tir sa faiblesse , lui apprit qu'il ne lui
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9 appartient ni de donner, ni d'ôter la » véritable grandeur , Louis XIV avait vu » passer comme l'ombre sa nombreuse » postérité. Seul dans ses palais îmmen- » ^es , il semble se survivre à lui-même :
» ses yeux , prêts à se fermer pour tou- » jours , n'aperçoivent à la place de tant » de fleurs moissonnées dans leur prin- » temps , qu'une fleur à peine éclose, » faible , chancelante , presque dévorée » par le souffle qui ^vait séché , consumé » tant de tiges si florissantes. Nouveau yt Joas , unique reste du sang de David , » arraché aux débris de son auguste w maison , ayant peine à se faire jour » à travers les ruines sous lesquelles il » parut enseveli : dans cet enfant se réu- )) nissent les mouvemens de son coeur » et les vues de son esprit , les tendresse»
» d'un père et les projets d'un roi. Oh !
» si du-!moins il pouvait , par ses leçons » et par ses exemples^, le former dans le grand art .de * régner ? Mais le temps » s'écoule; le tombeau s'ouvre devant » le Monarque , le tombeau l'attend et le » demande : il pense donc à se remplacer » auprès de son successeur. Or , sur qui » tombera le choix de ce prince vieilli » dans l'étude et dans la connaissance p des hommes ; de ce prince , dont le » choix des Bossuet et des Fénélon avait » éprouvé et honoré les lumières- ? Il apr » pelle l'évêque de Fréjus, et lui remet
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» les destÎBées de so£^ sang "et de son » royaume » .