‹ Rhodésie et TransvaalChapitre 18 sur 63 · LE CE \' TUE DU MASIIOIVALAMD ET SALISBL'RY · texte numérisé non relu

LE CE \' TUE DU MASIIOIVALAMD ET SALISBL'RY

à sept heures, le breakfast; à uue heure, le lunch, et à huit heures le dîner. Ces repas consistent surtout en conserves. Dans les kraals, cependant, ncus avons trouvé des poulets et parfois de la viande d'élan, qui est excellente : elle a un goût de bon bœuf, avec quelque chose de plus relevé; c'est une fière nourriture, sans rien de bien sauvage. Après midi, on dort à l'ombre des arbres ou du wagon, et le soir on a la vue d'un ciel éloilé sans jamais de nuages : tous les jours, le temps est magnifique; c'est l'éternel soleil d'Afrique, et, malgré le froid de la nuit, qui descend au-dessous de zéro en juin, juillet, août, l'on ne s'enrhume pas, l'air est tellement sec. Ces hauts plateaux sont admirablement sains dans la saison actuelle, l'hiver.

Par exemple, il y a peu de rivières; il faut avoir un tonneau d'eau, qu'on remplit quand on peut, parfois au bout de deux ou trois jours. Mais ailleurs ce sont de belles eaux courantes où l'on a le plaisir, intense dans ces pays de soleil, de prendre des bains rafraîchissants, en ayant soin de ne pas le faire dans les fonds de vase, o\x pools, où il peut se trouver des crocodiles.

Ces journées, ces mois de plein air, ont été pour moi comme une nouvelle vie, et le plaisir de jouir de l'espace libre compense bien largement les peines et les fatigues du jour et de la chaleur.

Il serait fastidieux de décrire ici les mines du Mas-

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honalaud ; aussi je donnerai seulement des descriptions des dili'érents districts miniers au point de vue du pays et de la végétation; nous sommes en route pour celui de Hartley Hills.

Ou passe la rivière Hanyani, qui coule entre deux rives de terre abruptes, au milieu d'une plaine boisée. Peu à peu les accidents commencent, le sol s'abaisse; ce sont d'abord les kopjès. Ici ils sont surmontés quelquefois par des kraals ou villages nègres : nous en rencontrons trois en trois jours. Les petites huttes rondes à toit pointu sont posées sur les rocs les plus inaccessibles des kopjès : elles sont en paille et en roseaux : de loin ou dirait d'énormes champignons. Comme pour accentuer la ressemblance, il leur arrive d'être posées de travers. Le sol est un sable quartzeux formé de débris granitiques et sur lequel la végétation est maigre. Tous les arbres, sauf le mapani et l'acajou, sont plus ou moins ravagés par un insecte possédant une vrille, un horer, qui perce leur écorce, remplit de terre tout l'intérieur et les rend inutilisables en très peu d'années, si bien qu'ils ne vieillissent pas au delà de quinze ou vingt ans, [)uis tombent et pourrissent. Aussi les forêts sont formées d'arbres relalivemeut jeunes, mais déjà rabougris, et ne sont jamais très épaisses, sauf des forêts impénétrables formées plutôt de lianes et d'acacias. Le pitclipiu importé paraît être à l'abri de cette destruction.

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