LE CENTRE DU MASHONALAND ET SALISI5URY
Dans les bas pays, les noirs cultivent le maïs, un peu le riz, lorsqu'il y a assez d'eau, le caoutchouc, le tabac et le coton, qui sont, comme le riz, de qualité supérieure, enfin l'arbre à sucre, l'oranger et le citronnier.
Au dernier kraal dont nous parlions, nous échançfjeons du sel contre des courges; le sel est utilisé par les Mashonas pour faire sécher les peaux d'antilope, d'élan, etc. On nous apporte un poulet, mais on ne veut plus de sel ; par contre, on accepte, mais avec combien d'hésitation, une pièce d'aluminium gravée comme un écu de 5 francs : ce sera dorénavant un de ces bijoux que les nègres suspendent à leur cou. Ce grand kraal est enfermé dans un cirque de rocs granitiques pointus : il y a plus de cent cases qui se touchent de près, derrière une haute palissade de pieux. Devant ces pieux est une grande place où sèchent des peaux au soleil. Les femmes refusent absolument de se laisser approcher, elles nous regardent à grande distance.
Les deux noirs qui nous servent sont, par contre, en pays de connaissance et peuvent approcher partout. Ils mangent absolument comme des singes, accroupis, les coudes sur les genoux; ils ont les cheveux ras, sauf une touffe plus longue au milieu de la tête. Le plus grand a un pantalon, mais le plus jeune, qui peut n'avoir que seize ans, est vêtu d'une chemise déchirée qu'il
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change parfois contre un pagne. La nuit, il n'a qu'une couverture, je ne sais comment il ne gèle pas; il est vrai que le soleil l'a vite rêchautTé le malin; le soleil est ici le grand remède à tous les maux.
Les collines de Hartleij. — Nous arrivous à Harlloy Hills, les collines de M. Hartiey, un chasseur bien connu dont le tombeau est dans le voisinage. Ces collines ne domiueut guère la plaine que de trente mètres; il y en a deux avec quelques huttes entre les arbres. D'en haut, la vue s'étend sur un océan de dômes d'arbres à l'infini, car tout ce pays est plat. A un mille environ, il est coupé par la rivière Umfuli, profondément encaissée et dont la rive opposée à nous a une teinte plus sombre, à cause de l'ombre qu'y projettent les rives au soleil couchant.
Le silence est rompu par un bruit familier à nos oreilles : celui d'une ballcric de cinq pilons située sur la rivière Lmfuli, et où l'on broie en ce moment du minerai d'or provenant de la mine Béatrice. Nous allons assister à ce broyage : les plaques sont couvertes d'amalgame, et le résultat est très beau : cent tonnes de quartz ont rendu 563 onces d'or.
Le commissaire des mines du district nous invite à dîner sous sa hulte : ce pauvre garçon a souffert des fièvres pendant plusieurs mois, et il est si maigre que nous nous demandons s'il arrivera jusqu'en Angletci're ; il a demandé un congé, ayant déjà cinq ans