‹ Rhodésie et TransvaalChapitre 2 sur 63 · DE L'ANGLETERRE A BEIRA PAR CAPE-TO\V · texte numérisé non relu

DE L'ANGLETERRE A BEIRA PAR CAPE-TO\V

L EXPÉDITION DES PIONNIERS AU M ASIION A L A i\ D

}uia 1805.

Nous faisons une traversée magnifique, sur le Moî'rian, le plus beau des bateaux de V Union Une : il a 170 mètres de longueur et jauge 7,300 tonneaux. Ce p.rt de Southampton est une merveille, et les cotes verdoyantes de Tile de Wiglit, qui le protègent, sont de ce vert si doux, propre aux pays du JVord, que l'on n'oublie plus quand on va vers le Sud. Puis c'est le bleu infini qui commence et qui va durer jour et nuit. Le temps est superbe, la mer extrêmement calme : je ne croyais pas que l'immeuse Atlantique pût être si calme; sans une sorte de lame de fond qui est très longue, le Norman serait aussi immobile que sur un Jac de la Suisse. Nous passons cependant quinze à

2 UHODESIE ET TRANSVAAL.

seize heures dans un brouillard assez épais; la sirène fait entendre son grondement assourdissant toutes les deux minutes. Les journées passent vite : ou mange trois fois par jour et substantiellement chaque fois; c'est la plus grande distraction du bord, car on n'a rien à faire ; quelqu'un dit phiisammcnt : " A bord on ne travaille pas en deliors de ses repas. « A vr.ii dire, s'il y a du confort sur le Norman^ la cuisine, qui paraît bonne les premiers jours, finit par laisser beaucoup à désirer, comme nous le verrons.

Sur le pont on essaye quelques jeux : palets, lawntennis, cricket, etc. Dans les salons, ou fait de la musique. In petit orchestre se fait entendre tous les soirs; il est bien composé, et le chef a beaucoup dégoût.

Fait extraordinaire sur un paquebot anglais de la ligne du Cap, il y a neuf Français à bord : c'est la première fois qu'il se dessine un sérieux mouvemeut de nos compatriotes vers les riches contrées de l'Afrique du Sud, et maintenant que le premier pas est fait, cela va continuer. Ce sont les ingénieurs qui vont les premiers en exploration. Il y a celui de la Compagnie de Mozambique, qui a tracé des centaines de kilomètres de routes dans ce pays et, à soixante ans, y retourne pour la quatrième fois.

Il est probable que nous aurons des soirées théâtrales, car nous voyageons avec une troupe d'opérette composée de quarante personnes, qui va au Cap et à

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