BULUWAYO ET LE M AT ABE LE L AN D
des noirs pour tirer un coup de fusil; ceux-ci tiennent la crosse sous l'aisselle, il sont bien plus redoutables avec leurs sagaies.
La principale industrie des noirs est la fabrication d'une bière avec le millet, le blé cafre. C'est leur boisson favorite : Lobeugula en était si avide qu'un jour un jeune Cafre qui la transporlait en ayant goûté en route, le roi lui fît couper les oreilles pour n'avoir pas entendu ses ordres, le nez pour avoir senti sa bière, la langue pour en avoir bu, puis il le fît massacrer et livrer aux chacals et aux vautours.
Je ne décrirai pas le pays qui s'étend vers Selukvve et qui rappelle beaucoup les régions du Mashoualand que nous avons parcourues en chariot boer. M. L... m'a raconté l'auecdote suivante à propos des crocodiles qu'on trouve dans certaines rivières. Il voyageait avec des porteurs nègres ; un gamin noir qui les accompagnait voulut s'approcher d'un de ces jjools ou bassins d'eau vaseuse dont on ne voit pas le fond. Comme il se baissait pour essayer de boire, il fut saisi par un crocodile qui lui enleva une partie de la hauclie gauche; les entrailles sortaient, mais le gamin |)ul se retirer et il fut rapidement enlevé par ses camai.i[,.3. Ceux-ci bandèrent la plaie avec de la terre argiâ^se et des lambeaux d'étoffe, et ils purent emmener leur camarade, qui marcha courageusement plusieurs jours. Quelques mois plus tard, M. L... revit ce jeune ucgre
110 iniODKSlK F.T TRAMS VA AL.
tout à fait guéri, la chair avait repris, formant foiiIonicnt un rcfrécissement du côlê gauche.
Quelles courses ne leur fait-on pas faire, à ces pauvres nègres, pour courir à la recherche do l'or? C'est bien là le plus puissant stimulant de la civilisation : sans l'or, les Mancs ne s'aventureraient pas pour se contenter d'agriculture. Il y ado l'or au Malaheleland ; il esta souhaiter que ce pays prenne le développement qu'on espère, car le sol est riche, an moins en Ijieii des endroits, le climat est bon, il y a place pour un large contingent de population blanche.
De iJuluwayo, mon intention est de me rendre au Transvaal pour visiter les mines d'or de ce pays; plus tard j'ii'ai voir les mines de diamants de Kimberley. Je vais donc retenir ma place pour le coach qui va à Pretoria : la distance de Buluuayo à Mafeking est à peu près la même que celle de Buluivayo à Pretoria, 530 milles, soit huit à neuf cents kilomètres; nous en auronspourune semaine en voyageantjouretnuit : il n'y a de station (|u';i Tuli et au Transvaal. Le Limpopo est à mi-chemin; c'est la frontière. En route donc, avec la perspective de passer sept jours dans la caisse d'une voiture : heureusement nous avons pu dormir quel- (jues bonnes nuits en prévision de ce voyage.
De Bîdinvayo au Transvaal. — Nous partons à huit heures du matin, dans un coach Louis XIV, tout à fait semblable à celui qui nous a conduits de Salis-