BULUWAYO ET LE M AT A 15 E LE LA M D, HT
biiry à Biiluwayo, mais nous sommes plus nombreux, ou sent qu'il y a plus cl'aclivité sur celle nouvelle voie.
Pour aller vers Tuli, nous traversons les monts Maloppo, région déserte et fort sauvage. La végétation est maigre, les rochers font souvent saillie, la route est très mauvaise, semée de rocs et accidentée : on passe à gué quelques rivières presque à sec, mais encaissées dans des berges rocheuses qui sont profondes. On descend, mais insensiblement. Mon voisin, qui est pessimiste, me dit que nous traversons un désert, avec le pittoresque en moins. C'est pourtant original que ces successions de colHues couvertes d'arbustes et d'une herbe jaune, avec des rochers en saillie.
A la suite de ces collines, il y en a de plus basses, des amoncellements de rocs granitiques, avec de petits arbres fort bizarres, l'aloès aux longues feuilles pointues et épaisses, l'euphorbe aux branches massives formées de grosses feuilles bout à bout, comme le cactus.
Parfois Je passe une partie de la journée sur l'impériale pour mieux voir; mais quels cahots! I! faut se cramponner aux courroies et aux tringles de fer qui retiennent les bagages : il y a bien un semblant de siège avec un dossier, mais il menace ruine, et les branches d'arbres vous atteignent à tout instant. Le troisième jour je suis récompensé par la vue d'un arbre dont le tronc est un cône parfait, énorme à la
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base, haut de dix à douze mètres, presque poiutu au sommet : les branches ont la même forme, et le tout a cette couleur grise et cette allure massive qui évo(jucut rélèphant. Je reconnais le baobab sans l'avoir jamais vu : sou gros fruit un peu acide est la crème de tartre.
Les kopjès disparaissent ; il n'y a plus que la plaine boisée et herbacée toute jaune, mais les baobabs se multiplient en nombre et en grandeur. C'est uu plat désert de sécheresse; l'air est obscurci de sauterelles cl de cigales par nuages et par milliards dans chaque nuage. Le chant des cigales remplit tout l'espace, et cela dure pendant des heures.
Jusqu'à Tuli, nous avons passé nos nuits dans la voiture, sauf quelques heures dans un store situé à plus de cent milles de ces villes écartées : Buluwayo et Fort Tuli. Heureusement il y a mon Australien d'Adélaïde qui m'amuse par ses histoires et ses saillies, notamment sur Sarah Bernhardt et sur l'acteur Holloway dans le Roi Lear. Ce sont parfois des fusées de rires; ces sièges pourtant finissent par être bien durs.
Près de Tuli, qui n'est qu'à six cents mètres d'altitude, la végétation change et devient tropicale. Ce sont des palmiers et des cocotiers élancés, sur les bords de sable de larges rivières. On nous accorde un léger répit pour dîner le soir à Tuli, et coucher sur le sol dans la hutte ronde qui est l'unique auberge, mais