‹ Rhodésie et TransvaalChapitre 4 sur 63 · DE L. ANGLETERRE A BEIRA PAR CAPE-TOWX · texte numérisé non relu

DE L. ANGLETERRE A BEIRA PAR CAPE-TOWX

dit-il, assez de présoncc d'esprit pour se rappeler ce mot Je Livingslone, « que la blessure du lion est parfois mortelle, lors même qu'elle n'est que légère, à cause des chairs en putréfaction qu'il lui arrive de dévorer et qui restent entrent ses griffes « : il n'eut d'ailleurs pas le temps de l'expérimenter. Il tenait son fusil par le canon, avec la vague idée de le placer dans la gueule du lion, et il poussa un cri d'alarme. Le lion était presque sur lui ;mais, à ce cri, il s'arrêta net, paraissant subitement refroidi dans son ardeur ; il regarda l'homme d'un air assez paisible, et môme non déplaisant, selon le mot du garde, et, se retournant tout à coup, il dépassa l'homme de quelques pas, puis, galopant rapidement, il disparut.

A Tuli, 150 indigènes vinrent aider à fortifier la position et à construire la route qui contourne la base du fort. Tuli est un endroit superbe comme végétation, les fruits y abondent, les arbres de dix mètres de circonférence, les baobabs, n'y sont pas rares, et leur pulpe, la crème de tartre, sert à la fabrication d'une sorte de bière très hygiénique et utilisée comme médecine dans le pays. La colonne quitta Tuli le 11 juillet pour faire les 140 milles qui la séparaient de la Lunde river.

Plusieurs ponts furent construits sur cette partie de la route. De Tuli à Bubyc Rivers, sur 74 milles, la région est couverte de bois inhabités, interrompus par des clairières où s'élèvent les Kopjcs, collines grani-

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liqucs isolées et près desquelles on trouve frcqucmmcnt des sources. Le pays est peuplé d'auiniaux sauvages : éléphants, girafes, buffles, zèbres, mais surtout de daims et d'antilopes, très appréciés des chasseurs de la petite colonne.

La population indigène des pays de Bubye Rivers est liés douce, et reçut très amicalement les Européens. Elle était Tobjct des incursions des Matabélés, qui venaient enlever les femmes et les enfants ; aussi les villages étaient-ils perchés dans des endroits très hauts et inaccessibles, sur les rochers des Kopjes. Les huttes n'étaient que des abris de branchages, à couvert seulement des vents les plus violents. Le nom de ces indigènes est Boinjans. Trois de leurs chefs vinrent visiter la colonne. Contre des chèvres ou des boucs, ou des farineux, fèves, etc., on leur donna des couvertures ornées, des étoffes voyantes ; aux chefs, on donna même des fusils Martini.

L'arrivée à la rivière Lunuc vint mettre en fuite des lions qui jouaient sur le sable. C'est à Lundc que commence la région qui dut autrefois entretenir une nombreuse population. Vers l'ouest, on trouve d'anciennes ruines très importantes, ainsi qu'au nord-est, près de Victoria, où se trouvent les ruines célèbres de Zimbabyé.

Pour arriver à Victoria, il faut traverser une gorge longue et très étroite, qu'on appela le «Providential

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