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railles décorées. Il est évident qu'où a voulu réyler Tannée d'après l'un des solslices.
La forteresse est presque exactement au nord du grand temple, avec lequel son grand axe est parfailoment aligne; il n'y a guère maintenant qu'une diil'crcnce de dix degrés entre la direction de cet axe et le nord vrai; si l'on veut calculer à quelle époque celle ligne devait coïncider avec le nord, à cause de la rotation de l'axe de la terre, qui produit la précession des équinoxes, on arrive à près de quinze cents ans avant Jésus-Christ, ce qui est évidemment une date trop reculée; mais d'autres considérations ont pu déterminer, outre celle-là, la position du grand temple, et d'autres moyens ont pu remédier à cette inexactitude dans l'observation des astres.
La distance de la muraille de la forteresse crénelée de monolithes, au grand temple circulaire, est de fi20 mètres. Le grand monolithe placé au-dessus du précipice, haut de trente mètres à pic, recevait le premier rayon du soleil levant sur le mont Varoma au solstice d'été, et ce rayon était immédiatement visible de rcuccinlc des deux tours, dans le temple circulaire. Il élail donc facile, par ce moyen, de déterminer les saisons avec une grande précision; l'année lunaire, qui était autrefois employée, ne coïncidant pas avec l'année solaire, il fallait avoir un moyen d'observer le refour des saisons.
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Ce grand monolithe devait servir également la nuit à marquer le passage des étoiles au méridien; à cause de sa distance, sa hauteur sur l'horizon n'était pas très élevée, mais à la latitude de Zimbabwe, les constellations boréales connues autrefois ne devaient pas non plus dép"sser de beaucoup l'horizon. A la hauteur polaire obtenue, qui est de vingt-huit degrés, il y a plusieurs étoiles de seconde grandeur, notamment plusieurs de la Grande Ourse, qui a dû être, autrefois comme aujourd'hui, la constellation la plus connue des bergers et des navigateurs du Xord.
De même, au temple de la forteresse, un monolithe placé au nord exact indiquait le passage des étoiles, mais on n'a rien découvert qui pût servir à observer les constellations australes, répandues pourtant dans une région du ciel beaucoup plus largement étendue devant le temple circulaire, et devant celui de la forteresse, car elle s'ouvre pleinement sur la vallée descendante.
Il nous reste à parler des fouilles exécutées dans les ruines de Zimbabwe. Naturellement, depuis l'époque où elles ont été abandonnées, et qui est très ancienne, car les broussailles et les grands arbres ont poussé partout dans l'intérieur, on a dû enlever tout ce qui s'offrait immédiatement à la vue. Il est même curieux d'observer que, partout où les murs se sont ébranlés, les pierres écroulées ont presque entièrement disparu; cependant, les noirs ne construisent pas
leurs liultos en pierre; peut-être ont-elles disparu seulement depuis l'occupation anglaise, enlevées par les prospecteurs des reefs aurifères des environs.
C'est M. Bent, surtout, qui a exécuté des fouilles et a classé ses découvertes avec la science d'un archéologue. Presque tout ce qu'il a trouvé était enfoui dans le temple de la forteresse, le seul endroit presque constamment à l'ombre, dans une fraîcheur que redoutent les nègres de l'Afrique, et qui a suffi à les empêcher d'y pénétrer; ils ont dû, au contraire, enlever presque tout ce qui se trouvait dans les endroits exposés au soleil.
Tous les oitjots trouvés sont en stéachisle, roche schisteuse, savonneuse au toucher, facile a tailler et à polir, et cependant très durable; elle existe au voisinage des ruines.
Les plus curieux et les plus intéressants de ces objets sont des oiseaux perchés sur des colonnes, et qui devaient décorer la muraille extérieure du temple de la forteresse^ d'après la position où ils ont été trouvés. Il y en a six grands, d'un mètre cinquante à deux mètres de hauteur, et deux petits de dix à quinze centimètres. Il est probable qu'il en existait un plus grand nombre. La forme de ces oiseaux, le dessin de leur plumage, leur bec, rappellent le vautour. Ces oiseaux et d'autres objets (I) se rapportaient à l'adoration du
(1) Des phallus, etc.
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soleil créateur et fécondateur, et d'après d'anciens basreliefs et d'anciennes monnaies, les tours pointues du grand temple avaient la même significalion.
Des piliers décorés de lignes géométriques, des pierres de forme curieuse ou grossièrement taillées, de nombreux fragments de bassins, avec des bords bien arrondis décorés de bœufs, de scènes de chasse, des zèbres, rappellent le style phénicien : l'un de ces bassins porte même des fragments de deux lettres au moins rappelant l'écriture proto-arabe. Mais l'on n'a pu découvrir nulle part la moindre inscription, qui aurait été précieuse pour résoudre déflnitivement le problème de ces ruines.
On H trouvé aussi des cylindres épais percés au centre, décorés de rangées de boutons sur la face extérieure, avec une rainure allant du centre à la circonférence. Ils sont faits de roche très friable, et il est difficile d'en comprendre l'usage.
Le peu de poterie qui a été trouvé serait de style perse.
Les objets en fer consistent en cloches doubles, haches, lances et flèches, pinces, bêches, pelles, etc.
Il existe enfin plusieurs objets qui indiquent clairement le but principal des habitants de Zimbabwe, qui devait être l'industrie de l'or. C'est d'abord un petit four à fondre l'or, en ciment de granit pulvérisé, et muni d'une clieminée. A côté du four étaient des creu-
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sets en argile avec des traces d'or encore visibles adliéreulos à la partie vitreuse due à la clialcurdu feu; puis c'est un moule pour liugots, et la forme de ces liugots en croix de Saint-André est celle d'un lingot d'élain portant le poinçon phénicien, trouvé à Falmoutli en Angleterre. Il semble donc bien que l'origine de Zimbabwe est, sinon arabo-phénicieune, du moins due à un peuple qui avait subi l'influence phénicienne.
Si on voulait rechercher cette origine, il fciudrait étudier l'histoire de tous les peuples qui ont eu des colonies en Afrique. Les Phéniciens au service du pharaon Necho, celui qui creusa le premier l'isthme de Suez, dont ou a retrouvé des traces en construisant le canal actuel, tirent, d'après Hérodote, le tour de l'Afrique en l'an GOO avant Jésus-Christ, et ce furent les premiers navigateurs qui dirent avoir vu le soleil à leur droite en naviguant vers l'Occident : ils ont donc certainement cinnu la cote est de l'Afrique.
L'Arabie a été de tous temps célèbre pour produire de l'or; elle est citée par la Bible, par les auteurs romains, par l'inscription assyrienne de Teglath-Phalazar, qui remonte à 733 avant Jésus-Christ. Faut-il voir dans Zimbabwe le pays d'Ophir, ou le non moins célèbre pays de Pont?
Les Arabes possèdent l'est de l'Afrique dès l'an 35 après Jésus-Christ. Leurs auteurs citent ce pays aux