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dédale de troncs, et d'autres mules, dix toujours, nous cutraîneût de plus belle à Iravers des régions toujours semblables, toujours au galop avec la lourde voiture qui bondit sur les racines et les grosses pierres. I.e rideau de forêts finit par s'ouvrir un peu pendant que nous traversons les monts du Zoulpansberg.
Le temps est couvert et se met à la pluie ; cela donne aux paysages qui s'ouvrent davantage des horizons et des ciels de Suisse ; il y a des pàlurages, et des fleurs sur ces pâturages, des fermes avec des jardinets, des arbres fleuris et des piaules grimpantes. Puis ce sont de subites émergeances de collines tourmentées sur la plaine; plus loin, des villages de huttes entourées de cactus, des pâturages verts, des troupeaux ; au milieu d'une grande plaine s'élève une colline verte, toute pointue, qu'on appelle Spifzkop, la tète en pointe. Ce n'est pas la Suisse, il n'y a pas ces gazons superbes et cette richesse de végétation des Alpes helvétiques, ces beaux boisdeclialaigners et d'arbres aux grands feuillages; c'est la prairie cepeudant et les beaux horizons de montagnes, et c'est aussi un pays producteur depuis qu'il est habité par les lioërs, ces pasteurs qui ont beaucoup de ressemblance avec les Suisses et oui, comme eux, la passion des grands troupeaux.
A Pietersburg, où nous arrivons vers six heures du soir, de grand jour encore, nous obtenons de dormir quelques heures; le coach ne partira qu'à une heure
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du malin. Avant de dîner et de dormir, nous parcourons les rues de la ville. Décidément cela me plaît tout à fait : les maisons ont la forme de chalets, elles ont de larges vérandas, des jardins avec des fleurs; des plantes grimpantes s'élèvent jusqu'aux toitures. VA surtout l'on goûte enfin quelques heures de vrai repos dans des lits avec des draps blancs, les premiers que nous trouvons depuis Buluwayo. Quel dommage d'être réveillé vers minuit!
Le coacli se remplit tout à fait : il y a avec nous des fonctionnaires boërs qui von là Pretoria; nous n'étions cepemlaut pas trop à l'aise dans cette voiture, il est bien inutile d'essayer de dormir, même de sommeiller, et tout le monde se met à fumer. Quelle affreuse habitude, et comment peut-on y découvrir le moindre parfum ?
Excellent déjeuner que celui que nous faisons à Pietpotgietersrest, un nom aussi barbare que le site est joli : les œufs, le lait, le beurre sont exquis, et il y a une bouillie de maïs que jene retrouverai plus ailleurs. C'est un joli village, aussi fleuri et aussi suisse d'aspect que Pietersburg.
La prairie continue à dérouler ses larges ondulations; on traverse des fermes peuplées de troupeaux, avec des bergers qui sont des nègres.
Le pays devient mainlonant un peu plus accidenté, et il y a des arbres, mais nous n'avons pas de dîner,
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et je remarque que personne n'a emporté de provisions. Heureiiscmcut, à un relai de mules isolé eu pleine campagne, au lieu de la tête noire et crépue d'un nègre, c'est la jolie liyure d'un gamin boër qui nous accueille; il nous offre des tasses de café. Voici le premier jeune Boër que je rencontre, et avec ses traits réguliers et décidés, el la force qu'on devine déjà dans son apparence élégante, c'est tout à fait le type de l'habitant rêvé du pays des Boërs. Plus tard, j'en verrai beaucoup d'autres, et ils se ressemblent tous; c'est une belle race vraiment, et les types d'hommes sont superbes, de beauté forte et saine : je n'aurais pas cru trouver uue si grande régularité dans leurs traits. Ou voit seulement à leur teint, même chez les plus jeunes, qu'ils ont une habitude extrême de la vie au soleil et au grand air, et des fatigues physiques.
Le pays devient de plus en plus tourmenté. La route fait des contours dans des gorges rocailleuses et embroussaillées, il y a des descentes plutôt raides ; c'est l'extrémité des monts du Zoutpansberg: sur les pentes des collines, les cailloux s'amoncellent de plus eu plus eu débris tombés des sommets. Il a fallu faire la route dans ces régions, c'est-à-dire y travailler véritablement, car ailleurs ce qu'on appelle faire une route consiste uniquement à suivre toujours le même sentier dans la prairie, et à enlever les arbres qui gênent trop le passage. A travers les gorges du Zoutpansberg, il a fallu.
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entailler ccriains parcours, et soutenir les autres, et il a <lù en coûter aux Bocrs de s'occuper d'un travail de ce genre, ils le font le moins possible. Et l'on s'aperçoit que même le travail (ju'ils ont fait est assez sommaire, car nous sommes bien secoués.
l\ous avons encore quelques heures de repos à Kylstrom, encore un joli village d'aspect suisse dans sa ceinture de prairie. Le nom lui vient de la rivière qui le traverse, le Nylstrom, ou rivière du Nil. Lorsque les premiers trekkers boërs sont arrivés dans cette région et qu'ils ont vu cette rivière se dirigeant vers le nord, ils ont cru avoir découvert les sources du Xil et lui ont donné ce nom. Mais c'étaient de rudes hommes d'action, et ils n'étaient pas obligés de savoir la géographie de l'Afrique centrale ; nos paysans de France savent-ils celle de la France seulement? L'eau est fiaîche et limpide; s'il n'était pas trop tard et s'il ne fallait pas songer plutôt à dîner, que l'on prendrait volontiers un bain! L'on en aurait tant besoin après les poussières et les sueurs de la route, surtout de celle que nous avons faite à travers les sécheresses du Charterland : il faudra attendre d'être arrivés à Pretoria. Il y a des sources chaudes près de Nylstrom, et d'autres curiosités naturelles, mais nous n'avons pas le temps de les visiter.
De là à Pretoria, le pays devient presque une plaine, on traverse un grand bassin salé, reste d'une mer inté-
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rieure. Puis les maisons de ferme deviennent plus nombreuses, et animent plaisamment la campagne; nous croisons le coacli qui va à Buluwayo et nous lui souhaitons l)on voyage sans jalousie. On traverse une gorge rocailleuse où il fait bien chaud, enfin on pénètre daus une grande étendue plane entourée de collines peu élevées, une sorte de cirque. A l'extrémité opposée, des" bois d'eucalyptus tranchent sur le vert et le jaune des herbes qui couvrent presque tout alentour. C'est Pretoria, où nous entrons bientôt par des rues ombragées de grands eucalyptus et de magnifiques saules pleureurs, en traversant le pont de pierre jeté sur la rivière à laquelle Pretoria et ses environs doivent leur oxistence et leur fertilité.
11 y a six jours et cinq nuits que nous sommes enfermés dans cette voiture, avec les seuls relais de quelques minutes toutes les deux ou trois heures, indispensables pour changer les mules, et les arrêts nécessaires de temps à autre pour manger quelque chose dans les stores ou magasins installés dans ce but le long de l'interminable route, à travers ce pays solitaire et qui, au Charterland, paraît inhabité. Ma seule distraction de ce long voyage a été de causer avec un jeune mineur australien, d'une vingtaine d'années, d'une gaieté inépuisable, et qui m'a bien amusé par son caractère très ouvert, bien plus français qu'anglais. Il
faisait l'empressé et le galant auprès d'une dame aile-
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mande venue avec nous depuis Buluwayo. Je crois que ces saillies faisaient du bien à la pauvre femme, néanmoins elle était épuisée en arrivant à Pretoria; il y avait de quoi l'être, même pour un homme.
•l'ai passé près de neuf mois au Transvaal dans ce premier séjour, de décembre 1895 à août 1890, et j'en ai visité plusieurs régions; je suis m«'me allé dans le Grignaland West et à Kimberley, j'ai été témoin du raid de Jameson à Johannesburg. Pour le récit de ces descriptions et de ces événements, je suivrai l'ordre dans lequel ils se sont présentés, en réunissant cependant ensemble les différents séjours qu'il m'est arrivé de faire dans un même district. Je ne parlerai pas des mines d'or de Johannesburg, qui n'offrent guère d'intérêt en dehors de leur côté industriel, et dans les autres districts aurifères, je ne dirai des mines d'or que ce qui m'a intéressé comme touriste.