‹ Rhumatisme CérébralChapitre 11 sur 16 · DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT

Certains esprits pressés en médecine d'arriver au côté pratique, nous désapprouveront peut-être de nous être laissé entraîner dans cette question encore obscure de la pathogénie du rhumatisme cérébral. Cette discussion peut avoir paru longue et fastidieuse, mais elle est loin d’être oiseuse et inutile; nous la considérons comme une introduction indispensable au traitement. Du jour où la pathogénie des accidents cérébraux du rhumatisme n’aura plus pour nous de secrets, le traitement ne s’enrichira peut-être pas de moyens nouveaux, mais Ceux qui existent déjà seront appliqués beaucoup plus à propos et Je chiffre de la mortalité en sera considérablement diminué. C’est précisément l'incertitude dans laquelle nous sommes qui nous fait un devoir, en présence de chaque nouveau cas, de passer en revue les diverses explications que l’on peut en donner et de voir quelle est celle qui lui convient le mieux. Certes, il n’est pas indifférent de savoir si les accidents en présence desquels on se trouve sont dus à une métastase, à l’hyperthermie ou la thérapeutique employée. Supposons un instant connu ce mode pathogénique, et il sera facile de voir que les indications thérapeutiques prennent de suite une netteté très grande; chez l’un il faudra recourir aux révulsifs, chez l’autre il faudra employer les bains froids, chez le troisième il suffira de supprimer l'agent thérapeutique suspect pour voir s’amender les phénomènes cérébraux, et du reste ne par-

viendrait-on pas àconjurer les accidents, qu’on aurait au

moins la certitude d’avoir suivi la seule voie salutaire et d’avoir fait tout ce qu’on pouvait faire.

Je nesais si dans l'avenir la question sera simplifiée et si on parviendra à trouver un seul mode de production applicable àtous les cas de rhumatisme cérébral, mais ce qui pour le moment semble assez vraisemblable, c’est qu’ils ne se produisent pas tous de la même façon, ce qui fait qu'avant d'aborder le traitement il faut savoir non seulement à quelle forme clinique on a affaire, mais encore chercher par quel mécanisme elle peut s'être produite: ce qui nous à fait insister longuement sur la pathogénie avant d'aborder le diagnostic et le traitement.

Dans le cours du chapitre relatif aux formes cliniques du rhumatisme cérébral, nous avons vu que, s’il n’était pas bien difficile de diagnostiquer le rhumatisme cérébral d’une façon générale, il devenait bien difficile de savoir à quelle variété clinique on devait le rapporter, tellement les cas sont variables et tellement les variétés peuvent s’enchevêtrer l’une l’autre pour former des types hybrides. Nous avons même dit que ce diagnostic était impossible d’une façon absolue et que du reste il avait une importance bien minime, caron ne pouvait y trouver qu'une pure satisfaction de l'esprit, et qu’au point de vue pratique on n’en pouvait tirer aucune indication pour le traitement, car il n’y avait pas de relation entre la forme clinique et la forme anatomique.

Si, comme je viens de le dire, le diagnostic de la forme chnique n’a qu’une importance fort minime, je ne puis en dire autant de la forme anatomique, et il y aurait le plus grand avantage à être renseigné à ce sujet. lei devrait done prendre place l'exposé des lésions cadavériques constatées dans le rhumatisme cérébral et cela fait, nous aurions à nous demander d’abord s’il existait des formes anatomiques par-

Re

üculières, et en second lieu s’il est possible d’en porter le diagnostic ou, si on aime mieux, s’il existeune relation entre les formes clin'ques et les formes anatomiques. Tout ce qui à trait à l’anatomie pathologique du rhumatisme cérébral est encore si vague et si peu coordonné que cette étude de faits épars ne nous aurait laissé dans l’esprit aucune notion précise ; aussi à dessein avons nous résolu de le laisser de côté. Il nous suffit de savoir que les lésions sont loin d’être univoques, et que d’un côté on constate de véritables inflammations pouvant aller jusqu’à suppuration, de véritables méningites, tandis que d’autre part, l’autopsie ne révèle aucune lésion appréciable. Inutile de dire qu’entreles deux points extrêmes de cette série, on peut avoir à constater tous les degrés intermédiaires, de sorte qu’on se trouve en face de toute une gamme de lésions variables. Le pronostic et le traitement changent, comme on le conçoit aisément, selon la gravité des lésions ; et par suite, au point de vue pratique, s’il estun diagnostic important, c'est bien le diagnostic anatomique. Que m'importe à moi médecin praticien que le malade ait des contractures on du coma, ce qui m'importe c’est de savoir s’il à une véritable méningite, ou si au contraire il n’a que de la congestion cérébrale; c’est de cette notion que vont découler et mon pronostic et mon traitement. Malheureusement nous n'avons aucun signe certain qui puisse nous servir de guide en pareille occurrence, etpour entrer dans le domaine des faits, cette forme clinique décrite sous le nom de forme méningitique, ne correspond pas à la méningite r humatismale. Tout le monde, je le sais, n’est pas de cet avis, eton a essayé de faire correspondre certains types cliniques à certaines lésions cadavériques. M. Viallaron(1) entre autres, danssa

{l) Viallaron, De la méningite rhumatismale. Th. Paris 1874.

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