‹ Rhumatisme CérébralChapitre 12 sur 16 · PR · texte numérisé non relu

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thèse inaugurale, étudie la méningiterhumatismale et s'efforce d’en assurer le diagnostic pendant la vie. Quoiqu’en dise cet auteur, la chose n’est pas simple et notre observation en est une des preuves les plus convaineantes. Si nous nous rappelons en effet le tableau clinique qu’elle offrait à nos yeux, délire, contractures, constipation, etc., nous penserons de suite à une méningite, et en présence de l’heureuse terminaison de la maladie, je crois qu'il est impossible de maintenir ce diagnostic, et il faut penser que les lésions anatomiques étaient minimes, puisque en peu de jours nous nous voyons débarrassés de ces terribles accidents, qui, s'ils avaient été liés à une lésion organique grave, auraient certainement emporté notre malade.

Nous voyons donc que la première question à résoudre, celle qui pourrait avoir une influence considérable sur les déterminations thérapeutiques à prendre, celle de savoir si les accidents sont où non en rapport avec une phlegmasie véritable, avec une méningite, est le plus souvent insoluble. La durée des accidents cérébraux, leur violence, peuvent avoir été considérables, même chez les enfants assurément bien aptes à la méningite, sans qu’on trouve à l’aatopsie des traces de phlegmasie incontestable du cerveau, de la moelle, ni des méninges. On peut lire dans le mémoire de Henri Roger, l'observation d’un cas de rhumatisme cérébral chez une jeune fille de 12 ans, morte après 8 ou 9 jours de délire, et quine présenta à l’antopsie que des lésions purement hyperhémiques, sans aucune trace de phlegmasie des méninges, pas plus que du cervean et de la moëlle, même à l’examen histologique. D’autre part, on peut rencontrer des cas de méningite rhumatismale bien caractérisés à l’autopsie, dans lesquels les symptômes n’avaient jamais permis de remonter au diagnostic de la lésion au moins au début.

Cette incertitude du diagnostic est importante à connaître

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au point de vue du pronostic à porter et des indications thérapeutiques à établir. Ce qu'il ne faut pas surtout perdre de vue, c’est que la méningite rhumatismale vraie est rare comparativeinent au rhumatisine cérébral à lésions microscopiques et que les formes les plus graves terminées par la mort, peuvent évoluer sans donner lieu à cette phlegmasie. C’est là un faitconsidérable à enregistrer, un encouragement puissant à apporter à l’action médicale, laquelle pourra, peutêtre dans l’avenir, être efficace là où on la considérait comme absolument impuissante.

Nous voici donc arrivés au point capital, celui vers lequel doivent converger toutes nos dissertations et nos théories, le traitement. Je n’ai ni le temps ni la prétention de venir ici discuter tous les points du traitement du rhumatisme cérébral, je veux seulement m'occuper des bains froids, parce qu'ils ont été employés chez notre malade, et parce qu'ils l’ont été dans des conditions toutes particulières.

Cette question du traitement du rhumatisme articulaire, et notamment du rhumatisme cérébral par l’eau froide est trop intéressante pour ne pas préciser les diverses phases par lesquelles elle est passée avant d'en venir au point où nous la trouvons maintenant.

L'idée d'utiliser contre le rhumatisme articulaire aigu le froid dont les propriétés antiphlogistiques ont été connues de tout temps, est déjà fort aucieñine. Sans remonter jusqu’à Giannini (1) qui faisait dans sa thérapeutique une part si large aux affusions et immersions froides, et qui paraît les avoir utilisées avec avantage dans le traitement de la goutte aiguë, nous voyons à une époque plus rapprochée de nous Elliotson insister sur le soulagement que cette pratique si

{1)Giannini, De la nature des fivvres, trad. Heurteloup, Paris 1808.

simple procure aux jointures douloureuses, sans qu'il en ait jamais vu résulter aucun inconvénient (1).

Skoda n’est pas moins explicite, il s'élève avec force contre le préjugé qui consiste à étouffer les rhumatisants sous le poids des couvertures, dans la crainte de refouler la fluxion des articulations sur les viscères. Il dit avoir traité très fréquemment le rhumatisme par le froid, et avoir acquis la conviction que ce mode d’agir, loin de favoriser les complications cardiaques et pulmonaires, est plutôt propre à en amoindrir le danger (2). Bamberger va plus loin: ayant employé en grand le froid. comme moyen à peu près unique de traitement du rhumatisme, dans l’une des divisions de l'hôpital de Vienne, il aurait vu les affections du cœur devenir relativement fort rares chez les malades ainsi traités (3). Roser consacre au rhumatisme un chapitre entier de son livre sur l’hydrothérapie dans les maladies aiguës et le jugement favorable qu’il en porte est d’autant plus digne d’être noté, qu’il est empreint d’une modération rare chez les spécialistes, et que l’auteur ne craint pas d’avouer de fréquents insuccès à côté de résultats généralement heureux (4).

Ce n’est pas seulement en Allemagne et en Autriche qu’on essayait l’eau froide dans le rhumatisme articulaire, en France on ne restait pas en arrière. En 1862, un de nos médecins d'armée, le D' Suret, qui expérimentait à l'hôpital militaire de Metz, étudiait aussi la question, et publiait (5) à ce sujet un travail important, qui élaboré sans thermomètre, contenait en germe la méthode réfrigérante antipyrétique,

(1) Elliotson, London medical gazette, oct. 1833,

(2) Allgem, Wien med. Zeilung, 1857, p. 69.

(3) Bamberger, Lehrbuch der Krankheiten der Herzem, 1857.

(4) Die Erfolge des Wassers als Heilmitlel in acuten Krankheiten, Prag. 1859.

(2) Etudes et observations de médecine hydrothérapique éx Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie el de pharmacie militaires, p. 1, 1864.

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telle qu'elle est mise en pratique aujourd’hui dans le rhumatisme cérébral. Gubler, à l'hôpital Beaujon, enveloppait aussi les jointures de ses rhumatisants avec des compresses froides, et les malades s’en trouvaient très bien. Besnier aussi avait souvent recours à cette méthode.

Malgré cela 1l faut en arriver aux observations de William, Fox et de Sidney Ringer, pour voir l'attention des praticiens se réveiller et se porter de ce côté. Aussi la brillante revue critique du Professeur Lasègue, parue en 1872, dans les Archives de médecine, revue où sont analysées les observations des deux auteurs anglais dont nous venons de parler, futelle le point de départ de la vulgarisation de cette méthode. Enfin, Maurice Raynaud trois ans après vint lire à la société

. médicale des hôpitaux sa célèbre observation et mettre ainsi

par son rare talent la question à l’ordre du jour. Blachez et Féréol à Paris et Colrat à Lyon démontrèrent par les faits l'importance du moyen nouveau, et leur nom doit être associé à celui de Maurice Reynaud. Enfin, en 1876, dans une leçon faite à l’Hôtel-Dieu, le professeur Béhier venait apporter à la médication froide dans le rhumatisme cérébral, l’appui de sa haute autorité et terminait en disant àses élèves: «Certes, il faut de l’audace pour avoir recours à un semblable moyen, et c’est précisément pour cela que je vous ai fait cette lecon, et que je n’hésite pas à vous couvrir de ma responsabilité, àme mettre en avant, à vous défendre au besoin.»

L'emploi de l’eau froide dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu est donc entré dans nos mœurs et il ne nous reste plus qu’à nous demander dans quelles conditions il faut les employer ; en d’autres termes, quelles en sont les'indications et les contre-indications.

Dujardin-Beaumetz, en 1876, après trois observations communiquées à la Société médicale des hôpitaux par M. Raynaud, Blachez et Féréol, posa d’une façon précises les

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