DIAGNOSTIC
Une des particularités des malades atteints de rhu- , matisme cervico-sciatique est d'arriver à l'hôpital, non avec le diagnostic de rhumatisme, mais avee celui de courbature fébrile, d'embarras gastrique fébrile, diagnostic d'attente, ou avec celui de méningite cérébrospinale présumée, quelquelois affirmée.
A l'interrogatoire du malade on apprend que le début a été assez brusque. L'examen permet de constater de la douleur dans les mouvements de rotation, quelquefois de flexion de la tête, de la douleur provoquée par la pression au niveau des points atloïdo-axoïdiens, des signes de sciatiques au moins légers avec du Lasègue généralement dans les deux membres. On a les symptômes cardinaux du rhumatisme cervico-sciatique.
En présence de ce syndrome, il ne faut pas affirmer d'emblée le rhumatisme vrai. Il peut s'agir soit d'un rhumatisme symptomatique d'une autre affection, fièvre typhoïde on paratyphoïde, soit d'une réaction méningée d'autre nature, ou même d'une vraie méningite cérébro-
spinale ou tuberculeuse. Ce n’est qu'après avoir éliminé ces différentes variétés que l’on doit faire intervenir le rhumatisme vrai. |
On a vu dans le chapitre des cardiopathies, combien étaient fréquentes les complications cardiaques au cours du rhumatisme cervico-sciatique; on pensera donc à cette affection, toutes les fois que l’on trouvera une endocardite, une péricardite, une augmentation du volume du cœur, ou le syndrome myocarditique.
Quand le début n'est pas brusque, que la température suit une courbe ascendante, c’est à une affection typhoïdique ou paratyphoïdique qu’il faut penser. Toutefois, il faut savoir que cette évolution et la symptomatologie ne sont pas toujours caractéristiques.
La fièvre continue, montant progressivement pendant la première semaine, le grand symptôme de la dothiénentérie au début ne se rencontre pas toujours. Il arrive parfois, de constater des oscillations brusques de température, de voir le thermomètre monter à 3%, 40° dès le 2° jour. La loi de Wunderlich qui dit que toute pyrexie qui, en deux jours, atteint 40° n'est pas une fièvre typhoïde souffre de nombreuses exceptions. Le diagnostic de la fièvre typhoïde ou paratyphoïde ne peut donc être affirmé que par le séro-diagnostic et l'hémoculture.
C'est avec la méningite cérébro-spinale qu’il sera le plus délicat de différencier le rhumatisme.
Sile malade a de la contracture de la nuque nettement caractérisée, de la rachialgie, du Kernig vrai, la raie méningitique, les réflexes cutanés ou tendineux exa-
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gérés ou à un stade ultérieur, de la cécité, de la surdité du strabisme, du myosis, de l'inégalité pupillaire traduisant une lésion des nerfs craniens de la base; si enfin on le voit au stade de convulsions dans le délire ou le coma, le diagnostic est facile. Mais il est des cas où tous ces symptômes font défaut, où la contracture de la nuque et le Kernig sont peu marqués, et c'est l’élément douleur qui domine, et alors l’erreur est facile à commettre entre le rhumatisme cervico-sciatique et la méningite.
C’est à l'Hôpital des contagieux de Besançon en 1915 qu'un malade évacué comme suspect de méningite cérébro-spinale attire l'attention de M. Nobécourt. IL analyse les symptômes, constate la gêne des mouvements de rotation de la tête arrêtés par la douleur, la conservation à peu près complète des mouvements de flexion, l'absence d’une véritable raideur de la nuque et de Kernig et il établit le premier diagnostic de rhumatisme cervico-sciatique, en éliminant celui de méningite cérébro-spinale. ds
Depuis ce temps, nombreux sont les cas de ce genre observés à l'Hôpital des contagieux de F.…..
Dès le premier examen, en présence des symptômes, on arrive à une présomption; mais le diagnostic n'est affirmé que par la ponction lombaire et l'étude du liquide céphalo-rachidien.
Il est généralement: hypertendu dans les deux affections: mais si dans le rhumatisme, il est clair, limpide, dans la méningite, il est trouble ou au moins louche et son seul aspect permet le diagnostic au lit du malade.
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L'examen chimique et cytologique montre un liquide différent suivant l'affection. 5 £
Dans le rhumatisme cervico-sciatique, l'élévation du taux de l’albumine est presque constante et les réactions leucocytaires inconstantes et d'intensité variable. La formule est tantôt lymphocytique, tantôt mixte avec prédominance soit de lymphocytes, soit plus rarement de polynucléaires; mais-les leucocytes manquent souvent ou sont en petit nombre. |
Dans la méningite cérébro-spinale, l’albumine est également augmentée; mais les réactions leucocytaires sont différentes de celles observées au cours du rhumatisme. On a, en effet un liquide purulent ou louche, riche en polynucléaires et renfermant des méningocoques. Re
Si le diagnostic par l'examen du liquide céphalorachidien est facile et sûr dans la méningite cérébrospinale; il peut permettre la confusion entre la: méningite tuberculeuse et le rhumatisme cervico-sciatique.
Le début de la méningite tuberculeuse insidieux et à : allures irrégulières, diffère de celui du rhumatisme qui est brusque; toutefois, chez un de nos malades ayant présenté le syndrome rhumatismal, la ponction lombaire a laissé le diagnostic en suspens pendant quelques jours.
Obs. XX. — N.. Jean, vingt-deux ans, entre le 21 Avril 1916, avec le diagnostic de courbature fébrile. Il a été pris brusquement, cinq jours auparavant, de fièvre, de céphalée, de vomissements. La température axillaire est de 39°4, le pouls à 88. Les mêmes symptômes persistent; la