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L'observation que nous venons de relater était restée isolée. En arrivant à F... en Septembre 1915, M. Nobé. court rencontra un cas analogue qui fut suivi d’une série d’autres. Ils furent l'objet d'une communication présentée à, la Société Médical des Hôpitaux le 14 Janvier 1916. Depuis il a précisé dans une série de Mémoires (SH EN EN ENV ITONILRIX EUX, NX TE écriisien collaboration avec M. Peyre, les principaux caractères de l'affection.
Le rhumatisme cervico-sciatique constitue une forme clinique de rhumatismes consistant dans l'association d’arthropathies cervicales, de névralgies sciatiques, de réactions méningées décelées par l'examen du liquide céphalo-rachidien.
Sa nature est démontrée par son apparition chez d'anciens rhumatisants, parfois par l’existence d’autres arthropathies, souvent par des complications cardiaques, endocardites, péricardites, dilatation du cœur et syndromes myocarditiques.
C’est une variété fruste de rhumatismes, en ce sens que les soldats ne sont pas évacués pour cette affection ; mais, soit avec le diagnostic de courbature fébrile ou d’embarras gastrique fébrile, soit avec celui de méningite cérébro-spinale présumée ou affirmée. Il est parfois difficile de le différencier de cette dernière sans le secours
de la ponction lombaire.
De même que le rhumatisme articulaire classique, le rhumatisme cervico-sciatique peut être soit idiopathique c'est-à-dire survenir indépendamment d’une maladie déterminée, soit symptomatique d'une autre
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maladie. On le rencontreau début des fièvres typhoïdes et
paratyphoïdes, à la suite des injections de vaccins anti-
typhiques -et antiparatyphiques, au début des ictères infectieux.
= De sorte qu’on peut le considérer comme une variété
étiologique, d'un syndrome cervico-sciatique, relevant
de causes multiples.
Nous étudierons dans les chapitres suivants la sympto matologie, les complications cardiaques, l’étiologie avec les formes cliniques, le diagnostic, le pronostic et enfin le traitement. ;
SYMPTOMATOLOGIE
Les douleurs de la nuque, les douleurs des membres inférieurs, les modifications du liquide céphalo-rachidien sont les signes importants du rhumatisme cervicosciatique ; ils constituent un véritable trépied symptomatique.
Ces symptômes ne sont d’ailleurs pas également manifestes chez tous les malades. Si certains d’entre eux attirent l'attention sur les douleurs qu'ils éprouvent, chez d'autres, elles demandent à être recherchées. . Les uns souffrent surtout de la: nuque et peu des membres inférieurs; les autres présentent une localisation ‘inverse. |
De même les modifications du liquide céphalo-rachidien revêtent tous les degrés entre les réactions légères et les réactions fortes.
A côté de ces symptômes cardinaux, il existe des symptômes de second plan qui ont cependant leur intérêt. Nous allons successivement passer en revue ces différents symptômes.
SEE] À) es & 1°. — Douleur de la nuque.
La douleur de la nuque revêt une intensité variable suivant les cas. Parfois assez légère pour que le malade ne l’accuse pas spontanément, elle est souvent assez intense pour constituer le symptôme dominant. Alors, le malade immobilise son cou, il a une attitude soudée. Si on essaie de provoquer des mouvements de la tête, il se raidit ponr éviter la douleur et c’est alors que le médecin non prévenu pense à la méningite cérébro-spinale, Cependant, dans l’immobilité, la douleur spontanée n'est pas vive.
L'examen méthodique du cou, pratiqué avec dou-.
ceur, révèle un certain nombre de phénomènes et met en évidence l’imporlance primordiale de l'élément deuloureux.
Dans les cas les plus typiques, les mouvements de rotation du cou provoquent une douleur plus vive que ceux deflexion; aussi, sont-ils plus gênés que ces derniers.
Si on fait tourner la tête à droite et à gauche, le malade accuse de la douleur dans les parties latérales
et supérieures de la nuque surtout du côté opposé à
celui vers lequel la face est dirigée. Si on fléchit la tête, la douleur apparaît à la partie supérieure de la nuque. ‘ |
Quand on provoque ces mouvements, avec une certaine brusquerie, on éprouve presque aussitôt de la résistance. En procédant doucement, progressivement, on arrive dans la plupart des cas, à vaincre celte résis-
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tance plus ou moins complètement et surtout celle qu'entraîne le mouvement de flexion.
La palpation de la nuque permet de localiser quelques points douloureux. Les points les plus caractéristiques ef les plus constants sont situés sur les païties postéro-latérales du cou dans les régions les plus élevées. Ils correspondent aux articulations atloïdoaxoïdiennes (points atloido-axoïdiens). M. Nobécourt conseille pour les rechercher, de saisir la nuque à pleine main et d'appuyer d’un côté avec l'index, de l’autre avec le pouce un peu au-dessous et en arrière des apophyses mastoïdes. On provoque ainsi une douleur très vive qui souvent fait sauter le malade.
Le même phénomène peut se produire également au niveau des apophyses transverses des premières vertèbres cervicales (points transvuerses); mais généralement, il est moins accusé. \
En général, la pression sur les parties médianes de la nuque n'est que peu ou pas douloureuse. Parfois cependant, on provoque la douleur en appuyant sur les ligaments qui unissent les apophyses épineuses (points épineux) ou immédiatement au-dessous de l'occipital, un peu en dehors de la ligne médiane, sur le bord interne de la masse musculaire, probablement au niveau des articulations occipito-atloïdiennes (points occipitoatloïdiens). à
Les localisations que nous venons de préciser, expliquent pourquoi les mouvements quise passent dans les articulations atloïdo-axoïdiennes sont les plus gênés et les plus douloureux; tandis que les mouvements de
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flexion dont le siège est dans les articulations occipitoaxoïdiennes sont en général plus faciles.
90, __ Douleurs des membres inférieurs.
Les douleurs des membres inférieurs prêtent aux mêmes considérations que celles de la nuque, quant à leur fréquence et à leur intensité. Tantôt, elles sont spontanément perçues par les malades qui marchent difficilement et restent immobiles daus leur lit, tantôt il faut les chercher.
Les douleurs spontanées sont mal localisées; elles siègent dans les jambes, dans les cuisses, et même dans la région lombaire. L'exploration méthodique met en évidence les points douloureux du sciatique, quelquefois d’un côté, généralement des deux. Le point péronier est le plus constant et le plus caractéristique ; mais on constate aussi plus ou moins au complet 1e autres points malléolaires, fessiers, lombaires.
Il existe assez souvent de l'hyperesthésie de la peau et des masses musculaires.
La recherche du signe de Lasègue est positive quand la cuisse étant fléchie en voulant étendre la jambe on provoque la douleur caractéristique, le long du sciatique qui se trouve étiré. Quant la douleur est vive, elle provoque de la défense musculaire, aussi peut-on penser à l’existence de la contracture en quoi consiste le signe de Kernig, qui se recherche par la même méthode. Mais si l'ôn agit avec douceur, on arrive assez facilement à
étendre plus ou moins complètement la jambe, preuve qu'il ne s’agit pas de contracture vraie.