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ENVISAGÉES AU POINT DE VUE DIAGNOSTIC

Nous avons déjà insisté sur les rapports de la tuberculose avec le rhumatisme chronique déformant et nous ne reviendrons plus sur cesujet. Au chapitre qui traite du rhumatisme articulaire aigu nous avons parlé des complications cardiaques en général. Il nous reste à examiner, en nous plaçant uniquement au point de vue de l’étiologie, quelques coïncidences pathologiques. À vrai dire certaines d’entre elles pourraient passer pour des complications, mais nous rappellerons qu’en réalité le rhumatisme chronique progressif n’a pas de complications propres ou du moins qu'il n’en a qu’un nombre très restreint. La mort survient ou par cachexie ou par une affection intercurrente (tuberculose, néphrite chronique, lésions cérébrales).

Parmi les affections que nous voyons ainsi coexister avec le rhumatisme chronique déformant, certaipnes ont pu sembler, à. certains auteurs, être la cause directe de l'affection. Mais dans la plupart des

0 ee cas elle sont une simple coïncidence. Toutefois si en elles-mêmes elles sont quelquefois sans relations directes avec le rhumatisme noueux, elles peuvent, comme nous le verrons dans d’autrescas, nous révéler la possibilité d’une cause commune capable de les produire l’une et l’autre.

A.— LITHIASE BILIAIRE .

Affections hépatiques. — Rhumatisme biliaire.

. Parmi les affections les plus fréquemment rencontrées chez les malades que nous avons examinés la lithiase biliaire est une des plus fréquentes. Nous l’avons vu signalée aussi très souvent dans les diverses thèses avec observations notamment dans celles de Charcot, Barjon, Cazal, etc.; aussi tous les auteurs la mentionnent-ils au nombre desmaladies associées. Ceci ne saurait nous étonner après ce que nous avons dit de l'influence de la prédispositior arthritique sur le rhumatisme déformant, la lithiase biliaire étant une des maladies les plus fréquemment observées de la famille arthritique. D’après même les statistiques de Naunyn, sur 20 vieillards on en trouverait à l’autopsie 1 atteint de lithiase biliaire.

Dans nos observations personnelles nous relevons 5 cas de lithiase biliaire et dans celles avec autopsie qui nous ont été transmises 9 cas, soit 8 cas sur 46, ce qui constitue une très forte proportion. Déjà en 1895 et en 1900 Gilbert et Fournier, puis

Lereboullet en 1902 avaient attiré l’attention sur les rapports de certaines affections hépatiques avec le rhumatisme articulaire. Étudiant en particulier la cirrhose hypertrophique biliaire, ils y montraient la présence fréquente d'attaques articulaires aiguës . constituant un pseudo-rhumatisme infectieux. En outre, cet état pouvait laisser à sa suite des altérations intactes localisées aux doigts donnant des déformations analogues aux doigts hippocratiques, à l’ostéopathie hypertrophiante pneumonique de P.Marie et où l’examen radiographique, fait en particulier par Gilbert Chatin et -Cade, montra les lésions prédominant surtout sur les parties molles. On a cité aussi des cas analogues frappant les grandes articulations et les déformant. Un ensemble de faits étaient ainsi isolés, on en cita d’autres en rapport avec des infections biliaires plus ou moins atténuées, Ainsi se trouva constitué le rhumatisme chronique biliaire de Gilbert, Fournier et Lereboullet.

Dans un article de la Presse médicale de 1904 Gilbert et Lereboullet reviennent sur la question des rapports du rhumatisiue avec les infections biliaires en général. Ils montrent les crises rhumatismales aiguës, subaiguës et chroniques se développant fréquemment chez des ictériques, des cholémiques. Ils citent notamment deux observations de rhumatisme chronique ayant succédé à des ictères infectieux et ils donnent de ces faits une explication logique en les mettant sur lè compte d'une infection commune. Dans nombre de cas pour les auteurs, il s’agit

SOS d’auto-infections d’origine digestive produisant à la fois les accidents articulaires d’une part, les accidents hépatiques d’autre part, et parmi ceux-ci entre autres

la lithiase biliaire, les angiocholites aiguës ou chro-

niques notamment la cholémie familiale. Ces autoinfections d’origine digestive seraient.favorisées par une prédisposition, la diathèse d’auto-infection qui

engloberait presque entièrement l’arthritisme. Ces études remarquables sur les infections biliaires,

Lux ter à

dans leurs rapports avec les accidents articulaires aigus ou chroniques, nous permettent de penser qu'il y a dans la fréquence dela lithiase avec le rhumatisme chronique autre chose qu’une simple coïncidence dans un grand nombre de cas.

Non pas qu'il y ait, au vrai sens du mot, rapport de cause à effetentre rhumatime chronique et lithiase. Mais la nature fréquemment sinon toujours infectieuse de la lithiase, qui est maintenant démontrée par de remarquables travaux, entre autres de Gilbert Naunyn et Minhowski et en outre son rôle sur cette infection qu'elle contribue à entretenir et à exalter, nous montre la possibilité d’invoquer cette même infection comme cause du rhumatisme chronique qu’elle soit exogène, ou endogène comme dans la plupart des cas. :

Ceci n’exclut pas la simple coïncidence et nous relatons un cas (obs. III) de rhumatisme chronique blennorragique qui s'accompagne de troubles infectieux hépatique. Mais les observations XXI et XXII sont assez démonstratives. Dans la première,

la malade, un an après sa première crise de coliques hépatiques, voit sa polyarthrite éclater brusquement et les déformations procéder par poussées fébriles successives entrecoupées ou coïncidant avec des coliques hépatiques accompagnées souvent d'ictère et de troubles digestifs accentués. Le foie est gros, douloureux continuellement, la malade a toujours du subictère net. Dans l'observation XXII les coliques hépaliques sont apparues deux ans après le début des premières douleurs, mais les déformations ne se sont

installées qu'après plusieurs crises de coliques hépa-

tiques avec fièvre, ictère et décoloration des matières.

B. — Artérites chroniques À

Après la lithiase c’est certainement les artérites chroniques que nous avons rencontrées le plus souvent chez nos malades. On connaît d’ailleurs leur fréquence générale chez le vieillard. Certains auteurs ont prétendu que le rhumatisme chronique y prédisposait particulièrement de même qu'un certain nombre de maladies de la famille arthritique. Nous peusons plutôt que c’est une cause commune infectieuse, toxi-infectieuse ou toxique qui les a déterminées parallèlement.

Ce qui est certain c’est que cette artérite chronique sénéralisée ou localisée est, par les complications qu’elle entraine,la cause fréquente de complications souvent mortelles ; nous citerons princpalement les complications cérébrales. Sur nos 12 autopsies

dans un tiers des cas la mort est due à des lésions cérébrales : hémorragie ou ramollissement, sous la dépendance de lésions artérielles.

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