L. Papin
peer (PR
duit qu'une amélioration des seuls symptômes secondaires.
4° \nfluence du sexe.
On constate fréquemment chez la femme des poussées articulaires ou des phénomènes d’hyperthyroidie à l’époque des règles. On suspendra le traitement pendant cette période. On pourra le reprendre ensuite en lui associant l’opothérapie ovarienne.
Pendant la grossesse, il y a souvent une amélioration du rhumatisme chronique à partir du quatrième mois (cas d’autothérapie de Lévi et de Kirstein). La conduite à tenir sera la suivante: pendant les trois premiers mois de la gestation, traitement opothérapique qui sera continué si, au début du. quatrième mois, les phénomènes articulaires ne s’amendent pas.
b) Concomitances cliniques.
Parmi ces états associés on peut distinguer :
x) Ceux qui n’ont avec la dysthyroïdie qu’un rapport plus ou moins éloigné. |
6) Des syndromes thyroïdiens.
&) États associés n'ayant avéc la dysthyroïdie qu’un rapport plus ou moins éloigné. S
1° Cancer : On doit abandonner la médication.
2° Cardiopathies : Elles ne sont pas une contreindication pour Lévi, pour qui, dans certains cas, l’opothérapie deviendrait même une médication cardiaque.Non seulement elle ne serait pas dangereuse, mais elle serait capable d'améliorer les troubles fonc-
tionnels (cyanose, dyspnée, palpitations intermittentes).
3° Albuminurie permanente en rapport avec une népbhrite probable. Lévi a traité un cas de rhumatisme chez un sujet âgé de quarante ans présentant de l’albuminurie ; le rhumatismeé fut amélioré et l’albuminurie diminua. Ce fait serait à rapprocher de ceux rapportés par Castaigne et Parisot.
4° Lithiase biliaire. Pas de contre-indications. Suspendre le traitement au moment des crises.
5° Diabète. Bien que celui-ci soit parfois en rapport avec un fonctionnement exagéré du corps thyroïde, il n’y aurait pas de contre-indications.
Dans 4 cas observés de cette association, il y aurait eu amélioration du rhumatisme et dans deux la wlycosurie aurait disparu sans modification du régime.
6) Association avec des syndromes thyroïdiens.
1° La goutte avec tophi serait plutôt une indication pour l’opothérapie thyroïdienne.
2° La sclérodermie est une manifestation fréquemment notée dans le rhumatisme chronique (Lancereaux et Paulesco, Claude). Elle bénéficie comme lui de la médication thyroïdienne.
3° L’obésité ne peut être traitée par les fortes doses qu’elle réclame, lorsqu'elle coexiste avec le rhumatisme chronique. Elles pourraient, en effet, être dangereuses (réactions articulaires). Il faudra essayer des petites doses. î
4° Le psoriasis se rencontre souvent associé au
rhumatisme chronique (Sergent). Lévi en a observé
92 cas. C’est une indication particulière au traitement thyroïdien ;
5° La migraine est favorablement améliorée par la poudre de thyroïde.
6° Le goiître, l’entérite muco-membraneuse ont été observés en association avec le rhumatisme chronique. Ils peuvent être influencés favorablement comme lui par l'administration de corps thyroïde.
Résuztars. — Les différents signes constituant les manifestations du rhumatisme peuvent être améliorés, mais il n’y a pas toujours une modification superposable de tous les symptômes.
a) Douleurs : leur amélioration est plus ou moins rapide. quelquefois elle peut se faire sentir dès l’ad-
ministralion des premiers cachets. En particulier,on peut voir disparaître l’hyperesthésie si fréquente chez les rhumatisants chroniques.
b) Les œdèmes périarticulaires disparaissent plus ou moins vite. Lévi a observé un malade atteint
d'une forme grave et chez lequel un œdème hémisphérique du dos de la main disparut dès l’administration du deuxième cachet de corps thyroïde. Il en est souvent ainsi pour l’hydarthrose périodique à répétition.
c) Les craquements articulaires s’atténuent et même disparaissent, mais peuvent réapparaître, si
le traitement est interrompu de bonne heure.
d) Les déviations peuvent être également influencées. Lévi a traité un malade atteint d’une déviation de quatre doigts de la main droite par flexion
des deux dernières phalanges sur la première. Dès la première semaine de traitement, il obtint le redressement de deux doigts. Il a vu également un doigt à ressort redressé après quelques mois de traitement et une amélioration très nette dans un cas de rétraction de l’aponévrose palmaire.
e) Les ankyloses, pourvu qu’elles ne soient pas définitives et portent sur les petites ou moyennes : articulations (doigts, poignets, cous-de-pieds), sont influencées favorablement.L'examen radiographique permet de suivre lamélioration. On constate dans ce cas la. diminution des parties. molles, le redressement de l'article, la réapparition de l’interligne articulaire, le remaniement des travées osseuses.
J) L’impotence fonctionnelle peut être seule améliorée,. sans que l’état des articulations soit modifié.
D'une façon générale, c’est dans Îles formes, même graves, observées chez des sujets jeunes, à poussées subaiguës fréquentes, ne présentant pas de déformations importantes, que les meilleurs résultats sont obtenus. Lévi, a observé une douzaine de cas de ce genre avec guérison et relour à une vie normale et même active.
A un degré moindre, dans les cas à grosses altérations, on observera seulement une amélioration relative portant presque exclusivement sur les articulations peu atteintes, Il y aura donc intérêt à employer la médication de bonne heure, à titre préventif. de
D'uve façon concomitante, il y a atténuation des
symptômes d’hypothyroïdie (frilosité, constipation, œdème, céphalée, troubles pilaires, état neurasthénique), de l’hyperthyroïdie (nervosisme) et du syndrome d’instabilité thyroïdienne (migraine, dermatoses, goîtres). | |
LIMITE DU TRAITEMENT. — Il est inutile d’insister sur le fait que la médication opothérapique ne doit s'adresser qu'aux sujets ayant des manifestations d’hypothyroïdie. Dans les cas d’instabilité où prédo- mine l’hyperthyroïdie les résultats sont moins favorables, mais il est des cas à prédominance d’hypothyroïdie où l’opothérapie donne des résultats incertains :
a) L'âge est un facteur important. Au-dessus de soixante-dix ans les modifications sont peu marquées. À ce point de vue il y a lieu de faire une distinction entre le rhumatisme chronique à début ancien et le rhumatisme récent : l'amélioration est plus marquée dans le premier cas. Elle est plus nette encore chez des gens âgés de soixante ans environ dont le rhumatisme a débuté il y a longtemps.
b) Il faut tenir compte de la profondeur des lésions. Il y a peu à espérer du traitement en présence d’ankyloses des grosses articulations, des rétractions accentuées, d’atrophies marquées.
c) Les lésions moyennes (par exemple les arthrosynoviles) chez des gens âgés sont peu influencées.
d) Les atteintes profondes de l'état général sont d’un mauvais pronostic. Ïl est impossible, en particulier dans les cas de cachexie tuberculeuse avan-.
cée, de donner aux malades les doses nécessaires au traitement du rhumatisme chronique.
e) Enfin certaines formes hyperostosantes sont à peine modifiées par l’opothérapie.
MÉDICATIONS ADJUVANTES.— La médication thyroidienne comporte des mesures d'hygiène générale qui ne doivent pas être méconnues. Les malades doivent éviter de prendre de l’alcool qui est un antidote des préparations thyroïdiennes (Carnot). Les bains froids, les douches froides, sont également à proscrire. Par contre, les bains chauds constituent un - adjuvant précieux (Carnot). |
Hertoghe recommande l’alcalinisation du sang par le bicarbonate de soude qui rend l'extrait thyroïdien plus efficace et mieux toléré.
Comme calmants : à l’intérieur, on peut prescrire l’aspirine, le pyramidon, la cryogénine ; à l'extérieur, le salicylate de méthyle ou ses dérivés. Les frictions à l’adrénaline, les injections sous-cutanées d’air au voisinage des articulations (Lévi) sont également préconisées. On a encore utilisé les boues radioactives, la galvanisation,l’iono-galvanisation salicylée ou avec les boues radioactives, la. mécanothérapie.
Les stations thermales particulièrement indiquées sont : Dax, Aix-les-Bains, et surtout Bourbon-
l'Archambault.
| D'après Lévi, les médicaments, fort en usage autrefois et encore actuellement employés, tels que l’iode, le phosphore, l’arsenic agiraient par l’inter-
médiairé de la thyroïde (médication métathyroï- \
dienne). Il est possible d’ailleurs que l'extrait de corps thyroïde ou ses dérivés agissent, au moins dans certains cas, de là même façon, surlout si la fonction glandulaire n’est pas irrémédiablement atteinte. Garnier a en effet montré que l’iode, principe essentiel de la substance cofloïde, se comportait vis-àä vis de la glande comme la pilocarpine et produisait l’hyperthyroïdie expérimentale. Les expériences de Ballet et Enriquez doivent en être rapprochées. En somme, le mécanisme de l’action du * corps thyroïde est probablement double ; si la fonction est fortement déficitaire ou nettement atypique, la glande thyroïde ingérée joue le même rôle qu’une greffe de cet organe ; dans les cas où il s’agit plutôt d'hypothyroïdie sans sclérose avancée, la poudre | thyroïdienne agit en réveillant l’activité glandulaire.
Nous ne dirons qu’un mot de l’association au traitement thyroïdien des préparations fournies par d’autres glandes endocrines. Le rôle des associations pluriglandulaires dans la pathogénie du rhumatisme chronique par insuffisance thyroïdienne est totalement inconnu. D'ailleurs ce que l’on sait du rôle antagoniste de l’ovaire vis-à vis du corps thyroïde doit rendre très prudent à cet égard. :
MécanisME. — Le traitement thyroïdien semble agir de deux façons :
w Il modifie et régularise l’état humoral et, par l'intermédiaire de celui-ci, il agit sur les centres ner-
veux. L'action protectrice du corps thyroïde $e tra-
duit par la neutralisation des toxines surtont celles d'origine digestive.
De l’action sur les centres nerveux dépend la régulation de la thermogénèse et de la vasomotricité qui favorise la nutrition du tissu musculaire et entraine secondairement la suppression des douleurs. Son influence sur la vaso-sécrétion tend à rétablir le fonctionnement normal des synoviales. Il y a lieu également de faire jouer un rôle aux modifications de la nutrilion sulfurée des tissus composants des articulations (action sur les nerfs trophiques).
2° Il rétablit le métabolisme normal du calcium.