L. Papin
Au niveau des genoux on perçoit encore des craquements : à la main ; mais ces craquements, au dire même du malade. sont beaucoup moins intenses qu’au début du traitement.
Enfin les ongles des orteils présentent un phénomène curieux et fort intéressant.-Il y a plus de deux ans que ces ongles sont très épais} irréguliers, striés, d’une couleur brun sale, ils ont l'aspect d’une écorce de vieil arbre. Depuis que le malade prend de l’iodothyrine, ses ongles poussent normaux, de sorte que, actuellement, on voit, au niveau du gros orteil, la: moitié antérieure de l'ongle très épaisse, rugueuse, brunâtre, tandis que sa moitié postérieure (racine)
est lisse, rosée et présente un aspect parfaitement normal.
Oss. III (P. Claisse). — Polyarthrite déformante. —
Myxæœdème, fruste.
M... soixante ans, femme.
Ménopause en 1894 et depuis polyarthrite déformante, ; . F$ * . . Û SE . » » «
pas d’'articulation pour ainsi dire qui ait échappé à l'arthrite. } °
Malade immobilisée depuis plusieurs mois sur un fauteuil, ne peut même goûter lé repos du lit; au moindre mouve- ‘4 + ‘
ment, douleur.
Grosses articulations complètement déformées et immobi-
lisées, les doigts déviés et contournés ne peuvent exécuter
que des ébauches de mouvement.
Articulations vertébrales sont atteintes, mouvements de la-
tête pénibles.
Articulation temporo-maxillaire ankylosée.
On constate sur tout le corps et d’une façon particuliè-
rement évidente à la face, aux mains et aux jambes une infiltration considérable ; l'empreinte du doigt n’est conservée qu'au bas aés jambes ; partout ailleurs cette infillration a les caractères de celle du myxœdème. |
Cœur : rien.
Urines : 24 décembre 1898, résultats suivants :
Urée par vingt-quatre heures, 9 gr. 6.
Acide urique, o gr. 3.
Acide phosphorique, 1 gr. 5.
Chlorures, 6 gr. 5.
Albumine, o gr: 12.
Sucre, 5 gr. 2.
Ajoutons que la malade se plaint d’une extrême lassitude, torpeur continueile sans sommeil reposant.
Opothérapie instituée le 25 décembre.
On commence par la dose quotidienne de deux capsules Vigier, qui est portée successivement à trois et à quatre.
Analyse : urine 31 décembre, mêmes résultats que le 24, sauf sucre, 3 gr. 30.
Analyse le» janvier :
Urée; 15 gr. 30,
Acide urique, o gr.4.
Acide phosphorique,r gr. 9.
Chlorure, 7 gr. 1.
Albumine, o gr. 08.
Sucre, traces.
A ce moment, l'apparition d’une certaine excitabilité
nerveuse avec sensations plus douloureuses de quelques
jointures fait interrompre le traitement qui est repris après
deux jours de repos.
Analyse le 7 janvier :
Urée, 17 grammes.
Acide urique 0 gr. 4.
Acide phosphorique. 2 gr. 6.
Chlorures, 8 grammes.
Albumine, o gr. 05.
Sucre, traces.
Somme toute, en une dizaine de jours, l’ingestion du corps thyroïde à ces doses très modérées a doublé l'élimination
d'azote et a presque fait disparaître le sucre et l'albumine.
O8s. IV (Parhon et Papinian). — Rhumatisme chronique déformant. — Myxædème fruste. — Trailement par
l’opothérapie thyroïdienne.
Malade, homme de quarante-sept ans, commerçant, qui ne peut donner aucun renseignement précis sur son père ; sa mère est morte d’un ictus apoplectique.
À l’âge de quatre ans,il s’est fracturé une jambe et la fracture ne guérit que très lentement. Plus tard, il a eu plusieurs atteintes de fièvre paludéenne.
A vingt et un ans, blennorragie: guérison en deux mois. Trois ans plus tard, en 1879. il ressentit des douleurs dans les genoux, les articulations tibio-tarsiennes et les talons : la violence de ces douleurs lui rendait la marche impossible. Ce n'est qu'après quatre mois de traitement qu’il commenca à marcher, quoiqu'il ressentît encore dans les talons des douleurs et des picotements. En 1885, les douleurs reprirent leur intensité et forcèrent de nouveau ie malade à s'aliter.
JL fit plusieurs traitements, dont des fumigations mercu-
rielles. Après deux ou trois mois, il putreprendreses affaires, mais les douleurs revenaient de temps en temps, surtout dans le talon. En 1805, elles s'exacerbèrent de nouveau et le malade suivit, sans résultat, un traitement ioduré et des bains sulfureux. Quelques placards discrets d'eczéma parurent à deux reprises la même année ; il entra à l'hôpital, restant respectivement quatre et cinq mois, les douleurs diminuérent, mais l’eczéma resta stationnaire.
Lorsque le malade entra en 1902 à l'hôpital Pantélimon, service de M. Jubure, il présentait des douleurs intenses dans les articulations. Les petites articulations des doigts et des orteils, tibio-tarsiennes et radio-carpiennes, étaient tu méfiées ; dans celles du genou on sentait des crépitations. La face et une bonne partie du cuir chevelu étaient envahis par l’eczéma. Urine jaune pâle; densité: 1005; albumine: 2 gr. 0 par litre. Traitement ioduré et, plus tard, par le nitrate d'argent, sans résultat. On a recours alors au bicarbonate de soude, en commençant par 2 grammes jusqu’à la dose de 30 à 4o grammes par jour. On descendit ensuite progressivement jusqu’à la dose de 2 grammes. Bains au carbonate de soude. Pansements avec du bicarbonate pour l'eczéma. Repos de quinze à trente jours après chaque mois de ce traitement.
Sous l'influence de ce traitement, l'eczéma disparaissait complètement et les douleurs diminuaient.
En décembre 1902, le malade, qui n'avait pas pris de bicarbonate depuis quelques mois, ressentit de nouveau des douleurs violentes. Reprise du bicarbonate en commençant par la dose de 5 grammes et en l’augmentant quotidienne-
ment de la même quantité en arrivant jusqu’à 70 grammes
le quatorzième jour. Des symptômes d’intolérance gastrique, anorexie, douleurs épigastriques, se manifestèrent alors avec de la polydipsie et une polyurie marquée (5 litres par jour) ; densité de l'urine, 1.000-1.002. On suspend le traitement en le remplaçant par des toniques.
En octobre 1903, la quantité d'urine était de 2.500 à 3.000 grammes: densité: 1012-1014. Nous faisons un examen détaillé du maladé et nous trouvons, du côté droit, que la paupière est à demi-tombante depuis la naissance, la pupille est plus rétrécie, la joue aplatie. ILexiste donc probablement une paralysie du sympathique cervical. L'intelligence, la sensibilité objective sont normales ; le malade a continuellement une sensation de froid très pénible. L’eczéma couvre la face, le cuir chevelu ; les oreilles ont une couleur rouge foncé avec desquamations [blanchâtres; dans l'épaisseur des oreilles, on sent des indurations tophacées ou calcaires. Les téguments du malade sont secs, et il déclare qu'il ne transsude jamais, même pendant les plus grandes chaleurs de l'été. Les cheveux, rares et presque blancs, ont commencé à .grisonner depuis à peu près vingt ans. Les ongles des doigts et des orteils sont striés, friables, cassants, blanchâtres, sans lustre; ceux du pouce et du médius gauche et ceux des quatre premiers doigts du côté droit se détachent spontanément. Le malade souffre beaucoup des articulations, surtout peudant les temps orageux et humides. La plupart de ses articulations, surtout celles des doigts, présentent des déformations très accentuées et des ankyloses. L'appareil respiratoire est normal. Les battements du cœur sont faibles, sans force ; pas de bruits anormaux ; le pouls : 95 par minute, est
mou et sans tension, à peine perceptible. Vomissements
presque après chaque repas; constipation; le foie dépasse un peu les fausses côtes ; la rate n’est pas percutable et les reins ne sont pas palpables. Pas de sucre dans l'urine ; albumine : 7 grammes par litre ; l'urée est très diminuée. Rien
aux organes génitaux.
Certains symptômes présentés, tels que la sensation contnuelle de froid, la sécheresse des téguments, conséquence de l'absence de la transsudation, la dystrophie très accentuée des téguments et de leurs annexes, l’hypoazoturie, nous ont fait penser à la possibilité, dans ce cas, d’un terrain d'insuf-
fisance thyroïdienne.
D'autre part, les bons résultats que certains auteurs, tels que Lancereaux et Paulesco, Hertoghe, Viala ont obtenus par l’opothérapie thyroïdienne dans le rhumatisme chronique, nous ont décidé de recourir dans notre cas au même traitement que nous commençons le 29 octobre en empioyant d'abord la glande thyroïde de mouton ; et, plus tard, faute
de celle-ci, celle de veau.
Les douleurs commencèrent à diminuer, pour disparaitre bientôt complètement. Il en fut de même pour l'eczéma. Les téguments commencèrent à devenir moites, phénomène que
le malade n'a présenté depuis des années. Le pouls monta progressivement pour arriver à 94-98 par minüte, et les ongies commencèrent à pousser normalement et à récupérer leur lustre. Le malade observe que les mouvements des articulations sont devenus plus libres, et, vers le commencement du mois de mars, ii commençait à marcher. Il s'était produit en lui une véritable régénération. La quan-
tité d'urine dépasse toujours, et de beaucoup, la normale,
mais la quantité d’albumine est moindre et celle des autres
principes éliminés par l’urinè est quasi-normale.
Oss. V (Ménard). — Rhumatisme chronique déformant. —
Traitement et amélioration par l'opothérapie thyroïdienne.
Léon L.., vingt-sept ans, laveur de voitures, entre à l'hôpital Necker, salle Bouley, service du D' Sergent, le 10 avril 1907.
Antécédents héréditaires. — Mère morte à soixante-dix
ans de pneumonie.
Père mort à soixante-trois ans, non rhumatisant.
Une sœur, âgée de vingt ans, bien portante.
Antécédents personnels. — Aucune maladie grave.
A fait son service militaire (un an seulement comme sou-, tien de famille). l
N'est pas sujetaux migraines.
S'est,en somme, toujours bien porté jusqu’en 1905. . Histoire de la maladie. — En juillet 1905, première poussée de rhumatisme. 4
Il a une poussée aiguë de rhumatisme avec fièvre oscillant autour de 39 degrés.
Les douleurs ont été surtout localisées aux deux cous-depied et aux épaules. | |
Durée : quatre semaines. Convalescence à Vincennes quinze jours. Guérison complète.
Pendant onze mois le malade va tout à fait bien, n’éprouvant aucune douleur.
C'est enjuin 1906 que le malade est repris d’une nouvelle
poussée rhumatismale. Il rentre à l'hôpital et y reste trois
semaines. Il a eu depuis cette époque cinq autres poussées
aiguës et s'est fait soigner à l'hôpital (faisant chaque fois un séjour de trois semaines environ) ; mais, depuis le mois de juin 1906, le malade à continuellement souffert de douleurs au niveau des cous-de-pied, parfois des épaules, quelquefois aussi des poignets et des doigts. Il souffrait plus ou moins, surtout lorsque le temps devenait humide ; mais il souffrait presque continuellement et il n'avait guère de rémissions de plus de huit jours.
Depuis un an la marche est devenue pénible et les pieds ont commencé à se déformer.
Le malade a été traité jusqu'à présent par du salicylate de soude, de l'aspirine, du salophène à l'intérieur et, à l'extérieur, du salicylate de méthyle.
10 août 1907. — Entrée à l'hôpital Necker, salle Bouley, pour poussée subaiguë de rhumatisme.
La douleur siège aux deux chevilles, à l'épaule droite. ‘L'articulation coxo-fémorale est aussi légèrement douloureuse. : 1e
Le malade marche très difficilement et la marche est douloureuse.
Dans la journée il ne fait guère que quelques pas dans la salle.
Examen physique. — On trouve à l'examen, les deux pieds légèrement œdématiés, surtout le droit.
Ily a une déformation très nette des pieds ; chacun des deux pieds.est déjeté en dehors et en abduction. Affaisse-
ment de la voûte plantaire, pieds plats.
Epaississement marqué des deux malléoles internes avec
élargissement des deux cous-de-pied.
Légère déformation des doigts avec épaississement des
= OM Er
articulations de la deuxième phalange avec la troisième.
Pas de douleurs dans les masses musculaires.
Un peu d’atrophie des muscles du mollet.
Pas de douleurs le long du trajet des nerfs, pas de sciatique.
Appareil digestif, respiratoire, circulatoire, génito-uripaire : rien à noter.
Pas de tuberculose pulmonaire, pas de blennorragie.
Système nerveux : réflexes rotuliens un peu exagérés.
Urines : ni sucre, ni albumine.
Signalons la petite taille du malade : r m. 55. Son poids : 50 kilogrammes, l'aspect grêle, le peu d’abondance de cheveux, bref l'apparence infantile du malade.
Traitement : acide phosphorique, 1 gramme.
Sirop iodotannique, deux cuillerées à soupe.
Alimentation normale (1 litre de tisane de chiendent).
19 août. — Les douleurs persistent toujours aux chevilles et à l'épaule droite. |
Pouls : 68 pulsations. Température : 37°6, soir.
17 août. — Suppression du traitement. Pulsations : 64. Pression artérielle : 18. Le malade est descendu hier au jardin (deux étages), mais il est remonté aussitôt très fatigué et souffrant davantage des articulations tibio-tarsiennes.
20 août. — Pulsations : 64. Pression: 18. Même état, le malade a souffert hier beaucoup de son épaule droite.
Urines, du 20 août (midi) au 271 août (midi) : 1,1. 900.
21 août 1907. — Volume : 1.900 centimètres cubes.
Aspect limpide. :
Couleur : jaune ambré.
Odeur : fétide.
spas 2 0 Le) ONE
Consistance : fluide.
Réaction : franchement alcaline.
Densité : ro12.
Dépôt : abondant.
litre 24 heures PXtraiv'a LOG. 0 Le de 26 gr.32 bo gr.
Éléments organiques... 16gr.83 39 ST:
Éléments minéraux... 9 gr. 49 18 gr.
| HUE PARTNER SRE à 12 gr. 93 24 gr. 185 Acide urique etcorps..… ogr.®3 ogr. 437 Acide phosphorique.... x1gr. 05 1rgr. 995 ROLE EU DR MMS Qgr.5 18 gr. 05
Rapports d'échanges :
Urée à extrait sec : o gr. 4837.
Urée à acide phosphorique : o gr. 082.
Urée à acide urique : o gr. 0180.
Sels à extrait sec : o gr. 36.
Rapport azoturique : 1 gr. 30.
Azote total : 19 gr. 65 o/o.
22 août. — Même état persistant des douleurs aux deux cous-de-pied. Pression : 18. Pulsations : 88.
Le malade est mis au traitement thyroïdien. Il prend un quart de pilule d'extrait de corps thyroïde, soit 2 centig. 50.
23 août. — Souffre un peu moins. Pression, 18. Pulsations, 68. Prend un quart de pilule. Urines, 2 1. 200.
24 août. — Douleurs s'atténuent toujours.
Le malade ne souffre plus de son épaule droite.
Pression: 1. Pulsations : 64. Une demi-pilule.
25 août. — Le malade se trouve mieux. Il marche plus
nm (LD
facilement. Hier il a dû descendre au jardin et cela sans fatigue (c’est la première fois depuis le 18 août).
L'œdème du cou-de-pied et du pied droit a presque complètement disparu. |
Les mouvements de l'articulation des deux pieds s’effectuent plus facilement. :
Pression, 17. Pulsations : 60. Une demi-pilule. Voici l’ana lyse d'urine faite le 25 août:
Volume : 2.500 centimètres cubes.
Densité : 1010.
litre 24 heures Drée RES APE RER 8 gr. 82 22gr. où Acide UFIQUE.. LR Re ogr. 46 1gr.15 Acide phosphorique..... 2gr. 45. 5 gr. 02 Chlorures en NaCI...... 2 gr..65 6gr.7o A zote totale Me HN FAe gr. 15 gr.
Extraitisec set sm 13 gr. 60 "3% or
Rapports d'échanges :
Urée à extrait sec : 0 gr. 648.
Urée à acide phosphorique : o gr. 23.
Urée à acide urique : o gr. ob2r.
Rapport azoturiqne { 1 gr. 47.
26 août. — Pulsations: 68. Pression : 17. Une demi-pilule.
27 août. — A souffert un peu ce matin en se réveillant de son épaule droite. Une pilule. : /
28 août. — Même état. Pression : 16. Pulsation : 68. Une
pilule.
29 août. — Ne souffre pas malgré un temps très humide
(cette nuit orage violent).Pression : 16. Pulsations : 68. Une
pilule.
30 août. — Souffre un peu de l'épaule gauche. Pression : 16. Pulsations : 68. Une pilule.
31 août. — Continue toujours à se plaindre de son épaule gauche, l'épaule est toujours douloureuse, les mouvements pénibles, mais il n'y a pas de gonflement articulaire (temps toujours humide).
Pression : 15.Pulsations :72. Une pilule.
1% septembre. — Même état. Pression : 16. Pulsations : 64. . Une pilule.
2 septembre. — Douleurs s'accentuent, souffre de son
épaule gauche et de sa cuisse gauche. Le malade reste au lit (temps toujours humide).
Ophtalmo-réaction : négative.
Suppression du traitement ihyroïdien ; la pression artérielle étant descendue à 15 et le nombre de pulsations étant de 88.
Enveloppement de l’épaule gauche avec du salicylate de méthyle.
Pendant la durée du traitement thyroïdienles urines se sont maintenues autour de 21.300. Le malade a maigri de 1 kilogramme (49 kgr. au lieu de 5o kgr.)
3 septembre. — Toujours douleur de l'épaule gauche, quelques douleurs hier après-midi dans les articulations coxo-fémorales, dans le poignet. | |
A l'examen : léger gonflement articulaire du poignet,mouvements de l’éaule et du poignet douloureux.
Traitement. —Aspirine : : gr. 5o en trois cachets.
Enveloppement salicylate de méthyle.
Pression : 16. Pulsations : 68.
4 septembre. —Aspirine : 1 gr. 50.
5 septembre, — Légère amélioration. Pression : 17. Pulsations : 68.
8 septembre. — Les douleurs augmentent surtout à l'épaule gauche. Suppression de l’aspirine. Reprise du traitement thyroïdien, une pilule. Pression, 18. Pulsations, 68.
9 septembre. — Même état. Pression : 17. Pulsations : 68.
Une pilule. ' 10 septembre. — Même état.Pression : 16. Pulsations RES 11 septembre. — Amélioration très nette, malade ne
soufre plus, a pu descendre lesescalierset se promener dans la cour de l'hôpital
12, 13, 14 septembre. — Amélioration se maintient. Pression : 15. Pulsations : 72.
Le malade continue toujours à prendre une pilule.
17 septembre. — Le malade va bien, il marche presque toute la journée et cela presque sans douleur. Pression: 15. Pulsations : 80o.Suppression du traitement thyroïdien.
18 septembre et jours suivants. — Le malade reste à peu près dans le même état, très amélioré, mais ayant cependant parfois quelques douleurs articulaires subaiguës durant un jour ou deux. Il quitte finalement l'hôpital le 14 PHRbTE et
va en convalescence à Vincennes.
Ogs. VL (Ménard). — NWodosités d'Héberden et goitre colloïide.
Désiré D..., soixante-quinze ans, tailleur, entre le 10 septembre 1907 à l'hôpital Necker {service du D'P. Lereboullet), pour pertes de forces et de l'appétit.
Antécédents personnels. —On ne relève dans lé passé du
malade aucune affection aiguë. c
N'a jamais eu de rhumatisme. N
Depuis quelques mois le malade a beaucoup maigri, il a perdu l'appétit et présente un dégoût marqué pour la viande. Jamais de vomissements ni de diarrhée.
Pas d'hématémèse.
A l'examen physique, on est tout d’abord frappé par le degré d’amaigrissement du malade et la teinte jaune paille des téguments. Le ventre est météorisé. Pas d’ascite. Le foie ne déborde pas les fausses côtes,
Le météorisme gène les palpations de l'abdomen.
Le diagnostic porté est celui de néoplasme de l'estomac.
On constate, d'autre part, au niveau du cou, l'existence d’un goitre colloïde du volume d’une petite prune environ. Ce goître a débuté il y a une trentaine d’añnéés augmentant grogressivement de volume et ayant atteint finalement celui d'une mandarine. Le goitre a commencé à diminuer depuis une dizaine d'années. Le malade n’a d’ailleurs jamais éprouvé aucun trouble de l’existence de cétte tumeur.
Il y a vingt ans, il a vu survenir progressiveinent des déformations des petites articulations des doigts. Actuellement ces déformations sont très apparentes sous forme de nodosités et siègent au niveau des articulations de la deu-
xième phalange avec la troisième. Ces nodosités d'Héberden sont surtout marquées à la main gauche.
L'évolution s'ést faite sans aucune douleur et l’on ne
constate aucune autre déformation aux autres articulations.
Ogs. VIT (Ménard). — Rhumatisme chronique déformant et insuffisance thyroidienne.
Eugénie L..., cinquante-neuf ans, ménagère, entre le 4 mai
1904 à l'hôpital Necker, pour rhumatisme déformant.
Antécédents personnels. — Pneumonie à l’âge de vingt ans. Jamais de rhumatisme articulaire aigu franc. C’est en 1900 jque sont survenues les premières douleurs articulaires. Elles siégeaient au début au poignet gauche et aux épaules et duraient quelques semaines.
Au bout d’un an les genoux et les pieds se sont pris aussi. Progressivement les articulations se sont déformées.
Actuellement la malade reste tout à fait impotente, confinée au lit et attend son placement dans un asile.
Les douleurs ont presque coinplètement disparu.
Examen physique. — Membres supérieurs. — Les doigts sont complètement ankylosés, la première phalange est en extension forcée et forme presque un angle droit avec le dos de la main.
Il y a augmentation de volume des surfaces articulaires.
Les deux poignets et les deux coudes des deux bras sont presque complètement ankylosés et les mouvements des articulations scapulo-humérales sont très diminués. Atrophie musculaire surtout marquée aux muscles de l’avant-.
: bras gauche. Depuis un an les douleurs ont beaucoup diminué, la malade reconnaît qu’elle a sensiblement maigri.
Membres inférieurs. — Pied droit en équin et en adduction forcée; pied gauche en extension forcée ; élargissement des mortaises tibio-péroniennes ; genoux ankylosés en extension. Hanches à peu près indemnes.
Examen des autres appareils. — Rien au cœur, rien aux poumons.
La malade est très obèse et cette obésité s’est accrue
encore depuis deux ou trois ans.
Au début des crises de rhumatisme, la malade a présenté
J toute une série de troubles trophiques. Elle x presque complètement perdu ses cheveux, et ses dents dans l’espace de quatre ans sont tombées. Elles s'ébranlaiént et tombaient sans douleur (périostite alvéolo-dentaire ?). Les sourcils sont tombés sur le bord externe (signe du sourcil de Léopoid Lévi). D'autre part, en même temps que tous ces troubles survenaient, la malade présentait des névralgies violentes occupant tantôt le côté droit, tantôt le cûté gauche de la tête. La malade n'était pas sujette aux migraines avant
les premières crises rhumatismales.
Oss. VIII (Ménard). — Rhumatisme chronique défor-
mantet insuffisance thyroïdienne.
Hortense G..., âgée de cinquante-deux ans, lingère, entre le 21 septembre 1907, salle Duplay, hospice d'Ivry.
Antécédents héréditaires. — Mère morte hémiplégique à soixante ans: n’a pas connu son père.
Antécédents personnels. — Rougeole en bas âge. Angine à l’âge de huit et neuf ans (séjour au lit); à l’âge de douze ans, urticaire. o
Réglée à treize ans ; habituellement bien réglée.
Ménopause à quarante-cinq ans. ;
En 1885, crises d'asthme ; habitait alors Marseilleet a dû quitter Marseille à cause du mistral qui augmentait, dit-elle, ses crises d'asthme.
Elle vient alors à Paris. |
La malade n’a jamais eu une brillante santé. Elle a toute sa vie été fatiguée et arrêtée par des séries d'indispositions : maux de gorge, rhumes, asthme, souvent bronchites les hivers. |