‹ Rhumatisme chronique: par insuffisance thyroïdienneChapitre 35 sur 43 · NID · texte numérisé non relu

NID

Respiration diminuée et expiration prolongée (emphysème et bronchite).

Crachats verdâtres, visqueux.

Rien à noter du côté des autres appareils ; le foie ne déborde pas les fausses côtes; les réflexes rotuliens sont normaux. |

Ni sucre ni albumine dans les urines. La malade urine souvent (trois et quatre fois la nuit).

Nous constatons chez cette malade, atteinte de rhumaiisme chronique progressif déformant, des signes d'insuffisance thyroïdienne. C’est ainsi que la malade dit elle-même qu’elle a toujours été très frileuse ; se couvrant beaucoup, surtout là nuit {boule d'eau chaude aux pieds, couvertures nombreuses).elle se serait plutôt privée de manger que de ne pas faire du feu en hiver dans sa chambre. D'autre part, elle a été toute sa vie sujette aux maux de tête et aux névralgies.

L'appétit est capricieux et les digestions toujours difficiles.\:},

Pas de signe du sourcil. Ne perd ses cheveux que depuis

quelques années.

Os. IX (Ménard). — Rhumatisme chronique déformant

et insuffisance thyroïidienne.

Joséphine C...,soixante-huit ans, femme de chambre,entre en 1880 à l'hospice d’Ivry (âgée de quarante ans) pour rhumatisme chronique déformant.

Antécédents héréditaires. — Père mort à soixante-quinze ans, non rhumatisant.

Mère morte du choléra à cinquante-quatre ans, était “jette

aux maux de tête. ne

Huit frères ou sœurs.

Une sœur morte à soixante-cinq ans, atteinte de Robe tisme chronique déformant (déformations des mains et des pieds). Cette sœur a eu r1r enfants, dont 6 sont actuellement vivants.

Deux autres sœurs mortes, l’une à soixante-dix ans, l'autre à cinquante ans, ne toussaient pas.

Un frère,mort de fluxion de poitrine à soixante-six ans, en

huit à neuf jours.

Un autre frère, mort à soixante-quatre ans d'apoplexie. { Un autre, mort à quatre-vingt-quatre ans.

Un frère vivant, cinquante-cinq ans, bien portant et pas

rhumatisant.

Antécédents. personnels. — La malade a vécu en Alsace, près de Strasbourg, jusqu’à l’âge de seize ans. Elle a eu la rougeole vers six ou sept ans.

A douze ans, la variole.

A seize ans, elle vient à Paris, se place comme femme de

chambre.

N'a jamais habité de pièces humides.

Jamais toussé. Jamais de pleurésie.

Célibataire, pas d’enfants.

Réglée à quatorze ans, régulièrement réglée, mais règles peu abondantes.

Ménopause à cinquante et un ans.

Les rhumatismes ont commencé à l’âge de trente-cinq ans par des douleurs dans le cou-de-pied droit, puis dans le gauche, ensuite dans les poignets. La crise est subaiguë mais empêche la malade de marcher. La malade se met au

lit. Depuis, la maladie a progressé avec quelques périodes

HUADIRE

de rémissions, mais la malade n’a jamais pu se remettre au

] travail.

À trente-neut ans, élle entre à l’hôpital Lariboisière, et à quarante ans à l'hospice d’Ivry. Il y a donc vingt ans que la

malade ne marche plus. \

Actuellement. — Déformation prononcée des deux mains.

Déjettement en masse des deux mains sur le bord cubital. $

Gonflement et déformation des articulations métacarpo-

phalangiennes.

Extension forcée des deux phalanges sur les premières. Ankylose des coudes et des épaules. Genoux ankylosés en demi-flexion. Articulations tibio-tarsiennes légèrementankylosées.

Rien au cœur. Rien au poumons. Pouls à 80, régulier et bien frappé. Rien aux urines. Me trois à quatre fois la nuit.

Notons chez cette malade qu ‘elle n'a plus maintenant que He dents au maxillaire inférieur. C’est à cinquante aus

que les dents ont commencé à’s’ébranler et à tomber.

A quarante ans, la malade a commencé à perdre ses che-

veux.

Absence actuelle de sourcil sur le bord externe (signe du

sourcil de Léopold Lévi).

Depuis qu’elle a commencé ses rhumatismes, la malade a souvent des crises de sueurs abondantes. Ces crises coïncident toujours avec une période d'amélioration des douleurs.

Depuis quatre à cinq ans, la malade a beaucoup maigri, et

c'est seulement depuis quatre à cinq ans his son rhuma:

tisme s’est beaucoup amélioré.

Au début des douleurs la malade était déjà obèse et son

obésité s'est accrue en même temps que survenaient les douleurs.

Toute sa vie elle a été très frileuse. Jamais de maux de

tête ni de migraine.

O8s. X (Ménard). — Rhumatisme chronique et insufjisance thyroidienne.

C... André, soixante-seize ans, journalier, entre le 10 août 1905 à Bicêtre, pour rhumatisme déformant.

Anteécédents héréditaires. — Mère asthmatique, morte à soixante-quatorze ans. Père mort à soixante-quinze ans.

Huit frères ; fquatre sœurs. Une sœur vivante, soixantesix ans. Trois frères morts d'accidents. Une sœur morte d'apoplexie à soixante ans.

Antécédents personnels. — Ni blennorragie, ni syphilis. # A trente ans, douleurs dans les reins pendant trois mois.

À trente-trois ans, migraines commencent à apparaître ; n'a jamais eu de bronchite ni de pleurésie. Pendant vingt ans a été employé dans un atelier humide.

C'est il ÿ a douze ans que les douleurs rhumatismales ont commencé (à 64 ans), mais le malade avait déjà des déformations des doigts.

Actuellement. — Membres supérieurs : nodosités d'ITéberdent très prononcées, surtout au niveau des articulations des premières phalanges avec les deuxièmes.

Un peu de gonflement des articulations métacarpo-phalangiennes.

Colonne vertébrale : ankylose de la colonne vertébrale au niveau des vertèbres lombaires.

Marche pénible, malade courbé.

Rien aux poumons, au cœur. Réflexes rotuliens normaux. Pas d'Argylil.

Chez ce malade nous trouvons quelques signes d’insufli-

sance thyroïdienne, une calvitie précoce à cinquante ans, de la frilosité et enfin de l'obésité.

Il y a dix ans le malade pesait 100 kilogrammes.

Depuis un an le malade a beaucoup maigri, et cet amaigrissement a coïncidé avec un arrêt dans l'évolution du

Ogs. XI (Ménard). — Rhumatisme chronique déformant. Guérison par le traitement opothérapique longtemps pro-

longé.

Femme de cinquante ans, sans antécédents héréditaires, aurait eu de vagues atteintes de rhumatisme articulaire peu tranc, qui n'auraient jamais nécessité le séjour au lit. |

Quatre enfants bien portants.

Cessation des règles à quarante-huit aps, apparition progressive d'un embonpoint notable, et d'un rhumatisme déformant localisé aux articulations des deux mains et du pied droit, qui a déterminé au bout de deux ans une impotence presque absolue des membres intéressés.

Administration de 20 centigrammes par jour d'extrait thyroïdien qui, dans l’espace de six mois, a déterminé une amélioration des plus notables ; diminution de l'embonpoint et des troubles fonctionnels des articulations intéressées.

Quelques troubles nerveux présentés auparavant par la malade (migraines, nervosisme excessif), se sont trouvés notablement améliorés par le traitement thyroïdien.

La malade continue la médication thyroïdienne vingt jours

an É

par mois sans accidents de thyroïdisme et le rhumatisme

se trouve ainsi enrayé dans son évolution.

O8s. XIT (Ménard) — Rhumatisme chronique et insuffi-

sance thyroïdienne.

B... Jean, soixante-treize ans, charbonnier,entre le 30 octobre 1901 à Bicêtre. ]

Antécédents héréditaires. -— Père mort à quatre-vingtquatorze ans. Mère morte à quarante ans du choléra. Deux frères vivants et bien portants.

Antécédents personnels, — Jamais de maladie générale.

Sujet aux rhumes les hivers (jamais d'hémoptysies).

Perd ses cheveux à trente ans. Obésité: 94 kilogrammes.

Rhumatisme remonte à quinze ans (entre à Lariboisière).

Début du rhumatisme par le genou gauche, puis genou

droit. Progressivement ankylose des deux genoux, et entrée

à Bicêtre le 30 octobre 1901.

2 Rhumatisme chronique amélioré par l’opothérapie

thyroïdienne et l’autothérapie

O8s. XIII (inédite, due à l’obligeance de M. le Dr Gaillard). — Ahumatisme chronique chez un tuberculeux —

Amélioration durhumatismepar l'opothérapie thyroïdienne

M. Mag.…., âgé d'environ cinquante-cinq ans (1909).

Aniécédents, — Rhumatisme articulaire aigu, à l’âge de vingt-deux ans. Depuis, poussées rhumatismales, en 1882- 1883-1884 etaussi de temps en temps, au cours des années suivantes. Le salicylate de soude n’amena jamais la moindre

amélioration. Le malade fit successivement des cures: à

Royat, Aix, Dax. Le malade a noté que Aix ne lui apporta aucun soulagement (crise au retour), alors que Dax lui fit le plus grand bien.

Pendant longtemps, ces crises ne laissèrent comme reliquatque des douleurs de l’articulation temporo-maxillaire.

Estomac souffrant un peu depuis vingt ans, par intermittences ; crises douloureuses après les repas, avec vomissements aqueux le matin. Cessation, en général, de ces crises, par suralimentation. |

Depuis octobre 1905, le malade s’est mis à tousser et n’a pas cessé depuis. En même temps, amaïgrissement progressif. | |

Reprise du rhumatisme en mai 1908, caractérisée par de: vives douleurs surtout aux articulations temporo-maxillai res, vertébrales, des genoux.

J'ai vu le malade pour la première fois le 15 juillet 1908, et l'ai suivijusqu’à sa mort en mai 1909. Pendant ce temps, évolution d’une tuberculose pulmonaire, qui fut la cause de la mort. Maïs, en réalité, le malade, peu préoccupé de la toux, m'avait appelé surtout pour son rhumatisme et des troubles gastro-intestinaux.

Appareil digestif.— Troubles dyspeptiques, très marqués, avec crises de diarrhée. L'examen montra un estomac extrèémement abaissé, atonique. L'alimentation, pour être bien supportée, dut être reprise par la bouillie maltée. Malheureusement on ne put aller jusqu’à la suralimentation véritable, les viandes étant assez mal tolérées.

Appareil respiraloire. — Tuberculose pulmonaire, à la phase de ramollissement. |

+ Articulations. — Douleurs très vives portant :

Sur la temporo-maxillaire, au point de rendre l'alimentation très difficile par moments, et d'obliger à ne recourir qu'à une alimentation liquide ou sous forme de bouillies claires. ,

Articulations de toute la colonne vertébrale, rendant les mouvements de flexion du cou, du tronc, extrêmement pénibles, et arrachant des cris au malade.

Genoux : idem, douleurs très vives, bilatérales.

Doigts des mains : jointures complètement déformées, présentant le tableau classique du rhumatisme chronique : augmentation de volume des jointures; aspect en fuseau, en radis ; déviation latérale des doigts. ,

Mêmes déformations aux orteils.

Le salicylate, l'aspirine, n'ayantjamais apporté aucun soulagement au malade, et redoutant leur emploi, à cause des

troubles gastriques persistants, je prescrivis des cachets

d'iodothyrine Vicario : 3 cachets par jour, pendant deux

périodes de vingt jours chaque. Or, les douleurs, très rapidement, d’abord diminuèrent, pour ensuite disparaître com-

| plètement, avant que ne fût achevée la seconde période de

vingt jours d'iodothyrine, cette seconde séric ayantété pres-

crite plutôt pour parachever la guérison, laquelle fut marquée par un retour complet des mouvemeñts des temporomaxillaires, des articulations vertébrales et des genoux.

A la fin d'août 1916, les douleurs rhumatismales avaient ainsi complètement disparu, ct ne reparurent jamais jusqu'à la mort du malade, qui survint en mai 1909, du fait de l'é-

volution de la tuberculose pulmonaire.

O8s. XIV (Hertoghe). — Rhumatisme chronique el myxædème. — Amélioration des deux syndromes par l’opotherapie thyroidienne. :

Femme de soixante-quatre ans. Bouffissure du visage gonflement de la lèvre inférieure, déprédation sourcilière et de la chevelure sur la ligne médiane. Pommettes plaquées de rouge écarlate. Le fond de la face est jaune ambré. La voix est lente et coassante, la peau est sèche, rugueuse, le cuir chevelu squameux, dépouillé en grande partie.

« Au début de ma carrière médicale, il y a une quinzaine d'années, j'ai traité cette femme qui se plaignait de rhumatismes ; je me rappelle que tous ses muscles étaient raides et douloureux ; les articulations gonflées, la démarche lourde et ankylosée; les douleurs de dos étaient intolérables. Puis, sans avoir jamais pu la soulager, je la perdis de vue pendant six ans. Je la revis alors :elle avait soixante-quatre ans, je reconnus le myxædème au son de sa voix; j'instituai le traitement. Je ne m'attendais nullement à voir disparaître la douleur et la raideur universelles, ne rangeant pas ces symptômes sous la bannière hypothyroïdienne. Elles disparurent cependant lentement et progressivement en même temps que l'oppression très pénible à laquelle j'avais toujours vu cette femme en proie.

En mai 1896, il ne restait rien de ‘tout cela. Guérie, la malade ne tarde pas à délaisser son traitement. L'oppression et les douleurs revinrent peu à peu, pour disparaître à nouveau, lorsque le traitement fut repris. Or, ces phéno-

mènes rhumatismaux, la patiente les présentait déjà au

temps où elle élevait ses enfants. Elle avait fini par s’y résigner, ne demandant plus les soins du médecin que lorsque les douleurs de dos et des membres devenaient trop fortes et que le gonflement des articulations (poignets, genoux) devenait inquiétant ; les douleurs étaient alors, comme maintenant, une simple manifestation d’hypothy

roïdie. »

O8. XIV (H. Wilson). — Rhumatisme chroniqueetinsuffisance thyroïdienne. — Amélioration du rhumatisme par

l'opothéapie thy roïdienne,

Homme de cinquante-quatre ans. Rhumatisme chronique datant de quatorze ans. Malade très atteint (anorexie, insomnie, douleurs continuelles), incapable de se tenir debout, de marcher, de s’alimenter lui-même. Signes d'insuffisance thyroïdienne, concordant d’ailleurs avec une saillie marquée de la trachée et une dépression suprasternale (absence apparente de corps thyroïde). Administration de cinq grains d'extrait de thyroïde trois fois par jour. Après un mois de traitement le malade peut faire quelques pas, l'appétit revient, les douleurs diminuent. Après trois moisle malade peut marcher en s’aidant avec deux béquilles, et, le huitième mois, il peut faire trois milles avec une canne.

Les coudes et les épaules ont retrouvé leur mobilité. Au bout d’un an, on cesse la médication sans qu'il y ait de rechute. A l'heure actuelle, le malade peut vaquer à ses occupations ; il y a seulement une légère flexion du genou et un peu de déformation des articulations métacarpo-pha-

langiennes.

Ors. XVI (H. Wilson). — Déformations métacarpo-phalangiennes des genoux et des coudes chez un homme.

On ne trouve pas de glande thyroïde.

Après trois mois de traitement, les mouvements redeviennent plus faciles, le malade peut marcher avec une

canne.

Ogs. XVII (Ch. Lefebvre). — Sur un cas de rhumatisme

chronique déformant d'origine thyroïdienne. -

Malade âgée de vingt-sept ans. Rien dans les antécédents héréditaires ou personnels.

Il y a quatre ans,des douleurs s'installent progressivement dans les articulations du membre inférieur, puis du membre supérieur, en procédant de l'extrémité vers la racine de ses membres. La colone vertébrale et l'articulation temporomaxillaire se prennent à leur tour. Les régions articulaires se déforment, les mouvements se limitent ou s’annulent. Les. douleurs sont permanentes avec des paroxysmes de durée variable, peu violents toutefois. En même temps, les membres s'épaississent dans leur continuité, la peau devient sèche et rugueuse. Malgré ces symptômes, la malade vaque à ses occupations de ménage.

Diminution de l'appétit, deux périodes’ d'aménorrhée ;: pertes jaunâtres abondantes. La malade voit ses cheveux tomber d’une façon inaccoutumée.

À l'examen, on trouve: du côté des articulations, un: épaississement des épiphyses osseuses, de la douleur ct de

la limitation dans les mouvements. Le membre inférieur est

en extension ; les orteils ne sont pas déformés. Les divers segments du membre supérieur sont en flexion. La palpation permet de sentir des rétractions musculaires et tendineuses. La colonne vertébrale ne permet à la malade que des mouvements peu étendus. L’articulation temporo-maxillaire est actuellement libre. Œdème dur des membres. La, paroi abdominale, es seins, les joues sont infiltrés de même. La peau est sèche, rugeuse, Ph iiique au tronc et aux bras, ichthyosique aux membres inférieurs.

Les téguments des pieds et des mains sont normaux. Toutes ces altérations sont symétriques.

Urines peu abondantes (700 à 800 cmc.) Les chlorures, les phosphates et surtout l'urée sont diminués. Ni sucre, ni. albumine.

Pas de troubles digestifs.

Le malade a une voix grave, rauque parfois. La parole a été troublée dans les débuts de l'affection; il semblait à la malade que « quelque chose » la gènait dans la bouche. Le trouble a actuellement disparu.

Poumons et cœur normaux. Température normale. Pas de troubles du côté des organes des sens ou de la sensibilité.

Le malade a ‘un certain degré d’apathie ; Ha parole est lente et monotone, traduisant un affaiblissement des fonctions intellectuelles.

Sous l'influence du traitement thyroïdien (thyroïdine) on obtient une élévation de la quantité des urines et une augmentation notable de l’urée.

Les articulations deviennent plus mobiles. L’œdème dur et généralisée se ramollit. La malade fait quelques pas avec

des béquilles.

O8s. XVIII (Léopold Léviet H.de Rothschild). — Rhuma-

tisme chronique thyroïdien chez un tuberculeux.

G..., forgeron.

Pas d’antécédents héréditaires ni collatéraux.

Tuberculose pulmonaire remontant à l'âge de dix-huit ans (refroidissement, affection broncho-pulmonaire de peu de durée).

Un an à dix-huit mois après sa sortie du régiment (1885), le malade se met à tousser; la toux augmente depuis 1900, tout en restant intermiltente jusqu'en 1907 Depuis l'hiver 1907, la toux ne s’est pas arrêtée. Le rhumatisme n’a fait son épparition qu’en novembre 1901. Les pieds furent atteints tout d'abord, puis les genoux, les hanches, les épaules, les coudes. À cette époque il reste neuf mois alité, mais se remet. |

Seconde attaque en 1903, durant trois mois. À cette époque, il commence à se produire une rétraction de l’'aponévrose palmaire. Le malade incriminé un traumatisme violent du poignet et de la main droite, survenu le 8 janvier 1900, sans fracture.

Vers le 18 octobre 1907, troisième attaque de courte durée, atteignant les orteils. Les extrémités des métacarpiens subissent des déformations. Les mains se fermérent. On pouvait, en forçant, les ouvrir, mais elles se refermaient immédiatement, Enfin,quatrième attaque survenant le 4 mai. 1908, qui amène le malade à l'hôpital Laënnec. A cette époque, on constate les signes suivants:

Sujet de petite taille: 1 m. 55, sa taille s'est arrêtée à l’âge

de quatorze.ans.

Chute des dents, en grand nombre, par un processus de gingivite expulsive, frilosité du corps et des extrémités, : avec sensation de doigt mort à l'extrémité de l'index, appétit capricieux avee dégoût de la viande et des matières grasses. Lésions pulmonaires tnberculeuses manifestes avec signes d'induration chronique, prédominance à gauche (Inoculation au cobaye positive). Rétraction de l’aponévrose pal-

maire des deux côtés, mais plus marquée à droite.

Rhumatisme chronique déformant.

En mai 1908, le malade est soumis au traitement thyroïdien.

Sous cette influence, le rhuinatisme s’améliora rapidement, progressivement et d’une façon si marquée que le malade à pu, depuis le mois de novembre, reprendre son métier de forgeron, et qu’actuellement il travaille onze heures par jour, produisant autant que ses camarades et ayant récupéré, d'après son dire, sa valeur productive totale.

Il peut accomplir à l’heure actuelle bien des actes de la vie courante qui lui étaient interdits depuis sa première attaque. k

De même la rétraction de l’aponévrose palmaire, plus

) marquée à droite, a beaucoup diminué. Le tissu de rétraction qui s'étend symétriquement au niveau des trois derniers doigts de la main s’est assoupli, est moins dur. Au point de vue fonctionnel, alors que, pour limer avec la main gauche, il était obligé d’enfoncer le manche de l'outil pour le faire entrer dans la main fléchie, dès le mois de septembre (100 cachets), il sen saisit facilement. Il serre au dynamomètre 0 kilogrammes à gauche, 15 à droite. On peut pres L, Papin 9

que complètement redresser la main du sujet sans provo-

quer de douleur.

Ogs. XIX (J.-D. Cohen). — Rhumatisme chronique traité par la glande thyroïde.

Le malade, un menuisier, était dans l'impossibilité de quitter son lit. À la suite du traitement, non seulement il commença à marcher, mais il put même reprendre son métier. L'auteur est d’avis que ce traitement pourrait, s'il était appliqué de bonne heure, prévenir souvent les déformations et les ankyloses articulaires qui font de ces malades des infirmes, et que les faits justifient l'opinion des auteurs qui pensent que, dans la pathogénie du rhamatisme chronique, il faut tenir compte de l'altératioù des fonctions thyroïdionnes, surtout d’une insuffisance relative de ces fonc-

tions.

Os. XX (Jacobovici). — Rhumatisme hypo-thyroïdien :

amélioré par l'opothérapie.

Observation d'un homme de quarante-sept ans, souffrant depuis quatre ans de rhumatisme chronique, Les différents traitements n’ont pas donné de résultats importants : 64 pulsations par minute, frilosité, constipation.

Le traitement thyroïdien eut, dans ce Fe, un résultat des plus satisfaisants. Les douleurs ont disparu complètement et les tuméfactions articulaires ont rétrocédé également. Un traitement balnéothérapique, commencé après la suspension du traitement thyroïdien, acheva la guérison. Pourtant, de temps en temps, le malade ressent encore des douleurs

articulaires, mais le traitement thyroïdien, que le malade

recommence alors, les fait vite disparaître. Le malade ne diminua pas de poids, mais, au contraire, augmenta d’à peu près 5oo grammes à la suite du traitement thyroïdien dont la dose maxima a été de deux tabloïdes Bouroughs-

Welcome par jour (à 0,30). La constipation a disparu.

O8s. XXI (Léop. Lévi). — Rhumatisme chronique. —

Autothérapie de la grossesse.

Une dame de quarante ans a mené à terme quatre grossesses. Cette malade atteinte antérieurement de phosphaturie, de rhinite spasmodique, de dysménorrhée, est devenue rhumatisante à la suite de sa deuxième grossesse, il v a dix ans. Ce rhumatisme, qui a subi des exacerbations après . chaque grossesse, est tenace, a une tendance lentement progressive, qui n’a pu encore être arrêtée, [Il s'accompagne de déformations et d’atrophies. La malade a traversé des phases d'hypothyroïdie paroxystique qui se manifestaient en particulier par de la lassitude, de l'obésité, de la frilosité, des poussées rhumatismales.

Elle a présenté, à la suite d’un séjour à Bourbon-l’Archambault, une phase d'hyperthyroïdie, avec augmentation du corps thyroïde, tremblements, battements de cœur, amail-

-grissement, hyperanorexie. Pendant ce temps, elle ne souf-

frait pas.

Or, senc dame est devenue enceinte, pour la quatrième fois, alors que son rhumatisme évoluait depuis quatre ans. Et, pendant la durée de sa grossesse elle n'a pas soufjert de

ses rhumatismes. Par contre, une poussée nouvelle ax succédé L2

à l'accouchement.

O8Bs. XXII (Kirstein). — Rhumatisme. chronique. — Auto-

thérapie de la grossesse.

Me EU quarante ans, mariée à l’âge de vingt-huit ans, a cinq enfants. Habitation humide depuis le mariage.

Début du rhumatisme il y a dix ans par larticulation scapulo-humérale gauche; l'affection, d’abord passagère pendant deux années, s’est étendue ultérieurement à presque toutes les articulations. Sauf la coxo-fémorale, elles ont été affectées l’une après l’autre ; le genou droit spécialement a été tuméfié et déformé pendant plusieurs années.

Pendant une grossesse, ce genou droit s’est amélioré à partir du deuxième, troisième mois, et est devenu presque complètement normal. Ce n'est que quelques années apres. : cette grossesse que le genou a été de nouveau atteint et

actuellement il est fortement affecté.

Ogs. XXII (Kirstein). — Rhumatisme chronique. — Auto-

thérapie de la grossesse.

MweF..., quarante-quatre ans. Pendant quelque temps, habitation humide.

La maladie a commenté à l’âge de vingt-deux ans, à l’articulation phalango-phalanginienne du quatrième doigt de la main gauche. Bientôt après l'articulation symétrique de l'autre main s’est prise. Puis, nombre d'articulations des doigts sont devenues malades. Le rhumatisme a progressé et a atteint les articulations des doigts et des orteils, les

poignets, les coudes, l'articulation scapulo-humérale, les

deux articulations de la clavicule gauche, l'articulation temporo-maxillaire.

Elle s'est mariée après le début de la maladie, a fait trois grossesses, dernier accouchement il y a quinze ans.

Pendant ces trois grossesses, la malade a régulièrement observé que l'affection articulaire a disparu complètement. C'est seulement deux à trois semaines après chaque accouchement que la maladie a réapparu.

La malade est grêle, maigre, mais d’un bon teint.

L'année dernière, elle a pris de la thyroïdine d’une façon intermittente parce qu'on a cru à une relation entre la mala- dieet le myxæœdème. Une amélioration s’est produite ; mais, après un choc nerveux, la santé s’est détériorée. À cause des palpitations,des congestions et de la dyspnée, on prescrit

des tablettes ovariennes.

- Ogs XXIV (Kirstein). — Rhumatisme chronique. — Auto-

thérapie de la grossesse.

Mn° M..., quarante-cinq ans. Habitation humide pendant quelques années. 1l ÿ a environ douze ans, affection de poitrine avec fièvre durant environ trois mois. Pendant la convalescence, out apparu soudain des douleurs névralgiformes dans les deux pouces, surtout le gauche. Depuis ce temps, des troubles articulaires ont apparu, d’abord dans l’articulation scapulo-humérale droite, quelques annéés après, dans l'articulation symétrique gauche. Les poignets, plusieurs articulations des doigts, les articulations coxo-fémorales, les genoux, les pieds et les orteils ont été affectés.

La rotation de la tête ne se fait qu'avec des douleurs.

La maladie a subi quelques variations. Dans les huit dernières années la malade a dû souvent s'aliter.

Menstruée à dix-neuf ans, à intervalles courts, les premières fois avec douleurs. Ménopause il y a quatre ans, deux accouchements il y a dix-neuf et neuf ans.

Pendant la deuxième grossesse survenue après le début de la maladie la malade se portait bien dans les premiers trois à quatre mois. L’affection a complètement disparu pendant ce temps qui forme l'intervalle le plus long de sus-

pension de l'affection depuis le début du rhumatisre.

OBs. XXV (Kirstein). — Rhumatisme chronique.

Autothérapie de la grossesse

Me Y.., quarante-trois ans, deux fois mariée, trois enfants.

Sauf la chambre à coucher qui n’est pas humide, lhabitation est malsaine, très humide.

La maladie a débuté il ya trois ans.

Tempérament nerveux, à la suite de chagrins. Constipation habituelle. Menstruation normale. (Quelques mois avant la dernière grossesse, la malade a ressenti, pendant. les mouvements, des douleurs dans l'articulation phalangophalangnienne de l'index. gauche (comme s'il y avait eu distorsion du doigt) sans douleurs spontanées. Puis se sont prix l'index droit, le pouce gauche (articulation métacarpo-: phalangienne) et le pouce ‘droit (mème articulation).

Pendant les cinq premiers mois de la grossesse la malade:

était tout à fait délivrée de ses douleurs digitales.

a. 139 he,

La maladie avait disparu. Mais après ce temps les mains

ont été affectées.

3° Observations cliniques démonstratives

Ogs. XXI (P. Acchioté. Soc. de Neurol. de Paris, séance du 2 mai 1907). — Rhumatisme chronique et insuffisance

thyroïdienne.

Il s’agit d'une jeune fille‘ de vingt-huit ans, très bien portante jusque dans ces derniers temps.

Rien à noter du côté des antécédents héréditaires et personnels.

Pour la première fois, la malade-a commencé il y a six mois, en novembre 1906, à ressentir des douleurs rhumatismales aux deux cous-de-pied et aux talons qui l’empêchaient de marcher librement.

Ces douleurs, accompagnées d’un léger gonflement, allaient en s accentuant.- En janvier 1907, gonflement et douleurs au niveau des articulations ,de l’index et du médius gauche, du médius et de l’annulaire à droite et du genou du côté droit.

En même temps que ces douleurs, la malade éprouvait une faiblesse générale, de l’essoufilement, des palpitations, des troubles dyspeptiques, une somnolence, une apathie et une lassitude avec angoisse ; bref, elle présentait tous les signes d’un état neurasthénique avec déchéance physique et intellectuelle.

En février 1907, je constatai à l'examen un gonflement

très manifeste aux articulations de l'index et du médius

ee I 4o — gauche, du médius et de lannulaire à droite ; ce gonflement était très sensible et douloureux à la pression, impossibilité de mouvoir les doigts atteints. Le genou droit était douloureux à la pression et aux mouvements ; les articulations des cous-de-pied des deux côtés et les articulations au niveau des orteils étaient douloureuses et gonflées.

Toutes ces manifestations rhumatismales étaient apyrétiques ; on se croyait être en présence d’un rhumatisme articulaire subaigu ou chronique déformant d'emblée.

En dehors de ces arthropathies, on constatait, au niveau de la main et de l'avant-bras à gauche, au niveau des deux pieds et de toute la jambe droite, un œdème considérable, dur et élastique ; la pression du doigt ne produisait pas de godet ; l'index et le médius de la main gauche étaient très augmentés de volume, l'index gauche surtout, sous la forme d'un gros boudin, présentait un œdème dur et résistant. Le visage de la malade et les yeux étaient bouffis ; cette bouflissure de la face qui frappait tout l'entourage était accompagnée d’une infiltration des paupières rendant les yeux petits, le regard terne et l'aspect hébété ; la face était large, arrondie, en pleine lune suivant cette juste expression de Gull chez les myxœdémateux ; cette infiltration du visage était accompagnée d'un changement de coloration ; la peau était d’une pâleur jaunâtre et cireuse.

La malade était plongée dans un état d’abattement physique et moral; elle était apathique, somnolente, indifférente à tout ce qui se passait autour d'elle ; bref, elle présentait une torpeur cérébrale des plus manifestes. Voici les expressions exactes formulées par la malade même dans son histo-

rique de maladie écrit sur sa demande :

« J'avais les yeux et le visage bouflis, le teint jaune, les yeux ternes, égarés et petits, des bourdonnements d'oreille, une sensation de froid dans les os, des frissons intenses ; J'étais prise par moments de défaillances, de douleurs dans la poitrine accusées surtout à gauche, accompagnées de palpitations-et d'une angoisse très forte. J'étais prise d'un abattement et d’une lassitude extrêmes, mon moral était fortement déprimé, j'étais apathique, somnolente le jour ; la nuit le sommeil était profond ; j'avais la sensation d'isolement et d’un vide autour de moi. » |

J'ajouterai que les menstrucs se faisaient beaucoup plus abondantes que de coutume ; les troubles dyspeptiques étaient très accusés, l’haleine de’la bouche était fétide.

En explorant la région thyroïdienne on constatait que la glande thyroïde était fortement diminuée de volume.

L'examen du cœur, des poumons ne dénotait rien d’anormal.

Pas de glycose, pas d’albumine. La quantité d'urée, d'acide urique et des phosphates était fortement diminuée.

En présence de cette bouffissure de la face et de la couleur jaune cire de ces infiltrations œdémateuses du dos de la main et de l'avant-bras gauche, des doigts de la main et en particulier de l'index et du médius gauche. de toute la jambe droite, infiltration œdémateuse sans godet à la pression ; en présence de cette apathie physique et intellectuelle, de cette somnolence, de cette indifférence et hébétude ; en présence, dis-je, de ce tableau symptomatologique si net, on ne pouvait que penser à un état myxœdémateux, à de l'insuffisance thyroïdienne, à de l’hypothyroïdie, en un mot.

En cherchant la cause et l’origine de cette hypothyroïdie,

j'ai constaté que la malade avait subi quelques séances radiothérapiques dans le but de se débarrasser d’une hyper trichose dont elle était atteinte. Cette hypertrichose. était surtout manifeste au menton et à la région du cou.

Dix-huit séances de rayons X ontiété appliquées au visage, au menton et au cou; le traitement avait réussi en partie à débarrasser certaines zones de l'hypertrichose. Dès le début du traitement par les rayons X, la malade avait engraissé de 3 kilogrammes.

Après la douzième séance, apparition de manifestations articulaires aux cous-de-pied et aux orteils.

Après la dix-huitième séance, généralisation de manifestations rhumatismales au genou droit et aux mains; apparition des infiltrations œdémateuse, de la Pootieure de la face, de la somnolence, de l’apathie et de l'abattement.

Or, ces troubles myxœdémateux étaient certainement dûs à l’action des rayons X sur la glande thyroïde. Sous l'influence répétée de ces rayons, la glande thyroïde a été atteinte dans son fonctionnement : un état atrophique en était résulté, et. les signes d’une insuffisance thyroïdienne, de Ékypothyrgidie se sont dès lors manifestés.

Toute médication anti-rhumatismale qui a été appliquée à cette malade n’a abouti à aucun résultat. L’aspirine, le salicylate de soude à haute dose, les bains chauds, l'arsenic, l’iode et toutes les médications externes ont été suivies d’ un échec complet. Devant cet insuccès et en présence de l’état myxœdémateux de la malade, j'avais émis l opinion que les manifestations rhumatismales ne étroitement liées à l'insuffisance thyroïdienne.,

Les séances répétées de rayons X au niveau du cou avaient

porté atteinte au fonctionnement de la glande thyroïde intacte jusque-là. Les premières manifestations de l'insuffisance thyroïdienne s'étaient déclarées sous la forme de lésions rhumatismales survenues à la suite des échanges nutritifs; * en eflet, la forte diminution de l’urée, 19 grammes, et de l'acide urique, o gr.25. des urines, indiquait bien leur rétenüon dans l'organisme et leur précipitation au niveau des articulations. C'était bien à un cas de rhumatisme dysthy- | roïdien que j'avais affaire ; et j'étais tellement convaincu de la chose que j'étais persuadé que les manifestations articulaires céderaient certainement et rapidement sous l'influence de la médication thyroïdienne.

En effet, j'ai. fait prendre à ma malade des pastilles de : Merck à o, ro de glande thyroïde desséchée. |

18 mars. — Une tablette.

19 mars. — Deux tablettes.

20 mars. — Deux tablettes.

21 mars. — Deux tablettes.

Les yeux et visage comméncent à reprendre leur état normal; les gonflements de la maïa gauche et du poignet, des doigts et de la jambe droite baissent à vue d'œil, les douleurs diminuent, les déformations articulaires et leur gonflement baissent d’une façon merveilleuse et comme par enchantement. Le genou droit et: le cou-de-pied sont moins douloureux ; la démarche est facile, L'expression des yeux et du - visage est tellement bonne que l'entourage est enchanté de ce résultat; pour ma part, je fus également enchanté du succès obtenu dans trois jours d’opothérapie thyroïdienne en ce qui concerne les manifestations articulaires.

22 mars. — Trois tablettes.

23 mars. — Trois tablettes.

24 mars. — Quatre tablettes.

95 mars. — Quatre tablettes, nuit très agitée, violent mal

\de tête, insomnie, palpitation.

Légère intoléranée du médicament ; je fais cesser le remède jusqu’au 31 mars; pendant ce temps, la malade éprouve des douleurs erratiques le long des jambes et des cuisses des deux côtés; les yeux redeviennent légèrement ternes, le

visage tend à devenir jaune.

À partir du 1° avril, j'ai fait recommencer la médication thyroïdienne,

1" avril. — Deux tablettes.

2, 3,4 et 5 avril. — Deux tablettes ue

Amélioration énorme, les lésions articulaires tendent à

disparaître, la marche est facile, la malade peut articuler

aisément ses doigts.

6,7, 8, 9 avril.— Deux et trois tablettes quotidiennes

alternativement.

11 avril. — La malade est dans un état tout à fait satisfaisant; l’état myxœdémateux a disparu, les manifestations neurasthéniques et rhumatisniales disparues également, elle peut se servir de ses mains, le moral a repris et je puis considérer ma malade comme guérie, du moins provisoirement.

Je dis d’une façon intentionnelle, provisoirement; car, je ne sais’ au juste jusqu'à quel degré les rayons X ont frappé la glande thyroïde dans son fonctionnement. J'aime à croire et à souhaiter que la perte de la glande n’est pas définitive: c'est l'avenir qui nous donnera une idée exacte de cette

situation. Seulement, par prudence, je serai obligé de persé-

vérer dans la médication et de ne la cesser que dans un temps plus ou moins éloigné.

Une deuxième analyse d'urine nous a démontré l'augmentation de l’urée, 33 grammes, et de l’acide urique, o gr. 91 par litre ; le traitement thyroïdien aurait agi en modifiant les échanges nutritifs et en éliminant à titre diurétique, les

urates et l’acide urique retenus dans l'organisme.

Os. XXVII (Ménard). — Rhumatisme chronique déformant. — Insuffisance thyroïdienne. — Guérison,avec apparition de syndrome de Basedow. — Traitement du goitre exophlalmique,qui disparaît, et retour des manifestations

rhumatismales.

Adélaïde B..., cinquante-quatre ans.

Antécédents héréditaires. — Grand-père paternel, rhumatisant et goutteux, mort à soixante-douze ans.

Père mort à soixante-dix-huit ans, d’angine de poitrine, non rhumatisant, était asthmatique et avait de l’eczéma.

Mère bien portante, âgée de soixante-quatorze ans, non rhumatisante.

Une sœur non tuberculeuse, rhumatisante, ayant tréquemment des douleurs articulaires mais sans déformations.

Antécédents personnels. — Rougeole et varicelle dans le bas âge. Es

Coqueluche à douze ans. Fièvre typhoïde à trente-huit ans. Réglée à douze ans. Toujours bien réglée. Ménopause à cinquante-quatre ans. Depuis trois ans moins bien réglée. Très sujette aux névralgies et aux migraines, surtout au moment des règles, :

Malade, à part les névralgies et migraines, a toujours été

De 146 Ses bien portante, n’a jamais toussé, jamais eu de rhumatisme articulaire aigu, ni de douleurs rhumatismales jusqu à l’âge de cinquante et un ans. Était légèrement obèse et pesait

entre 85 et 90 kilogrammes (taille 1 m. 70).

Histoire de la maladie. — C'est à cinquante et un ans que

la malade a eu les premières douleurs articulaires.

Mais depuis deux ans déjà elle avait de l'œdème aux deux

jambes; cet œdème était surtout marqué aux chevilles,

s'accentuait après les fatigues, disparaissait parfois en

Page 1